Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • Les auteurs ont mobilisé les ressources disponibles - scolarité, emploi, salaires, relations entre les générations - pour comparer les Français nés en 1938 avec ceux nés en 1968. Avec la crise, les familles réagissent par un surinvestissement scolaire. Celui-ci n'a pas que du bon, le niveau monte, les écarts se creusent. Le chômage des jeunes atteint la morale sociale en son coeur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On a tout écrit - et son contraire - sur l'école, sur la pédagogie, sur les doutes et les difficultés des enseignants. On s'est penché, gravement et en bloc, sur les soubresauts qui agitent de temps à autre la jeunesse. On s'est étonné de ses clameurs ou de ses silences, de ses rassemblements et de ses dispersions... La démarche de François Dubet et de son équipe est complètement autre, et nouvelle. Progressivement, patiemment, il a cherché à saisir de l'intérieur ce qu'est « l'expérience lycéenne ». Dans huit établissements, du plus noble au plus décrié, il a recueilli la parole des adolescents, l'a confrontée avec celle des adultes qui les encadrent. Et voici le récit, le produit de ce voyage. Le lecteur se découvrira fort dépaysé sur cette planète lycéenne qui est tout sauf homogène - l'école, conclut Dubet, n'est pas ou plus un lieu de socialisation, et les poncifs nostalgiques sont inopérants. De même, le lecteur sera étonné par la violence du mépris dont se jugent victimes les lycéens, un mépris qui n'est pas l'apanage des « classes poubelles ». Il est difficile d'être jeune, difficile de se construire et de se protéger dans un monde où tout engendre l'échec relatif : le moins bon des meilleurs s'estime plus méprisé que le meilleur des moins bons... Un livre rigoureux et sensible. Le bouleversant portrait de groupe d'une jeunesse, la jeunesse de cette fin de siècle.

  • Entre Trocadéro et Monceau, Neuilly et Passy, vivent les grandes familles. Dans ces quartiers de l'Ouest parisien se concentrent les héritiers des lignées aristocratiques et des vieilles dynasties bourgeoises. L'élite sociale vit entre elle au rythme de ses rites. Pendant deux ans, les auteurs ont parcouru les beaux quartiers, interrogé les représentants de ces groupes privilégiés. Grâce à une enquête fouillée et minutieuse, ils en révèlent la vie quotidienne, racontent les rallyes pour adolescents, pénètrent les cercles très fermés. Par ce voyage ethnologique, ils dévoilent un monde d'ordinaire interdit aux profanes. Ils expliquent finalement pourquoi le gotha se rassemble dans un ghetto.

  • En une vingtaine d'années, la question sociale s'est effacée au profit des problèmes sociaux. Un siècle et demi d'antagonismes, dont l'entreprise était le champ clos, est désormais révolu. Hier, la lutte des classes, les conflits qui, à la fois divisaient et unifiaient le monde du travail, formaient l'épine dorsale de la vie collective. Aujourd'hui, ceux du dedans et ceux du dehors, les inclus et les exclus se juxtaposent, sans se rencontrer ni se combattre. Les marginaux des banlieues, les minorités, les jeunes qui galèrent ne sont pas exploités. Ils sont ignorés et méprisés. Ils n'accèdent plus à la représentation politique. Ils sont relégués à la périphérie de nos villes. Périodiquement, ceux du dehors se rappellent à ceux du dedans. La violence, les émeutes trahissent la brutalité de l'exclusion subie et l'ampleur des frustrations éprouvées, notamment par les jeunes privés d'avenir. Au-delà de la crise, dans quel type de société entrons-nous ? Quels en sont les acteurs et les enjeux ? Ce livre est l'aboutissement d'une dizaine d'années d'enquêtes sur le terrain, menées dans les banlieues, les cités ouvrières, les écoles. Il veut décrire et comprendre. Il veut dévoiler l'autre visage d'une France qui n'est plus ni industrielle ni républicaine.

  • Les prêtres catholiques ont aujourd'hui, en moyenne, soixante ans. Derrière eux, c'est le désert : ils ne trouvent guère de successeurs. La profession qu'ils exercent, la fonction qu'ils remplissent n'ont plus grand-chose à voir avec ce qui a motivé, aux alentours de la dernière guerre, leur vocation. La chrétienté qui les portait s'est diluée, déchirée. Les voici vieux, en petit nombre, rescapés passablement transis d'une traversée qui s'annonçait sereine. Ils étaient entrés dans les ordres ; en réalité, c'étaient le désordre, l'incertitude, l'émiettement qui les guettaient. Ce livre est l'histoire d'une génération, le récit croisé de cheminements multiples. Une cinquantaine de prêtres - les uns feront carrière, deviendront évêques ou cardinaux, d'autres demeureront à la base, d'autres encore s'éloigneront, souvent au terme de conflits amers -, une cinquantaine de prêtres donc, se livrent, se confessent, ouvrent leurs journaux intimes, leurs souvenirs inédits, leur mémoire parlée. Pour la première fois peut-être, on évoque les prêtres comme un corps de métier, sans codes et sans sermons. Adorateurs d'images pastel et de statues de plâtre, ce récit n'est pas pour vous. On y rencontre des histoires fortes. On y rencontre des hommes qui croient, qui doutent, qui hésitent, qui espèrent ou désespèrent, qui aiment - le Ciel reconnaîtra les siens.

  • Comment une poignée de paumés d'après 1968 est devenue, en dix ans, un redoutable noyau terroriste. Comment la France sert de point de rencontre et de passage à ce nouveau terrorisme. Comment la police française a remporté bien des victoires partielles, payées au prix du sang. Pourquoi la Belgique, l'Allemagne et la France n'ont pu encore stopper la progression de l'euroterrorisme. Après P... comme Police, Alain Hamon et Jean-Charles Marchand, journalistes, ont suivi les suiveurs, les flics, au fil de leur traque. Ils ont accumulé témoignages, rapports, informations exclusives. Un polar vrai, auquel ils ont eux-mêmes participé.

  • Dans la France des années 80, les patrons ont la cote. Hier décriés, ils sont aujourd'hui encensés. Bernard Tapie est un héros de la jeunesse. L'entreprise est une valeur sûre, magnifiée par tous. En une génération, les patrons ont beaucoup changé. Au rythme de la société, elle-même en pleine évolution. Mais aussi par l'action de quelques hommes décidés à transformer le groupe de pression conservateur, paternaliste et malthusien des lendemains de la guerre en un véritable parti de l'entreprise, capable d'anticiper l'avenir. Ce livre s'attache à retracer cette longue marche. À travers les étapes, les contradictions et les limites de cet aggiornamento, c'est à une véritable plongée dans l'histoire du CNPF qu'il nous convie. Pendant trois années, Henri Weber a interrogé les principaux acteurs de cette aventure, de François Ceyrac à Yvon Gattaz, de Paul Huvelin à Ambroise Roux. Il a rencontré aussi leurs interlocuteurs, hauts fonctionnaires et syndicalistes. Il livre ici la première description d'ensemble, une somme d'informations indispensables. Par ce récit vivant, riche en portraits colorés et nourri des archives inédites du CNPF, l'auteur permet à chacun de juger l'influence réelle du parti des patrons sur notre pays.

  • Dominique Strauss-Kahn, surdoué de la politique, ami personnel de Lionel Jospin, mari d'Anne Sinclair, économiste réputé, avait accompli un parcours sans faute. Il semblait programmé pour gouverner la France. Sa mise en cause dans le scandale politico-financier de la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef) l'a contraint à une démission brutale de son poste de ministre des Finances. Un halo de mystère entoure Dominique Strauss-Kahn. Il a brouillé les cartes en glissant de la sphère publique au secteur privé, en sautant des quartiers rap de sa ville de Sarcelles aux arcanes d'un cabinet d'avocat d'affaires sous contrat avec plusieurs des multinationales françaises. Ce livre n'est pas seulement la première biographie d'un célèbre inconnu, né à Neuilly-sur-Seine, fils d'une famille juive de gauche, laïque et franc-maçonne. Il est la première enquête complète menée pendant plus d'un an sur les grands et petits secrets de DSK.

  • Au printemps 1991, à la fin de la guerre du Golfe, l'exode jetait sur les routes des centaines de milliers de Kurdes qui échappaient ainsi aux soldats de Saddam Hussein. Une fois de plus, le malheur s'abattait sur le peuple kurde. Assimilation forcée, répression, massacres, transferts de population, état de siège ; depuis les lendemains de la Première Guerre mondiale, l'histoire kurde est celle du déchirement et de la souffrance. Écartelés entre l'Iran, l'Irak et la Turquie où il n'ont pas d'existence officielle, les Kurdes n'ont ni frontières ni État. L'identité kurde, pourtant façonnée par l'histoire et la culture, existe bien. En cette fin de siècle, les droits des minorités nationales se posent avec une vigueur nouvelle. L'Institut de recherche des Nations unies pour le développement social, sensible à cette évolution, a demandé à Gérard Chaliand un rapport sur la situation des Kurdes au Moyen-Orient. Le Malheur kurde est issu de cette enquête. Il présente un bilan historique, social et économique, étayé par une connaissance intime du terrain et des hommes. Gérard Chaliand, qui depuis trente ans s'est rendu maintes fois dans cette région du monde, est en effet un des meilleurs experts mondiaux du problème kurde. Son livre est une référence pour tous ceux qui, après les images du malheur entrevues le soir sur le petit écran, veulent savoir et comprendre. Expert en questions stratégiques, auteur de nombreux ouvrages de géopolitique, spécialiste des minorités nationales, Gérard Chaliand a dirigé l'ouvrage Les Kurdes et le Kurdistan (1977).

  • Philippe Séguin intéresse et dérange. Le quatrième personnage de l'État donne le sentiment de cultiver sa marginalité, de ne s'épanouir qu'à contre-courant. Solitaire et secret, il se meut dans un monde où les fauves chassent en meute. Tribun sombre, volontiers Cassandre, il ne résiste pas aux bons mots assassins. Complexe, contradictoire, il séduit à gauche et s'allie avec Pasqua, au risque d'être taxé de populisme, voire d'opportunisme. Son itinéraire atypique l'a mené d'une enfance tunisienne aux sphères du pouvoir. Cadet de la droite dans les années 80, il s'est taillé un espace à lui, guerroyant contre le traité de Maastricht, ferraillant au RPR contre Chirac avant de le mener à l'Élysée. Derrière les coups de griffe et les coups de gueule, y a-t-il chez Philippe Séguin la recherche d'une cohérence, l'élaboration d'une doctrine ? Il emprunte à Clemenceau, Mendès France ou de Gaulle, mais l'ambition de ce hussard de la République reste de devenir Philippe Séguin.

  • Nom : Vacquin. Prénom : Henri. Profession : conseiller d'entreprise, sollicité aussi bien par les organisations patronales que syndicales. Expérience : quinze ans de terrain, d'analyse des conflits, dans les grands groupes comme dans les PME ; des centaines d'interviews d'OS, de cadres, de directeurs, de présidents. Propositions : radiographier les profondeurs de l'entreprise, libérer au quotidien la parole de ses divers acteurs, confronter les récits, raconter la vraie vie des uns et des autres. Exigences : baliser l'univers du possible, saisir la chance qu'offre la « mutacrise », créer l'occasion d'une reconnaissance mutuelle des interlocuteurs sociaux, produire mieux en travaillant mieux et en vivant mieux.

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