Francois-Xavier de Guibert

  • La grande initiatrice du mouvement de soins palliatifs, Cicely Saunders, l'a magnifiquement montré : la souffrance qui accompagne la fin de la vie est, le plus souvent, une souffrance totale. C'est une souffrance qui, non seulement vient du corps et du mental, mais aussi de l'esprit. La douleur physique engendrée par la vie du corps et la souffrance psychique par celle de l'âme (du mental ou du psychisme puisque ces trois-là sont un) sont, de nos jours, bien connues et, lors des dernières heures, mieux soignées. Il en va différemment de la souffrance spirituelle qui est trop souvent mal comprise, quand elle n'est pas ignorée par les praticiens des soins palliatifs et de l'accompagnement des mourants. Quelle est cette souffrance spirituelle qui, lorsqu'elle n'a pas été suffisamment entendue et comprise durant la vie, s'exacerbe à l'approche de la mort ? Comment l'exprimer ? Qu'a-t-elle à dire et, notamment, à celui qui va mourir ? Quel est cet esprit, quel est ce composant de l'homme dont elle porte si haut le témoignage et qu'en même temps elle réclame avec tant de force et d'insistance puisque, sans lui, aucun mourant ne saurait certainement bien mourir ? Quelle est, au-delà du corps et de la psyché, cette troisième dimension de l'être, si nécessaire à l'accomplissement de l'homme, et dont l'oubli, selon le mot de Zundel, inéluctablement fait de la mort un gouffre ? Telles sont les principales questions que ce livre, destiné à un large public, mais enraciné dans une conception de l'homme souvent niée, se propose d'éclairer aussi loin qu'il se peut. Coïncidence non dépourvue de sens, cet ouvrage, écrit sans le savoir durant les derniers mois de la vie de Cicely Saunders, développe cette même anthropologie tripartie dont elle avait une intuition très vive et qui, sans cesse, inspira son admirable travail.

  • Le témoignage de Jean-Claude Antakli reflète profondément cette simplicité du coeur qui est essentielle dans l'expérience spirituelle des chrétiens d'Orient, simplicité que nous, chrétiens d'Occident, avons tant de mal à comprendre. Cet "itinéraire" nous invite à une conversion du regard sur les hommes et les événements, de disponibilité à la présence de Dieu dans l'histoire, et de gratitude quelles que soient les tragédies et les déchirements. Jean-Claude Antakli est né en 1940 à Alep en Syrie. Sa famille, originaire d'Antioche, appartient aux premières communautés chrétiennes. Il passe son enfance entre la Syrie et le Liban et arrive en France à 20 ans dans le but de devenir cinéaste, mais y exerce d'autres métiers, garçon de café, balayeur, figurant de théâtre, correspondant de presse, avant de devenir biologiste et écrivain.

  • Le linceul de Turin, communément appelé Suaire de Turin ou Saint Suaire, est-il le véritable drap funéraire qui a enveloppé le corps de Jésus ? Pour beaucoup, la datation au carbone 14, réalisée en 1988, aurait prouvé l'origine médiévale de cette relique. Cependant la radiodatation, outre que sa pertinence a été fortement mise en cause, n'a pas mis fin aux recherches sur le linceul de Turin. Celles-ci se sont poursuivies dans différents domaines et ont généré de nouvelles découvertes. En 2005, le chimiste américain Ray Rogers a montré que l'échantillon de tissu découpé pour la datation au carbone 14 contenait d'autres éléments que le lin originel ; il n'était donc pas représentatif de l'ensemble du Linceul. Les anciennes découvertes, renforcées par celles qui ont été réalisées depuis 1988, génèrent aujourd'hui une très forte présomption en faveur de l'authenticité de ce vestige biblique. Sur quels arguments scientifiques et historiques se fonde aujourd'hui cette conviction d'authenticité ? Que nous apprennent, concernant Jésus, les examens de son linceul ? Quelles conséquences peuvent avoir ces nouveaux résultats sur la foi des chrétiens ? Ce livre apporte des éléments de réponse moissonnés au cours de cinq années d'une enquête aussi exhaustive que possible.

  • Voici un ouvrage qui offre un regard non conventionnel sur le chemin conduisant à l'union à Dieu. S'adressant la plupart du temps de manière très vivante directement à son lecteur, le P. Dajczer, qui a une longue expérience de directeur spirituel, l'invite à découvrir la clé de la conversion telle que l'énonce l'Evangile: redevenir comme de petits enfants, abandonnés à Dieu et confiants en son amour infini. Pour cela, l'auteur met en relief la dimension spirituelle que revêtent les moindres événements de nos journées parce qu'ils sont justement ceux par lesquels le Seigneur nous révèle sa volonté aimante, en même temps que la vérité sur nous-mêmes. Le P. Dajczer nous montre aussi comment nous pouvons bénéficier de la présence douce, aimante et maternelle de la Vierge Marie pour nous guider sur ce chemin. Réponse particulièrement adaptée à la nouvelle Evangélisation à laquelle nous appelait Jean-Paul II, la spiritualité que propose ce livre correspond aussi parfaitement aux grandes orientations que Benoît XVI nous donne depuis le début de son pontificat.

  • Lorsqu'on parle d'un « think tank », on pense tout de suite à une institution américaine.On ignore souvent la puissance des fondations allemandes et leur capacitéd'influence sur les politiques définies au sein de la communauté euro-atlantique.Tel est le cas de la Fondation Bertelsmann, adossée à la grande entreprise du secteurde l'édition et des médias.Forte de plus de 300 collaborateurs, la Fondation est capable d'intervenir surtous les grands sujets qui intéressent les acteurs de la mondialisation.Outre un engagement dans le domaine de la santé, il est peu de débats concernantl'avenir de l'Union européenne auxquels elle n'ait pas imprimé sa marque.Dans un contexte de tensions entre les États-Unis et l'Europe, la Fondation Bertelsmannse voit un rôle de médiatrice. Mais, ce qui l'intéresse surtout, commele montre l'auteur, c'est d'imaginer les contours d'une « gouvernance mondiale ».Alors même que la Fondation a largement contribué au consensus transatlantiquedes trente dernières années, la crise actuelle sert à la Fondation à rebondir : jamais,plaide-t-elle, on n'avait eu autant besoin de cadres globaux pour la communautéinternationale. Cette enquête, remarquablement documentée, éclaire bien des décisionspolitiques des années récentes.

  • Ces deux mondes, l'occidental et l'islamique, sont face-à-face depuis maintenant plus de treize siècles, car chacune des deux civilisations aspire à l'universel. L'une a effectué, selon la formule du philosophe Marcel Gauchet, sa " sortie de religion " à la fin du XVIIIe siècle, l'autre pas. Dans la civilisation occidentale, la société est organisée selon les lois que l'homme se donne à lui-même; dans la civilisation musulmane, ce sont les lois dictées par Dieu au Prophète Mahomet, qui s'appliquent. La civilisation musulmane va-t-elle suivre la même évolution que la civilisation occidentale, c'est-à-dire va-t-elle un jour, elle aussi, sortir de sa phase religieuse ? Alors, les deux civilisations se rejoindraient. Ou bien va-t-elle demeurer très longtemps encore dans sa phase religieuse, les deux civilisations poursuivant leur face-à-face ? De nombreuses communautés musulmanes se trouvant maintenant installées en Europe, et ces communautés étant appelées à devenir de plus en plus importantes dans l'avenir, quelles vont en être les conséquences pour la civilisation occidentale européenne ? Cet ouvrage propose au lecteur d'analyser les fondements de chacun de ces deux mondes, de procéder à un survol des principaux affrontements qui eurent lieu dans les siècles passés, et de mener une réflexion sur les conséquences que ne va pas manquer d'avoir sur nos sociétés cette arrivée de l'islam en Europe, une Europe qui, à l'horizon 2050, pourrait bien être constituée, à 40 % ou 50 %, de musulmans.

  • Le darwinisme est omniprésent dans notre environnement quotidien. La " sélection du plus apte " est l'idéologie sur laquelle repose l'ensemble de notre système de société. Portée par certains comme un sacerdoce, reprise par d'autres comme une évidence, elle constitue aujourd'hui une opinion rendue inattaquable par l'usage commun et enseignée souvent dès l'école primaire. Cependant, malgré plus d'un siècle de règne sans partage sur les institutions, le darwinisme n'a toujours pas réussi à s'imposer comme une hypothèse recevable dans le monde scientifique. Contrairement à ce que laisse croire le pseudo-débat naturaliste accessible au grand public, aucune preuve de la sélection darwinienne n'a jamais été apportée par ses partisans. Dans de très nombreux domaines, les spécialistes s'accordent pour réfuter les modèles darwiniens. Mais leurs arguments sont systématiquement passés sous silence dans les grandes publications généralistes et les médias, sous prétexte d'inintelligibilité pour ce " lecteur moyen " que l'on veut aussi borné qu'ignorant. Alors que, depuis la paléontologie jusqu'à la biologie moléculaire, aucune spécialité des sciences du vivant ne s'accorde plus aux théories darwiniennes. " Le darwinisme : l'envers d'une théorie " nous montre une réalité des connaissances scientifiques très éloignée du mythe officiel. Une première partie nous dévoile l'histoire du darwinisme et corrige la légende. S'appuyant sur l'analyse des textes originaux et sur les ouvrages spécialisés d'histoire des sciences, c'est une véritable enquête qui nous fait découvrir la vérité sur les oeuvres des pères de l'évolutionnisme biologique, mais aussi les travaux qui conduisirent à l'exclusion de la théorie darwinienne du champ des sciences, dès les années 1870. Dans une seconde partie, passant en revue l'ensemble des grands arguments mis en avant par les tenants du darwinisme, une étude strictement scientifique des données est opposée aux arguments finalistes des darwiniens. En définitive, c'est l'épistémè hypothético-déductive actuellement imposée aux scientifiques de toutes spécialités qui est mise en question. Ne pouvant plus tirer leurs hypothèses des réalités observées, les chercheurs sont contraints d'invoquer la théorie officielle pour présenter leurs travaux. Face à l'idéologie, l'auteur plaide pour une reconquête par les scientifiques de la liberté de penser.

  • Le succès tout à fait hors norme des Bienveillantes de Jonathan Littell constitue un véritable phénomène de société. Deux prix et des éloges innombrables ont été décernés à une oeuvre littérairement médiocre et historiquement datée, dont le seul ressort est le voyeurisme permanent. Ce qui fait des Bienveillantes un roman insoutenable, c'est qu'il propose une esthétisation insupportable de la violence nazie qui s'inscrit, de Sade à Jünger, dans une longue filiation intellectuelle et littéraire. Il exclut de l'humanité les victimes de la barbarie, en livrant leur cadavre en pâture au regard des lecteurs, sans rien nous faire comprendre des facteurs qui ont conduit les bourreaux SS à participer à l'extermination de six millions de Juifs européens. Un philosophe et un historien unissent leurs voix pour dénoncer énergiquement les complaisances qui ont permis le succès de ce livre. Ils incitent, par la même occasion, à lire ou relire d'autres oeuvres littéraires, documents ou récits d'une importance majeure, qui apportent un tout autre regard sur l'écriture du mal.

  • Cette deuxième édition a été largement complétée à partir de la double expérience des auteurs. D'abord, celle acquise depuis l'arrivée du Sida en 1982, mais aussi par les très nombreuses rencontres avec les jeunes de toutes les tranches d'âge, dans le milieu scolaire... et au-delà. Ensuite, évidemment par l'expérience du dialogue permanent qui existe dans tout couple entre l'homme et la femme. Voilà donc un livre à deux voix, très différentes, qui se comprennent et se complètent. C'est la soif de savoir, et de faire savoir ce qui se passe dans le coeur et le corps des jeunes, qui est la cause de ce livre. Tous veulent trouver et vivre le grand amour et le cherchent de plus en plus tôt. L'amour est synonyme de douceur, confiance, délicatesse, tendresse, caresses, respect de l'autre et de soi-même. Le temps est un ami de l'amour. L'amour est une construction qui demande du temps. Les fondations se mettent en place souvent brutalement : c'est l'attirance. Elle est très forte entre jeunes, car, à cet âge, le coeur et le corps des uns et des autres bouillonnent. Comme le coup de foudre, souvent l'attirance ne dure pas. L'amitié peut être une étape vers l'amour, mais elle peut aussi rester au stade amical. L'amour, pour se construire, a besoin, en plus de la patience, de maturité, de recul, de solitude, de recueillement, d'une bonne connaissance de soi. Combien d'échecs sont dus à une ignorance de choses pourtant si simples. Partir trop tôt dans l'amour, c'est avoir la certitude de se tromper, se planter, de verser des larmes de douleur, de faire mal et de se faire mal. C'est alors que la douleur va prendre le chemin de la violence, contre soi, contre l'autre, contre les autres. Une violence gratuite, irraisonnée qui se développe dans la famille, dans l'école, dans les quartiers. La puissance d'amour, la puissance sexuelle se muent en violence. Construire l'amour n'est pas si facile, cela s'apprend. Ce livre est destiné à éclairer les parents et les jeunes, les éducateurs et les pouvoirs publics. Ils ne résoudront pas la délinquance et la violence des banlieues et des lycées seulement avec des millions, des constructions, des clubs et des équipements sportifs... C'est urgent, il faudra leur parler d'amour.

  • Dans une Allemagne plongée dans la Seconde Guerre mondiale, conscients de leur responsabilité, un groupe d'étudiants âgés d'à peine plus de vingt ans et un professeur d'université, Kurt Huber, se dressent contre Hitler sous le nom de la Rose Blanche, avec leur seule arme : la parole. Les tracts distribués dans Munich et dans d'autres villes allemandes mettent en échec, pendant plusieurs mois, les autorités national-socialistes. Les principaux membres de ce mouvement furent condamnés à mort. Par leur vie, ils ont prouvé que le national-socialisme n'avait pas réussi à endormir la conscience de tous les Allemands. Ce livre simple se lit d'un trait comme un roman, le lecteur n'a pas d'autre choix que de se situer mentalement dans ces heures les plus sombres de l'histoire de l'Allemagne pour vivre quelques trop brefs instants à la lumière de ces consciences héroïques.

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