Anne Nivat

  • La France. La connaît-t-on ? Comment la raconter ?
    Anne Nivat, reporter de guerre, familière des lointains conflits en terres irakienne, afghane ou tchétchène, porte pour la première fois son regard sur l'Hexagone.
    Pour cette immersion dans six villes de France, à l'heure où les journalistes sont parfois taxés d'arrogance, la reporter de terrain se place à hauteur de ces femmes et de ces hommes côtoyés durant des semaines, chez qui elle a vécu.
    À Évreux, Laon, Laval, Montluçon, Lons-le-Saunier, Ajaccio, tous lui ont confié leurs préoccupations, leurs projets, lui ont donné à voir leur vie. Qui sont ces Français « oubliés » que l'on accuse parfois de « mal voter » et qu'on ne va jamais rencontrer ? Ils ont évoqué ensemble le sentiment de déclassement et celui d'insécurité, le poids du chômage, le malaise des jeunes, le questionnement sur l'identité. Reconversions réussies, humour et espoir jalonnent aussi cette enquête.
    À mille lieues des discours stéréotypés charriés par la campagne électorale de cette année 2017, ce récit, dénué de préjugés, sonne « vrai » parce qu'il a été recueilli sans hâte et sans tabou, avec honnêteté, respect et minutie.
    Anne Nivat est reporter de guerre indépendante. Habituée à des terrains dangereux où la vie ne tient qu'à un fil, cette longue proximité avec la guerre lui a donné paradoxalement envie d'écrire sur son propre pays, la France.
    Elle est l'auteur d'une dizaine de livres, dont Chienne de guerre, prix Albert-Londres 2000, tous publiés aux éditions Fayard.

  • Impossible, en évoquant la Russie, d'échapper à la tourmente du " pour " ou " contre " Poutine. Je le dis franchement : loin de moi ici l'idée de répondre définitivement à la question " Qu'y a-t-il dans la tête de Poutine ? ", ni d'affirmer que Poutine représente un " bien " ou un " mal " pour son pays – en aucun cas je ne me pose en juge –, mais j'ai plutôt le désir d'écouter l'essentiel, c'est-à-dire ce que les Russes ont à en dire, et de montrer comment, bon an mal an, cet homme a accompagné leur vie ces dix-sept dernières années.
    En partant de l'extrême-est pour remonter jusqu'à la partie européenne de la Russie – ce qu'avait choisi de faire, au moment de son retour, Alexandre Soljenitsyne, lauréat du Nobel de littérature –, nous allons montrer quels sont les ressorts, les sentiments qui influencent le choix du peuple ; pourquoi voter Poutine n'est pas forcément, dans la tête des Russes, choisir un " dictateur ". Saisir la " petite réalité " dans la " grande " et interroger la société sur son quotidien, ses espoirs, ses angoisses, sa place dans le concert des nations. Sans parti pris ni vision stéréotypée, faire oeuvre de curiosité attentive et bienveillante en exposant le bouillonnement d'une société complexe et si attachante.
    A. N.
    Un continent derrière Poutine ? est également un documentaire d'Anne Nivat, Fabrice Pierrot et Tony Casabianca diffusé sur France 5.
    Anne Nivat est grand reporter indépendante et écrivain. Spécialiste reconnue de la Russie où elle a vécu pendant dix ans (jusqu'en 2005), elle est l'auteur, entre autres, de Chienne de guerre (2000), prix Albert-Londres ; Lendemains de guerre en Afghanistan et en Irak (2004) ; Islamistes. Comment ils nous voient (2006) ; Par les monts et les plaines d'Asie centrale (2006) ; Bagdad zone rouge, et La République juive de Staline (2013), tous parus aux éditions Fayard.Tout comme son dernier livre, Dans quelle France on vit, grand succès de librairie, publié l'année dernière.

  • L'Occident tremble. Qui se cache derrière ces voiles et ces barbes ? Qui sont ces musulmans du Pakistan, d'Afghanistan et d'Irak ? Savent-ils vraiment comment nous vivons ? Comment nous voient-ils ? Que connaissent-ils de nous hormis nos armes, nos télés, nos moeurs ? Anne Nivat est partie, seule, dialoguer avec les mollahs des medressahs du Pakistan, accompagner les talibans d'Afghanistan, rencontrer les moudjahidines irakiens. Tous, combattants de l'islam et « adversaires » de l'Occident. En route, loin des grands hôtels d'Islamabad, de Kaboul ou de Bagdad, loin des zones protégées par les armées occupantes, elle a pris le temps de s'arrêter dans des familles, écartant le rideau du quartier des femmes, inaccessible et secret.
    Ce livre nous alerte sur l'Occident qui attire, mais effraie. L'incompréhension s'est déjà installée et le fossé se creuse : là-bas, comme chez nous, on vit de stéréotypes, de fausses idées. On subit les images, les discours, la propagande. Si personne n'y prend garde, le « choc des civilisations » finira par prendre le dessus.

  • Dans l'URSS du lendemain de la Révolution, Staline prend la décision (rendue officielle en 1934) de créer une entité régionale pour les juifs : ce sera le Birobidjan, à la frontière chinoise. Il est difficile aujourd'hui de se représenter les espoirs soulevés par cette promesse d'un "Yiddishland" pour les populations juives libérées des contraintes de la Russie tsariste et d'un passé de confinement et de pogroms.Propagande ou pas, des dizaines de milliers d'individus sont du voyage, arrivant principalement d'Ukraine, mais aussi d'Argentine, d'Allemagne et d'Amérique. La révolution bolchevique pensait-elle avoir trouvé au Birobidjan la solution de son " problème juif " difficilement compatible avec la conception léniniste des nationalités? Toujours est il que ce territoire autonome juif où le yiddish a été choisi comme langue nationale (avec le russe), existe toujours au fin fond de l'Extrême-Orient russe ! A priori, c'est une province de la Russie profonde comme une autre, mais, à y regarder de plus près, la tonalité juive est très présente, dont les autorités locales usent et abusent pour obtenir subventions et privilèges. Si, depuis que les portes de l'ex-Union soviétique se sont ouvertes, les juifs du Birobidjan ont - presque tous - émigré en Israel, ils sont davantage revenus de la Terre promise plutôt que le contraire. Pour tenter de mesurer le succès du projet Birobidjan et ce qu'il en reste, Anne Nivat a longuement enquêté sur place, mais aussi en Israël, où elle s'est introduite chez des Birobidjanais, et dans la ville chinoise de Harbin, vers laquelle les autochtones se sont toujours davantage tournés plutôt que vers Moscou.

  • « Ce livre est le récit de mes différents séjours dans la Tchétchénie en guerre, entre septembre 1999 et mi-février 2000. La guerre telle que je l'ai vue : il s'agit là d'un pur témoignage.
    J'ai agi en tant que journaliste free-lance, correspondante de deux quotidiens français, Libération et Ouest-France. Dès le début du conflit, j'avais fait la demande d'une accréditation ad hoc du côté russe ; ne l'ayant pas obtenue, j'ai décidé de regarder la guerre du côté tchétchène.
    Cet affrontement qui ne cesse de saigner et d'épuiser les camps en présence n'est malheureusement pas terminé et peut-être ne finira jamais. Aussi faut-il continuer de se rendre sur place pour dire ce qu'il en est.
    À moi qui n'avais fréquenté la guerre que dans les livres d'histoire, elle a appris son poids de cruauté, de désespoir et de mort. Au lecteur, j'espère que ces pages auront mieux fait percevoir l'enchaînement tragique des événements, mieux fait comprendre aussi ce peuple, ces hommes et femmes tchétchènes avec qui j'ai partagé l'impartageable. »
    A.N.

  • « En tant qu'envoyée spéciale en Tchétchénie, je suis fière, mais également profondément triste d'avoir pu apporter mon témoignage sur ce sombre conflit.
    En 1999, c'était mon devoir de journaliste ; aujourd'hui, cela reste mon devoir tout court. C'est pourquoi j'ai décidé de publier ces nouvelles pages sur cette guerre qui se perpétue dans l'indifférence quasi générale et dont on pourra bientôt dire qu'elle n'aura pas eu lieu. »

  • Gaz, pétrole, islam. Les « grands » de ce monde ont trouvé un nouveau terrain d'affrontement : les cinq États indépendants que sont le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan d'Asie centrale. Déjà, la Chine envoie ses commerçants, l'Iran et la Turquie se cherchent des alliés, la Russie ne veut pas lâcher ses anciennes républiques, les États-Unis installent leurs bases militaires, et Al-Qaïda observe cette pépinière pour groupes extré­mistes et terroristes.
    Toujours seule, voyageant en taxis collectifs, habillée comme une femme locale, tel un caméléon, Anne Nivat nous transporte dans la vallée de la Ferghana, un territoire grand comme l'Europe, sur l'ancienne route de la soie, par-delà les hauts cols du Pamir. Au coeur de l'Asie centrale, nous croisons avec elle des « gens de plaines » et des « gens de montagne », commerçants, artistes ou paysans. Mais aussi des « gens d'islam ». Certains, pour la première fois, sont sortis de la clandestinité de leur parti politique interdit pour dialoguer avec une journaliste occidentale. Si, là-bas aussi, le fondamentalisme fait peur, survivre au quotidien reste la préoccupation de tous.

  • « Si, en France, la menace du virus pèse pour chacun d'entre nous, là où des guerres entre humains se poursuivent en silence, la pandémie apparaît tout juste comme un souci supplémentaire, quasi banal, dans l'ultraviolence du quotidien. » Anne Nivat

  • Interrogée sur le plateau d'une émission populaire québécoise sur ses reportages hors normes dans des guerres (Tchétchénie, Irak, Afghanistan), où il ne fait pas bon être journaliste, et encore moins une journaliste femme, Anne Nivat, prix Albert-Londres, séduit si bien son auditoire qu'elle est invitée par un officier supérieur canadien à venir parler à ses hommes sur le point de partir pour une dernière mission. Non seulement elle accepte, mais elle obtient du major Pruneau et de ses supérieurs d'accompagner son détachement de 300 hommes sur le théâtre d'opération, la zone de Kandahar, ex-capitale mythique des Talibans. Une fois sur place, Anne Nivat, troquant le gilet pare-balles contre le tchadri bleu en nylon qui la soustrait aux regards sans l'empêcher d'observer, multiplie les allers-retours entre les différents acteurs de cette guerre sans fin dans laquelle des Occidentaux ont pris le relais des Soviétiques : troupes de l'Alliance occidentale, armée locale formée par ceux-ci, administration corrompue du président Hamid Karzaï se gavant des surplus de l'économie de guerre, sympathisants talibans, ex-Talibans, ex-moudjahidines, ONG plus ou moins désintéressées, candidats à l'exil, etc... La présence supposée de Ben Laden en territoire afghan ayant servi de prétexte à l'engagement occidental, que va-t-il en être de celui-ci après l'exécution du chef d'Al Qaida dans un bunker cossu au Pakistan ? C'est une des réponses que rapporte Anne Nivat, encore sur le terrain en mai 2011, dans ce grand document d'une journaliste d'exception.

  • Falloujah, Irak, 31 mars 2004, est la ville de l'affrontement le plus sanglant entre les soldats américains et les milices locales d'Al-Qaeda. C'est la ville où, prise dans une tempête de sable, la jeune journaliste ôte ses vêtements européens pour revêtir l'abbaya, la longue tunique noire traditionnelle. Quasi invisibilisée, Nina se sent prête à observer la bataille et la raconter.
    Nice, France février 2014, dans un café de quartier, deux garçons, Abdel et Mahmoud discutent, Mahmoud présente Abdel à Nina qui réalise qu'ils se trouvaient tous les deux à Falloujah, en plein dans la tourmente, dans la gueule du loup. Mahmoud et Nina se sont rencontrés plus tôt, en 1999-2000 pendant la Deuxième de guerre en Tchétchénie.
    Tous trois confrontent leurs souvenirs de guerre et en viennent à des réflexions quasi philosophiques. Flashback, Moscou septembre 1999, puis Grozny, capitale de la Tchétchénie, où l'on retrouve Nina aux prises avec la réalité d'une sale guerre.
    Ce récit romancé suit de près la véritable histoire, jamais racontée d'Anne Nivat, la journaliste au caractère bien trempé et de deux de ses compagnons d'aventure. C'est une histoire hyper réaliste des récents conflits avant l'avènement du fake et des réseaux sociaux.

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