Serge Morand

  • « Voilà plus de vingt ans que, chercheur, écologue de la santé, je me bats pour que nous prenions conscience de former un tout avec la nature. La préserver, c'est préserver notre humanité, et notre santé.
    Voilà plus de vingt ans que je me heurte à des murs du côté des sphères politique et scientifique, toutes deux sourdes à mes alertes répétées contre les épidémies qui nous menacent.
    J'ai voulu m'éloigner du monde occidental, pour retrouver l'authenticité d'une nature longtemps préservée en Asie du Sud-Est... Mais là encore, la modernité devenue folle m'a rattrapé !
    Pour satisfaire nos marchés dévorateurs, ces pays se sont eux aussi lancés dans une course destructrice au productivisme, à la déforestation, aux pesticides.
    Comme je le prédisais, les hommes ont fini par créer les conditions d'émergence d'une nouvelle peste : le coronavirus.
    Et qui accusons-nous ? Les animaux sauvages ! La chauvesouris ! Le pangolin !
    Mais qui a poussé la chauve-souris, réservoir de virus, à quitter sa forêt pour venir souiller nos productions agricoles et répandre la peste moderne ?
    Nous.
    Il est temps d'en finir avec le massacre de la faune sauvage, et de renouer avec notre vraie nature. »
     
    Serge Morand est écologue de la santé, directeur de recherche au CNRS et au Cirad et enseignant à la Faculté de médecine tropicale de Bangkok, en Thaïlande.

  • La prochaine peste

    Serge Morand

    • Fayard
    • 9 Novembre 2016

    Craintes et parfois diabolisées, les maladies infectieuses font pourtant partie intégrante de l'histoire de l'humanité. L'homme est en effet l'espèce animale la plus parasitée sur terre, étant l'hôte de plus de mille parasites et pathogènes. La majorité d'entre eux sont d'origine animale, et beaucoup sont partagés avec les animaux sauvages ou domestiques. S'appuyant sur les dernières avancées scientifiques, cet essai propose un panorama inédit des relations évolutives entre les hommes et les primates non humains, mais aussi des relations écologiques que nous entretenons avec les autres animaux, par le biais de la chasse et de la domestication. Si ces relations sont à l'origine du parasitage des humains, on oublie trop souvent que nous pouvons aussi transmettre des maladies aux animaux. Les émergences ou réémergences actuelles de maladies infectieuses comme Ebola, Zika ou les grippes aviaires et porcines doivent être appréhendées à la fois dans le cadre historique de cette longue co-évolution et dans un cadre géographique global lié à la mondialisation des échanges. L'urgence est d'en tirer des leçons pour la gestion des crises sanitaires actuelles et futures. Serge Morand est chercheur au CNRS et travaille au Centre d'infectiologie Christophe Mérieux du Laos. Écologue évolutionniste et parasitologue de terrain, il conduit de nombreuses missions sur les relations entre biodiversité et maladies transmissibles.

  • " Voir un lien entre la pollution de l'air, la biodiversité et la covid-19 relève du surréalisme, pas de la science ! ", affirmait Luc Ferry en mars 2020, accusant les écologistes de " récupération politique ". Voilà un philosophe bien mal informé. Car, depuis les années 2000, des centaines de scientifiques tirent la sonnette d'alarme : les activités humaines, en précipitant l'effondrement de la biodiversité, ont créé les conditions d'une " épidémie de pandémies ".
    C'est ce que montre cet essai, mobilisant de nombreux travaux et des entretiens inédits avec plus de soixante chercheurs du monde entier. En apportant enfin une vision d'ensemble, accessible à tous, Marie-Monique Robin contribue à dissiper le grand aveuglement collectif qui empêchait d'agir. Le constat est sans appel : la destruction des écosystèmes par la déforestation, l'urbanisation, l'agriculture industrielle et la globalisation économique menace directement la santé planétaire.
    Cette destruction est à l'origine des " zoonoses ", transmises par des animaux aux humains : d'Ébola à la covid-19, elles font partie des " nouvelles maladies émergentes " qui se multiplient, par des mécanismes clairement expliqués dans ce livre. Où on verra aussi comment, si rien n'est fait, d'autres pandémies, pires encore, suivront. Et pourquoi, plutôt que la course vaine aux vaccins ou le confinement chronique de la population, le seul antidote est la préservation de la biodiversité, impliquant d'en finir avec l'emprise délétère du modèle économique dominant sur les écosystèmes.

  • This book pursues a multidisciplinary approach in order to evaluate the socio-ecological dimensions of infectious diseases in Southeast Asia. It includes 18 chapters written by respected researchers in the fields of history, sociology, ecology, epidemiology, veterinary sciences, medicine and the environmental sciences on six major topics: (1) Infectious diseases and societies, (2) Health, infectious diseases and socio-ecosystems; (3) Global changes, land use changes and vector-borne diseases; (4) Monitoring and data acquisition; (5) Managing health risks; and (6) Developing strategies. The book offers a valuable guide for students and researchers in the fields of development and environmental studies, animal and human health (veterinarians, physicians), ecology and conservation biology, especially those with a focus on Southeast Asia.

  • Molecular epidemiology has recently broaden its focuses due to the development of molecular tools but also by incorporating advances of other fields such as mathematical epidemiology, molecular ecology, population genetics and evolution. Facing new risks of emerging and re-emerging infectious diseases that are threats for humans and their livestock, the objectives of molecular epidemiology include: - the development of molecular tools, genotyping and gene expression - the incorporation of concepts and results of population genetics of infectious diseases - the integration of recent advances in theoretical epidemiology and evolutionary ecology of diseases - a better understanding of transmission for the development of risk factors analyses. This book will demonstrate how the latest developments in molecular tools and in epidemiology can be integrated with studies of host-pathogen interactions. Besides a strong theoretical component, there will also be an emphasis on applications in the fields of epidemiology, public health, veterinary medicine, and health ecology. Students and researchers in the fields of epidemiology, animal and human health, evolutionary ecology, parasitology are the main potential readers of the book, as well as a broader audience from veterinary medicine and conservation.

empty