Éditions Les Liens qui libèrent

  • François Couplan, ethnobotaniste de renom, nous invite à un fascinant voyage avec les plantes, à travers les lieux et les cultures. Depuis de nombreuses années il parcourt la planète, et explore les différentes manières d'entrer en relation et de vivre avec elles. Voici une odyssée précieuse qui nous entraîne de découverte en surprises dans le monde fascinant des végétaux.
    « Sincèrement, que pensez-vous des plantes ? Vous les aimez ? Vous les détestez ? Vous les mangez ? Elles vous laissent indifférent ? Quoi qu'il en soit, elles sont là, partout autour de vous - et je pense qu'elles peuvent changer votre vie.
    Comment ? Laissez-moi tout d'abord vous emmener à leur rencontre. Et ouvrez grand vos oreilles... car les plantes parlent à ceux qui savent les entendre.
    Le monde végétal est fascinant : je l'explore depuis toute une vie sans cesser un instant de m'en émerveiller. Je vous propose ici de découvrir les extraordinaires secrets des plantes et la longue et tumultueuse relation que l'homme entretient avec elles. Une aventure commune qui façonne son histoire depuis la nuit des temps... »         François Couplan

  • Pendant le confinement, depuis sa cuisine, François Ruffin dessine le monde de demain. 
    On en était où ?
    Ah oui.
    On fonçait vers le gouffre, à vitesse accélérée. La calotte glaciaire fondait, les ours polaires se noyaient, le Mont-Blanc reculait, les oiseaux ne se cachaient même plus pour mourir.
    Et soudain, la planète s'arrête.
    C'est une crise, avec son cortège de drames.
    Mais c'est aussi une fenêtre.
    L'occasion d'une bifurcation.
    La mondialisation, le tout-marché, c'était « une folie », regrette le président. Et on nous le promet : « Il y aura un avant et un après ».
    L'espoir renaît.
    La crainte aussi.
    Car, déjà, tout repart comme avant, de l'avant, et même pire qu'avant...
    L'après se mérite.
    L'après est un champ de bataille.
    L'après est un combat, contre les forces obscures qui ne renoncent pas.

    Durant les deux mois de confinement, François Ruffin, journaliste et député de la Somme, a animé sa radio-cuisine, « L'An 01 ». Il a reçu des milliers d'alertes, et beaucoup d'invités : des infirmières bien sûr, un ambulancier, des auxiliaires de vie, des caissières, un libraire, un cariste de chez Amazon, un ouvrier de chez Valeo, une patronne de bar-tabac, un routier à l'arrêt... Des intellectuels, également, pour penser ce moment.
    En reporter, il passe ici cette crise au scalpel, en dresse un récit vivant. Et, en député, il ouvre des voies pour l'après : sur l'économie, la santé, la démocratie, l'égalité...

  • Un simple citoyen peut changer le cours de l'histoire et du droit. La trajectoire de Cédric Herrou en est le plus bel exemple. Pourtant rien ne l'y prédestinait. Cet ouvrage est le témoignage exceptionnel et bouleversant d'un homme qui s'est révolté contre le cynisme des autorités et d'un État qui bafoue quotidiennement le droit. Il aurait pu, comme beaucoup, garder « porte close », mais a choisi d'aider, au nom de la dignité humaine, ces migrants expulsés et maltraités. Aujourd'hui, Cédric Herrou est devenu une icône dont le nom a largement dépassé nos frontières.

  • Voici l'essai d'intervention du député-reporter François Ruffin sur l'urgence climatique et sociale. Un ouvrage coup de poing qui s'adresse à la jeunesse (et aux autres) afin que la lutte et l'espérance donnent naissance à un véritable front populaire écologique.

  • Après avoir théorisé la Troisième Révolution industrielle (La Troisième Révolution industrielle, LLL, 2012), Jeremy Rifkin s'attaque à la notion de « New Deal Vert ». Il s'agit d'un projet économique et de société, fruit d'une prise de conscience mondiale sur l'état de la planète. Le but : sauver la vie sur Terre, tout simplement.

  • La dialectique infernale du pouvoir et des profits a fini par exaspérer le peuple. Voici le grand réquisitoire du prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz sur ces questions.

  • La période 2020 - 2050 sera la plus bouleversante qu'aura jamais vécu l'humanité en si peu de temps. L'effondrement de notre civilisation industrielle s'y produira à l'échelle mondiale, probablement dans les années 2020, certainement dans les années 2030. L'ouvrage examine les origines écologiques, économiques, financières et politiques de cet effondrement et, surtout, leurs relations systémiques.

  • Alors que nos sociétés libérales sont fondées sur des valeurs qui ne trouvent trop souvent du sens qu'à travers la compétition, Gauthier Chapelle et Pablo Servigne - l'auteur du succès de librairie Comment tout peut s'effondrer - commettent ici un ouvrage majeur. Au modèle de « la guerre de tous contre tous », ils proposent de substituer une vision du vivre-ensemble basée sur l'entraide. Car en balayant l'éventail du vivant - des bactéries aux sociétés humaines en passant par les plantes et les animaux -, il apparaît clairement que les organismes qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas les plus forts, mais ceux qui s'entraident le plus... 

  • Alors que le progrès technologique a toujours été vu comme l'horizon d'une libération du travail, notre société moderne repose en grande partie sur l'aliénation de la majorité des employés de bureau. Beaucoup sont amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles, sans réel intérêt et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société.
    C'est de ce paradoxe qu'est né et s'est répandu, sous la plume de David Graeber, le concept de « bullshit jobs » - ou « jobs à la con », comme on les appelle en français.
    Dans son style unique, virulent et limpide, l'auteur procède ici à un examen poussé de ce phénomène. Il soutient que, lorsque 1 % de la population contrôle la majeure partie des richesses d'une société, ce sont eux qui définissent les tâches « utiles » et « importantes ». Mais que penser d'une société qui, d'une part, méprise et sous-paie ses infirmières, chauffeurs de bus, jardiniers ou musiciens - autant de professions authentiquement créatrices de valeur - et, d'autre part, entretient toute une classe d'avocats d'affaires, d'actuaires, de managers intermédiaires et autres gratte-papier surpayés pour accomplir des tâches inutiles, voire nuisibles ? Graeber s'appuie sur les réflexions de grands penseurs, philosophes et scientifiques pour déterminer l'origine de cette anomalie, tant économique que sociale, et en détailler les conséquences individuelles et politiques : la dépression, l'anxiété et les relations de travail sadomasochistes se répandent ; l'effondrement de l'estime de soi s'apparente à « une cicatrice qui balafre notre âme collective ».
    Sa démonstration est émaillée de témoignages éclairants envoyés par des salariés de tous pays, récits tour à tour déchirants, consternants ou hilarants. Il y a le consultant en informatique qui ne possède aucune des qualifications requises pour le poste, mais qui reçoit promotion sur promotion, bien qu'il fasse des pieds et des mains pour se faire virer ; le salarié supervisé par vingt-cinq managers intermédiaires dont pas un seul ne répond à ses requêtes ; le sous-sous-sous-contractant de l'armée allemande qui parcourt chaque semaine 500 kilomètres en voiture pour aller signer un papier qui autorisera un soldat à déplacer son ordinateur dans la pièce d'à côté...
    Graeber en appelle finalement à une révolte du salarié moderne ainsi qu'à une vaste réorganisation des valeurs qui placerait le travail créatif et aidant au coeur de notre culture et ferait de la technologie un outil de libération plutôt que d'asservissement, assouvissant enfin notre soif de sens et d'épanouissement.

  • Comment les savoirs des peuples racines peuvent-ils nous inspirer dans notre approche de la santé, et dans nos façons de nous mettre en lien, à nous-mêmes, aux autres, et au monde qui nous entoure ? Dans tous les systèmes traditionnels de représentations du monde, santé et guérisons ne sont pas des cibles à atteindre et les maladies des ennemis à combattre, mais des indicateurs, des symptômes, qui renseignent sur la qualité de la relation de l'homme à son histoire et au monde. Dans cet enquête fouillée, Frederika Van Ingen est allée à la rencontre des chaman Catawba, des hommes-médecine Kogis ou des guérisseurs Massaï pour découvrir leurs savoirs ancestraux...et ce qu'ils ont à nous apprendre. 

  • Révolution numérique, transition énergétique, mutation écologique, etc... D'aucuns journalistes, politiques, chercheurs et prospectivistes, nous parlent d'un nouveau monde enfin affranchi des matières fossiles, des pollutions, des pénuries, des tensions politiques et militaires ... Et bien cet ouvrage formidablement documenté, fruit de six ans d'enquête, nous montre qu'il n'en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle des métaux rares. Ils sont devenus indispensables au développement de la nouvelle société écologique (éoliennes, panneaux solaires, etc.) et numérique (ils se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or, les coûts environnementaux, économiques, politiques de cette dépendance seront pires encore que ceux de notre société industrielle actuelle.

  • Benjamin Coriat, économiste (atterré) reconnu, spécialiste des Biens Communs, s'appuie sur les bouleversement de la crise du coronavirus pour proposer de nouvelles orientations en matière de politiques publiques. C'est en cartographiant ces problématiques inédites liées à des réflexions sur l'anthropocène, qu'il propose la métamorphose progressive des services publics en biens communs.

  • Crise climatique, crise financière, crise sociale, crise démocratique... Tous les voyants sont au rouge. Partout, nous approchons d'un point de non-retour. Depuis plus de trente ans, jamais nos dirigeants n'ont su faire face aux enjeux. Trop d'inertie politique, d'occasions ratées, de mauvaises directions... Le poids des lobbies, la recherche de la croissance sans limite, l'aveuglement nous ont fait perdre un temps précieux. La fenêtre d'action est de plus en plus étroite, et nous ne pouvons plus attendre ! Il s'agit désormais de changer radicalement de cap, pour éviter un emballement qui semble de plus en plus imminent. La bataille décisive devra être menée dans les mois qui viennent, et elle ne pourra se faire qu'au niveau de l'Europe.

  • L'humanité - considérant les crises climatiques, sanitaires et de la biodiversité - doit se préparer à une remise en cause fondamentale du paradigme de civilisation actuel. L'adaptation nécessaire à ces bouleversements est inédite dans l'histoire de l'humanité, et nous oblige à réinventer dès aujourd'hui nos manières de vivre, d'habiter, de nous nourrir, de nous mouvoir, etc.

  • Ces derniers mois, la moitié des gouvernements de la planète faisaient le choix de préférer la santé de leurs populations à la croissance de leurs économies faute d'avoir pris soin de la vitalité de leurs écosystèmes. La leçon est implacable : détruire la Nature est un suicide social et accessoirement une folie économique dont nous n'avons pas les moyens. Ce livre soutient que l'espérance de vie et la pleine santé doivent désormais devenir nos boussoles communes dans ce nouveau siècle.

  • Après les succès de librairie Storytelling et l'Ere du clash, Christian Salmon poursuit dans ce nouvelle essai son enquête sur les formes modernes de manipulation des esprits.

  • Le premier roman d'Aude Lancelin, lauréate du prix Renaudot essai 2016 pour son livre largement célébré Le monde libre.
    Le 24 novembre 2018, Yoann, Gilet jaune de 35 ans, est interpellé sur les Champs Elysées pour avoir lancé un pavé. Il sera condamné à quatre mois de prison avec sursis. Six mois plus tard, en mai 2019, alors que le mouvement périclite, ce jeune électricien au chômage se suicide dans la ferme de ses parents en Creuse, département le plus pauvre de France. 
    Inspiré de cette tragique histoire vraie, « La Fièvre » c'est six mois hors du commun dans la vie de la nation française, qui auront vu le pouvoir vaciller face à un soulèvement historique que personne n'attendait. A travers ce fil directeur romanesque, le roman traverse une époque de décomposition morale et intellectuelle, qui aura laissé s'installer un véritable apartheid entre les différentes classes sociales. Penseurs épris de notoriété, gens de médias dépassés par la situation, hommes d'appareil tentant de reprendre le contrôle, l'histoire de Yoann croise dans le livre celle de nombreux protagonistes, connus ou inconnus de notre époque, parmi lesquels un journaliste de sa génération, qui va s'intéresser à son parcours. 
    Aujourd'hui la fièvre semble retombée, mais la maladie française se poursuit, tandis qu'à tout moment une nouvelle poussée peut survenir.

  • « Ce qui vient est le prolongement des années de radio durant lesquelles j'ai pu rencontrer et écouter des personnalités venues de disciplines et d'horizons différents, scientifiques, culturels, politiques, économiques. Quels que soient leurs domaines de compétence, beaucoup d'entre elles poursuivent leur recherche en pratiquant leur propre remise en cause et celle de leurs travaux. J'ai aimé ces explorateurs qui se sont libérés des certitudes et qui ont trouvé leur curiosité dans le doute. Ceux-là ont fait tomber des murs, ils se sont débarrassés de l'exclusivité de leurs savoirs, ils ont fait la peau à l'hubris qui nous égare. La volonté humaine de puissance est une fausse piste. Nous ne sommes le centre de rien dans un monde en recombinaisons permanentes, aléatoires ou accidentelles. L'univers n'a pas de centre ni de bord, nous devons composer avec ce qui nous entoure. Cet ouvrage construit une toile dans laquelle les points de convergence sont nombreux entre les disciplines, entre les imaginaires nés du monde multipolaire, entre les cultures ancestrales et la digitalisation contemporaine. Il révèle enfin, aussi émouvante qu'une échographie, l'image du nouveau monde en gestation, vivant et palpitant. Le monde ne va pas changer, il a déjà changé. L'espérance n'est jamais vaine. »
    S. P.

  • L'art d'être libre, succès de librairie en Angleterre, est un véritable manifeste de résistance au monde contemporain. Profondément joyeux et nourri de réflexions à la fois historiques, philosophiques et littéraires, il dénigre aussi bien les joies factices de la consommation que l'ennui qui s'est abattu sur le monde à la suite de décennies de recherche exclusive du profit. Un livre qui nous appelle à redevenir des esprits autonomes, enfin libres ... 

  • Un an après L'art d'être libre - plus de 10.000ex -, Tom Hodgkinson revient en France avec un véritable manuel pratique de l'oisiveté. Drôle et éclectique, nourri de réflexions à la fois historiques, métaphysiques et littéraires, L'art d'être oisif redonne à la philosophie hédoniste toute son actualité. En réaction à une modernité aliénante, l'auteur britannique prône un rapport à l'existence fondé sur les plaisirs de la vie. 24 chapitres, un pour chaque heure de la journée, pour construire une contre-hygiène de vie, aux antipodes des habitudes de labeur et de consommation de nos sociétés occidentales.

  • Voici l'ouvrage sur une des révolutions scientifiques les plus importantes de ces cinquante dernières années. Un livre qui va changer votre vie !
    Jusqu'à ces dernières années, la science expliquait que nous étions programmés par notre  patrimoine génétique. Or, à la lumière de recherches récentes, les scientifiques revoient leur théorie. La nouvelle révolution en biologie, appelée épigénétique, montre que votre comportement quotidien - ce que vous mangez, l'exercice que vous pratiquez, votre résistance au stress, le style de vie que vous adoptez... - va inhiber ou activer certains de vos gènes. Vous êtes comme le chef d'orchestre d'une symphonie, co-auteur de votre vie, de votre santé, de votre équilibre. Joël de Rosnay raconte cette révolution et ses répercussions sur le «vivant». Il dispense également de nombreux conseils pour prendre soin de son environnement personnel, et ainsi rester en bonne santé.
    Par ailleurs, il élargit cette notion, fondée sur l'interdépendance entre individu et environnement, à la société tout entière. Il dessine les fondements du monde de demain en imaginant le passage d'une démocratie représentative à une démocratie participative, et enjoint les nouvelles générations à faire le pari de moins de compétition et de plus d'optimisme. Il décrit des citoyens engagés à tous les niveaux de décision (politique, économique, sociétal...) et l'avènement d'une économie plus collaborative et « circulaire ».
    Ce livre fondamental veut inciter le lecteur à réfléchir aux impacts de cette révolution majeure dans la manière de construire sa vie personnelle et de décider des futures évolutions sociétales.

    Par l'auteur de nombreux best-seller, comme Je cherche à comprendre (plus de 15.000 ex).

  • Voici un livre capital, best-seller au États-unis - plus de 100 000 exemplaires - et en Grande-Bretagne, en cours de traduction dans plus de dix pays, commis par l'un des intellectuels les plus influents selon le New York Times, initiateur d'Occupy Wall Street à New York.
    Un livre qui remet en perspective l'histoire de la dette depuis 5000 ans et développe une approche totalement nouvelle. Il démontre magistralement que le système de crédit précède la naissance de la monnaie et que la dette a donc toujours structuré nos systèmes économiques et nos rapports sociaux.
    Il montre également que le vocabulaire des écrits juridiques et religieux de l'Antiquité (des mots comme « culpabilité », « pardon » et « rédemption ») est issu en grande partie de ces affrontements antiques sur la dette, et qu'il fonde jusqu'à nos conceptions les plus fondamentales du bien et du mal. Sans en avoir conscience nous livrons toujours ces combats.
    Un essai passionnant et essentiel qui nous permet de mieux comprendre l'histoire de notre passé, celui de la crise des crédits en cous ainsi que l'avenir de notre économie.
    David Graeber enseigne l'économie et l'anthropologie à l'université de Londres. Il sera à Paris en septembre pour défendre son livre devant les médias.

  • Comment des sociétés plus avancées et démocratiques peuvent-elles conduire à des régimes de plus en plus autoritaires, en France comme ailleurs, au point de raviver le spectre totalitaire ? Telle est la question posée par ce livre.
    Depuis plus de 30 ans, l'échiquier politique a dérivé vers la droite, et la droite vers l'extrême-droite. La dérégulation et la dilution des institutions excluent de plus en plus de personnes, laminant les sécurités de l'ancien monde du travail, de la carrière, de la retraite, de la famille, des voisins, des territoires... Le contrat social entre la nation et la politique est rompu. La colère populaire est réprimée par la violence, et l'autoritarisme. Dans ce livre, Roger Sue montre pourquoi la France s'est engagée sur une voie totalitaire.

  • « La façon dont on nous parle des problèmes économiques, sociaux et même politiques nous laisse peu de chances de comprendre ce que l'on veut nous dire. Et encore moins les phénomènes qui nous blessent.
    L'invention d'une néo-novlangue est passée par là. Pourquoi nous répète-t-on à l'infini que le chômage est inadmissible pour finir par le laisser persister ? Pourquoi dit-on que le travail est notre avenir alors qu'on se garde, depuis longtemps, de le valoriser ? Pourquoi a-t-on, du moins en Europe, renoncé à utiliser tous les instruments de la politique économique pour se cantonner aux politiques dites structurelles, dont on finit par comprendre que leur objectif est de réduire la protection sociale ? Pourquoi accepte-t-on de voir croître démesurément les inégalités alors que l'on dit vouloir les combattre ?
    La langue que nous utilisons, à force d'être contournée, a transformé la réalité à laquelle nous sommes confrontés, jusqu'au déni de la souffrance. Elle est davantage manipulée par la doctrine qu'elle ne s'en sert. Il faut, si l'on veut revenir à une vision moins irénique, ou fataliste, du monde, déconstruire la novlangue pour reconstruire un langage dans lequel chacun se reconnaisse. Ce n'est qu'à cette condition que l'on pourra vraiment agir sur le monde et sur le destin des populations.
    Ce n'est qu'à cette condition que l'on pourra déjouer le piège politique que nous tend la novlangue et retrouver le chemin d'une démocratie moins fragile que celle qui nous enjoint à la résignation. » J.-P. Fitoussi

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