Hachette Littératures

  • Un essai sur les métamorphoses du conflit social et son évolution depuis le XIXe siècle : comment l'exploitation économique laisse place à la gestion de l'entreprise, les revendications de pouvoir à la question politique de la citoyenneté.
    Le point sur les lieux du conflit (l'usine relayée par l'« étatisation du conflit salarial ») et sur les mobilisations liées à ce dernier (de la « mobilisation générale » aux conflits de règles).
    Une analyse des assises du conflit (les classes moyennes ont remplacé les ouvriers), de sa socialisation (des solidarités de base à l'État-providence) et de ses enjeux (la « privatisation des mouvements sociaux » succède à la révolte du travail).
    Une réflexion sur la nature du conflit les « communautés de luttes » tendent à remplacer les conflits de classes ; et sur la théorie du conflit : la notion de citoyenneté politique tend à accompagner la régulation du système.
    Guy GROUX est sociologue et directeur de recherches au CNRS. Il a publié, avec Catherine Lévy, La Possession ouvrière (Éditions de l'Atelier, 1993) et avec Guillaume La Chaise (pseudonyme collectif), Crise de l'emploi et fractures politiques (Presses de Sciences Po, 1995).

  • Une certaine rhétorique tend à présenter la crise démographique des pays occidentaux comme la « fin de l'homme blanc » tout prêt à être submergé par les barbares immigrés venus du tiers monde.
    En réalité, le prolongement des courbes actuelles montre que la crise européenne n'est que le prélude à une crise mondiale, où les différents pays entrent les uns après les autres. C'est à terme la survie de l'humanité qui est en question.
    Les causes de la baisse des naissances sont complexes : ni la contraception moderne, ni le travail des femmes, ni la crise économique, ni l'individualisme ambiant - raisons communément avancées - ne l'expliquent à eux seuls.
    Les sociétés modernes ont mis en place toute une série de mécanismes (division du travail, salariat, systèmes de retraite...) dont elles ne maîtrisent pas les effets pervers comme la dénatalité qui va souvent à l'inverse des vraies aspirations des femmes.
    Pour corriger ces effets pervers, il est vain de rêver à un retour aux équilibres démographiques « naturels » du passé : il faut ajouter l'artifice à l'artifice. C'est là le sens des politiques dites familiales, efficaces quand elles sont suffisamment résolues.
    Encore faut-il que l'homme veuille sa propre survie.
    Roland Hureaux, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud et de l'Ecole nationale d'administration, membre du comité de rédaction de Commentaire, a écrit Pour en finir avec la droite (Gallimard, 1998) et Les Hauteurs béantes de l'Europe (François-Xavier de Guibert, 1999).

  • La seconde moitié du XXe siècle a vu l'Asie orientale prendre un essor incomparable. Successivement le Japon, Taiwan et la Corée, puis la Thaïlande, l'Indonésie et la Malaisie, enfin la Chine et le Vietnam ont connu une croissance et un développement tels que l'Asie semblait l'avenir du monde. Miracle ou mirage ? La crise monétaire apparue en juillet 97 en Thaïlande s'est propagée en quelques mois, menaçant la prospérité nouvelle.
    Dans ce remarquable essai, Marie-Claire Bergère replace la modernité récente dans une perspective historique : elle souligne la dualité entre l'Asie continentale, siège des grands empires agraires, bureaucratiques et idéologiques, et l'Asie maritime, cosmopolite et marchande, dont l'Occident colonisateur a compliqué le jeu en le bouleversant.
    La crise intervient alors que dix ans après la fin de la Guerre froide, l'Asie est toujours à la recherche d'un nouvel équilibre. Le conflit sino-soviétique, puis l'ouverture de la Chine à l'Occident à la fin des années 1970, ont modifié les alignements qui sous la houlette américaine rassemblaient les pays d'Asie maritime face aux Etats communistes du continent. En 1989, la disparition des blocs achève de rendre l'Asie à elle-même. Après un siècle et demi de colonisation puis de Guerre froide, l'Asie se trouve face à son destin qu'il lui reste à définir.
    Marie-Claire Bergère est Directrice à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et Professeur à l'Institut des Langues orientales. Elle est l'auteur de deux grands livres : L'Age d'or de la Bourgeoisie chinoise (Flammarion, 1986) et Sun Yat Sen (Fayard, 1994).

  • L'ouvrage de Jean-Paul Gourévitch devrait constituer un véritable livre de chevet pour tous ceux qui se préoccupent de communication politique et un pense-bête à l'usage de nos dirigeants, car il aborde un des enjeux majeurs de la vie contemporaine.
    L'image régit en effet la politique. A l'instar du système boursier, elle participe à un système d'évaluation permanente des personnes, des formations et des valeurs avec ses impresarii et ses agents de change. Elle a fait du débat politique unvéritable spectacle, et de l'actionnariat politique le moteur d'une société de la transaction.
    On manquait jusqu'à présent d'un livre qui synthétise les grandes étapes de l'histoire de l'image politique et de ses fonctions successives et s'interroge sur la place qu'elle tient réellement aujourd'hui, compte tenu des nouveaux médias.
    C'est ce qu'a fait pour nous Jean-Paul Gourévitch en élaborant une réflexion novatrice sur la fonction de l'image. Au travers d'exemples judicieusement choisis, d'images politiques de toutes époques et de toute nature et d'outils d'analyse originaux, il nous permet de mieux nous repérer dans ce paysage complexe et mouvant. Il donne aussi la mesure du pouvoir et des limites de cette arme prodigieuse qu'est l'image en politique.
    Jean-Paul Gourévitch est expert international, spécialiste de l'imagerie et enseignant à l'Université de Paris XII. Il est notamment l'auteur de Comment devenir Président de la République en 90 minutes ? (en collaboration avec Michel-Antoine Burnier et Léon Mercadet), Plon, 1992, L'Afrique, le fric, la France, Le Pré aux Clercs, 1997, et Immigration, la fracture légale, Le Pré aux Clercs, 1998.

  • Avec la Ve République, la culture est devenue en France une affaire d'Etat. Pour certains, toute intervention masque une récupération ; pour d'autres, seul l'Etat peut protéger la culture contre les pouvoirs privés.
    Cette action politique relève pourtant d'une exigence profonde : la culture a besoin de l'Etat, tout comme l'Etat ne peut se passer de la culture.
    Mais l'administration culturelle est en crise. Elle ne parvient pas, en effet, à renouer les liens rompus avec l'éducation, les loisirs ou les réseaux associatifs. Elle a vu également s'accroître en son sein le nombre de professionnels et diminuer les initiatives bénévoles. Comme pour lui porter un coup fatal, la défense des cultures "régionales" s'inscrit aujourd'hui dans l'écart entre les fastes des années Lang et leur faible écho dans la société.
    L'auteur prend acte de cette situation pour affirmer que le soutien à la création ne suffit pas. Plus que jamais, il faut inventer une politique de la culture qui saura retisser dans notre pays un véritable lien civique.
    Claude Patriat, professeur à l'université de Bourgogne, dirige une filière de formation aux métiers de la culture. Il a publié notamment L'Hérédité en politique (avec Jean-Luc Parodi ; Economica, 1992), Eloge de la perturbation (Presse du réel, 1993), ainsi que de nombreux articles sur l'évolution de la politique culturelle. Parallèlement, il préside l'association Art + Université + Culture, qui fédère les établissements d'enseignement supérieur français engagés sur le terrain de l'action culturelle.

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