• Trois jeunes Français, prisonniers de l'échec, décident de s'enfuir en Australie, comme ces détenus anglais envoyés au bagne deux siècles plus tôt. Il y a Pierre, menuisier désoeuvré, Valentin, étudiant en droit déprimé, et Elsa, hédoniste angoissée, à la recherche d'expériences nouvelles et de liberté. Tous les trois se rencontrent à Sydney, se lient d'amitié et partent en van à la découverte des terres sauvages australiennes. Ensemble, ils croiseront la route de surfeurs nationalistes, d'aborigènes coincés entre les temps, et connaîtront l'exil au fin fond du bush. Fuyant les responsabilités, en quête de paradis artificiels, ils tenteront de se défaire des chaînes du passé et de surmonter les aléas de l'amour.
    Le Rêve australien est un premier roman générationnel, qui raconte cette jeunesse prête à tout quitter pour se découvrir dans le voyage. Pour trouver un sens à son existence.

  • À la fin du XVIII e siècle, le Français Joseph Kabris a vécu sept ans sur une île du Pacifique. Il s'est intégré à la société locale. Arraché à son île, il est devenu russe, avant de regagner la France. Là, il a donné à sa vie les traits d'une épopée, devenant le monde en personne. Comprendre comment on devient Joseph Kabris : voici l'enjeu de ce texte foisonnant et ambitieux.
    Joseph Kabris est tatoué de la tête aux pieds. C'est ainsi qu'il gagne sa vie dans les lieux de spectacle et d'exhibition de la Restauration, montrant son corps et mettant en mots l'" étrange destinée " qu'il a eue. Né à Bordeaux vers 1780, embarqué sur un baleinier anglais, il a vécu sept ans sur une des îles Marquises, Nuku Hiva. Parmi les " sauvages ", il est devenu l'un d'eux. Il a appris leur monde, leurs gestes, leur langue et oublié la sienne. C'est là qu'il a été tatoué. En 1804, une expédition russe est venue et l'a arraché à son île, à sa femme et à ses enfants. Sans cesser tout à fait d'être un " sauvage ", il est devenu russe, a rencontré le Tsar, avant de regagner la France. Il a repris sa langue, il a appris à dire sa vie, à lui donner les traits d'une épopée. Il a fasciné les foules. Il est devenu le monde en personne. Il est mort à 42 ans, sans jamais revoir son île.
    Kabris a ainsi multiplié les recommencements, ne cessant de voir ses habitudes s'abolir et d'en reprendre d'autres. Il devient marin, chef de guerre, professeur de natation, homme de foire, recyclant les passés qu'il a incorporés, prenant appui sur les systèmes sociaux où il se trouve. Et, chaque fois, il tire parti de ce qu'il a déjà vécu pour négocier au mieux ce qu'on attend de lui.Dans cette enquête fascinante et troublante, il ne s'agit pas seulement de découvrir à hauteur d'homme une histoire de la mondialisation dont émergent nos sociétés contemporaines. Cheminer dans cette existence se faisant, l'explorer à la manière d'une " carrière " dans laquelle Kabris s'engage, bifurque, insiste, abandonne ou se convertit, comprendre en somme comment on devient Joseph Kabris, c'est aussi saisir la manière dont le monde historique traverse une vie et la rend possible.
    Lauréat du Prix Femina Essai 2020

  • Wild

    Cheryl Strayed

    Best-seller du New York Times.
    Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s'en remettre à la nature et de marcher. Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le Chemin des crêtes du Pacifique, un parcours abrupt et sauvage de l'Ouest américain. Au fil de cette longue route, elle va surmonter douleurs et fatigue pour renouer avec elle-même et finalement trouver sa voie.
    Franche, dynamique et un brin déjantée, Cheryl Strayed nous entraîne grâce à ce récit humain et bouleversant sur les chemins d'une renaissance.

  • - 50%

    Tome 2 des aventures d'Al dorsey, détective à Tahiti.
    Daucuns pourraient penser que Tahiti est un pays de cocagne où lon sirote des cocktails face à locéan... Si vous demandez lavis dAl Dorsey, unique détective privé de lîle, il ne manquera pas de vous rire au nez ! Tout, sauf reposant, Tahiti ! Du moins pour lui... Dans ce tome, notre privé retrouve la momie de sa petite amie manchote, Lyao-ly... Il va devoir exercer tout son flair pour remonter la piste des croyances ancestrales flirtant parfois avec le surnaturel et ramener sa bien-aimée à un aspect plus acceptable...
    Patrice Guirao prolonge sa galerie de portraits aux confins dun Pacifique fort éloigné des cartes postales et des bons sentiments, en nous promenant aux quatre coins de la Polynésie en compagnie dun producteur de télévision et dun gourou reconverti dans le trafic dobjets sacrés. Nouvelle réussite pour celui quon peut désormais présenter comme linventeur du roman «noir azur»...

  • Un récit psychologique sombre et violent sur le traumatisme, la résilience, la vengeance. Un roman initiatique magistral.

    Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du " banquet " : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires.

    Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses.

    Enfin, la nouvelle compétition est sur le point de commencer. L'occasion pour Faolan de prendre sa revanche.

    Sa vengeance aura-t-elle le goût du sang ?

  • « Mutismes, pour tous ces silences qui ont miné l'âme polynésienne... »Tabous et non-dits, frustrations et conflits, zones d'ombre et de silences. Autant de maux qui gangrènent la société polynésienne des années 1980 à 2000.Face aux drames qui bouleversent sa vie, depuis son enfance exposée à la violence du père, jusqu'à l'adolescence marquée par les départs et les arrachements, tandis que des atolls se font souiller par les tirs nucléaires d'une mère patrie dont elle ignore tout, cette jeune fille doute de sa foi en l'humanité. Seule son admiration pour Rori, activiste politique indépendantiste au charisme incontestable, parvient à lui redonner le sourire et à insuffler un sens à sa vie. Mais l'amour ne peut aveugler éperdument : il lui faudra s'exiler à 22 000 kilomètres, sur cette terre française étrangère, pour trouver la force de mettre des mots sur l'indicible. Et tenter de (ré)écrire l'histoire de son pays.Avec ce roman social et initiatique, Titaua Peu s'attelle à poser des mots sur les silences, à créer de la parole là où elle a été confisquée, oubliée.L'auteure de Pina (Prix Eugène Dabit en 2017) n'a jamais eu des termes aussi justes que lorsqu'elle évoque les silences, soulignant les non-dits et les interdits d'une société en perdition.Mu, n.c. tahitien : silence de quelqu'un qui a quelque chose à dire mais qui se tait. (Dictionnaire de l'Académie tahitienne - Fare Vana'a)

    Auteure à l'engagement éminemment politique, Titaua Peu, auteure incontournable du paysage intellectuel et artistique polynésien, donne à voir une société bien éloignée des clichés illusoires.Mutismes, paru initialement en 2003, est un manifeste indépendantiste qui (re)donne voix aux oubliés des années fastes du CEP.Avec Pina, son second roman lauréat du Prix Eugène Dabit en 2017, elle réalise un tour de force salué par la critique qui scelle son combat littéraire tout autant que social.

  • En décembre 1787, la Bounty quitte l'Angleterre sous le commandement du capitaine William Bligh, un homme cruel et colérique. Le navire fait voile vers Tahiti lorsque éclate une mutinerie menée par son second, Fletcher Christian...

    Respirez l'air du large et embarquez sous les ordres du capitaine Verne pour une aventure devenue légendaire !

  • En 1808, William Lockerby, jeune aventurier écossais venu dans les îles Fidji pour y collecter du bois de santal, se retrouva abandonné à terre par son navire. Demeuré auprès de Fidjiens engagés dans d'inexpiables guerres entre clans concurrents, il raconte dans ses mémoires comment il sut s'extirper de ces conflits - en les tournant à son propre avantage.

    Le récit haut en couleur de Lockerby témoigne du regard effaré que l'on portait alors sur les peuples aux confins des empires coloniaux, aussi bien que du souvenir ambivalent que l'Écossais garda de son expérience en ces terres alors inexplorées. Mais il offre également l'occasion d'une méditation sur les « premiers contacts » et les effets dévastateurs, sociaux comme environnementaux, de la quête effrénée du profit.

    William Lockerby (1782-1853) est écossais d'origine. Engagé de force dans la marine américaine, il est second sur un navire de commerce à Boston en 1807. En 1808-1809, il est aux Fidji, d'où il revient en Angleterre pour si'installer à Liverpool, où il devient finalement armateur dans le quartier de Fairfield. Une rue porte encore son nom (Lockerby road).
    Frantz Olivié est éditeur chez Anacharsis.

  • Dans son ouvrage paru en France en 1931 et jamais réédité, Sternbeck fait revivre le temps des pirates et des flibustiers du XVIe siècle. Depuis la découverte de l'Eldorado des Amériques jusqu'à l'expédition des Indes orientales en passant par la chasse à l'or dans le Pacifique, il retrace les épopées des figures majeures de la piraterie. Ce sont les voix des capitaines Kidd, Hawkins ou Morgan (le "roi des boucaniers"), comme de l'impitoyable Blackbeard, que l'on entend ici. Sur l'île du Diable ou de la Tortue, à bord du Pelican ou du Golden Hind, les espoirs, les peurs et les combats ne sont pas sans liens avec les intérêts des couronnes européennes. Sous la plume alerte et amusée de Sternbeck, les récits de ces navigateurs extraordinaires forment une histoire de la flibusterie, devenue source d'inspiration pour de nombreux auteurs.
     
    Alfred Sternbeck (1879-1942) a publié plusieurs ouvrages d'histoire, dont Charles II d'Angleterre et La Guerre mondiale en France. Traduction du commandant P. Teillac, capitaine de frégate de réserve.

  • Le messager

    Markus Zusak

    • Kero
    • 6 Mars 2014

    Ed Kennedy, dix-neuf ans, chauffeur de taxi, a peu de raisons d'être fier de sa vie : son père est mort d'alcoolisme, il est désespérément amoureux de sa meilleure amie, Audrey, et il partage un appartement délabré avec son chien - fidèle mais odorant. Il n'a pas grand-chose d'autre à faire que conduire son taxi, jouer aux cartes et boire avec des amis aussi perdus que lui. Jusqu'au jour où, malgré lui, il permet d'arrêter un braquage de banque.
    C'est là que le premier message arrive : un as de carreau où sont inscrites trois adresses. Ed est désormais le Messager : choisi pour aider les autres, il commence une enquête qui va faire imploser sa vie routinière et, d'énigme en énigme, le forcera à se dépasser.
    Et si, nous aussi, nous vivions en dessous de nos capacités ?
     
    Après le succès international de La Voleuse de livres, Markus Zusak revient avec un roman captivant, plein d'humour et toujours aussi émouvant.
    À propos de La Voleuse de livres :
     
    « Un grand récit, habité par le talent narratif éblouissant de l'auteur. » France Info
    « Un livre irrigué d'humour noir et d'humanisme. (...) Au-delà de la peur et du mal, ce jeune auteur australien nous insuffle l'espoir. » Notre Temps
    « Ce roman a une portée universelle. (...) L'auteur a réussi un livre très touchant et très poétique. » Livres Hebdo
    « La Voleuse de livres célèbre l'amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même. » Le Monde des livres
     

  • Tusitala, le Raconteur d'histoires, est le nom de guerre que l'on prêtait à Robert Louis Stevenson dans les îles Samoa, où il vécut aux derniers temps de sa vie. Engagé avec les Samoas contre les puissances coloniales, écrivant avec acharnement, défrichant ses champs, rêvant dans la lumière des tropiques, l'auteur de L'Île au Trésor s'était bâti là-bas une existence à sa mesure.
    Nakajima Atsushi, un écrivain jeune pour toujours lui aussi, orchestre autour des dernières années de Stevenson un roman subtil en forme d'hymne à la vie.
    Alternant la narration et les pages d'un journal fictif, il se démarque de l'exercice biographique pour composer une fiction pure où se déploient sans limite le pouvoir et la puissance de l'imagination.
    Le talent de Nakajima, l'élégance joyeuse de son écriture et la limpidité de son style se conjuguent ici jusqu'à nous convaincre que l'on aurait affaire, avec La Mort de Tusitala, à un autre Stevenson.

  • "Le vent est bon, et le Snark se comporte à merveille. Il arrivera demain dans un nouveau port étrange. Ce vagabondage est déconcertant. Je confonds déjà les souvenirs entre Raiatea et Tahaa, entre Moorea, Bora Bora et Manua, et qu'est-ce que cela pourra bien être lorsque nous serons passés à Tutuila, Upolu, Savai'i, et aux Fidji ?"
    D'avril 1907 à novembre 1908, Jack London, en compagnie de sa femme Charmian, accomplit son rêve : vagabonder dans le Pacifique sur son propre voilier, visiter des îles dont certaines seraient encore peuplées de cannibales. Charmian London prend la plume pour rendre compte de ce périple aux tournures d'épopée exotique, dans ces archipels d'une beauté vierge et époustouflante, au milieu de populations qui subissent alors de plein fouet le choc avec la civilisation des hommes blancs. Charmian London porte sur ces contrées un regard vivant et spontané de femme occidentale libérée, parfois empreint des préjugés colonialistes de l'époque.
    Un document inédit indispensable pour tous les amateurs de l'oeuvre de Jack London.

  • Ce recueil de 13 nouvelles révèle la diversité et la richesse du talent de Patricia Grace, qui réussit ici à mélanger une certaine oralité traditionnelle aux formes littéraires classiques, dans une prose narrative où jouent constamment et subtilement intonations et tournures maori. Si le premier récit de ce recueil met en scène une vieille femme apparemment impotente, préoccupée par les détails banals de la vie quotidienne, il se clôt sur la révélation du mana (statut, rang) de Waimarie, à la mâchoire forte rappelant celle de lancêtre puissante de Maui, demi-dieu qui, armé de cet os, blessa le soleil et lui fit ralentir sa course à travers le ciel, acte qui permit à toute la race humaine de sortir de lombre pour mieux vivre. Cest sur ce fond de mythologie et de métaphore quil convient de lire les nouvelles dÉlectrique cité. Les petits péchés de deux fillettes, la construction dun mur, un après-midi de jeux, larrestation dun jeune homme naïf, une journée de pêche, ou un séjour à lhôpital, ce sont des aperçus de vies menées parfois dans les ténèbres, mais où perce malgré tout une chaleur humaine.

  • La découverte de Tahiti (1767-69), les récits des voyageurs inventèrent une société où les jeunes femmes auraient eu pour règle de pratiquer lamour libre et même de le faire en public. Le discours fut un point de vue masculin centré sur lEurope, dissertant sur les variétés humaines et les couleurs de peau, mais aussi sur la supposée nature universelle des femmes. La vie publique, chez les aristocrates et chez les imprimeurs de Paris et de Londres, fut une course au sensationnel, à coup de rumeurs et de publications fantaisistes. Surtout la réécriture du journal de bord en un récit officiel offert au roi a tout brouillé. En retournant aux journaux de bord, on entrevoit la face demeurée cachée de ce que furent les premiers contacts entre les Tahitiens et les Européens. Les femmes qui vinrent au devant des visiteurs étaient de très jeunes filles; loin de sourire, elles tremblaient de peur, puis jouaient en pleurant un rôle imposé par les adultes. Lamour navait rien à faire dans ces scènes. Et les danses présentées navaient rien dérotique. Les récits européens nont pas seulement exagéré, ils ont tout déformé. Depuis deux siècles, la vision européenne de la Polynésie traditionnelle repose sur une immense méprise.
    Ce livre restitue ce qui sest réellement passé sur les rivages de Tahiti. Il reprend aussi tout le dossier des interprétations concernant les postures et la nudité dans la danse polynésienne, ainsi que le malentendu occidental sur la place de la sexualité dans la culture. Mais comment a-t-on pu se tromper à ce point ?

  • Entrelacs de vies marginales à la lisière de la mangrove ou dans les squats des quart iers périphériques de Nouméa, dans une Nouvelle-Calédonie où le bulldozer trace droit, inéluctablement, la route coaltarée de la modernité, boostée par lexploitation du nickel...
    Se croisent, pour le meilleur et pour le pire , un employé municipal, qui ent ret ient amoureusement les tombes de ses morts, une Miss Sunshine tout de blanc vêtue, accro... au lait en poudre, un toubib en délicatesse, un rasta singulier, un ingénieur faussement écolo, une journaliste affriolante, un broussard, pas tendre du tout et une femme trop amoureuse..., chacun avec ses zones dombre et de lumière, de mystère et de poésie, de violence et de générosité...
    Des destins tragiques, souvent.
    Auteur reconnu tant par ses romans que ses recueils de nouvelles, Claudine Jacques signe ici un roman féroce inspiré des travers de la société néo-calédonienne. Le lecteur y retrouvera le style fluide qui caractérise son écriture et qui donne envie de tourner les pages jusquà la dernière.

  • Avec son style assuré, profond et captivant, Au coeur dHiruharama nous entraîne dans un voyage où les limites entre le passé et le présent sont plus que floues... elles sont brisées. Les morts sont hantés par les vivants, les vaisseaux brûlés sont reconstruits et empruntés, et la dure réalité des séparations et des pertes est supplantée par la perspicacité des rêves. Ce voyage dans létrange et le merveilleux, entrepris par une fille et le père quelle na jamais connu, est éclairé parfois jusquà léblouissement par leur sens de lhumour commun et par la volonté de la fille de pousser sa vie au-delà des bornes de la tragédie.
    Premier roman de lécrivain Isabel Waiti-Mulholland, Dans le coeur dHiruharama comporte de nombreuses références à la culture maorie, son écriture poétique rappelle le réalisme magique de la littérature sud américaine.

  • Poutous sur le popotin (Kisses in the Nederends) ne sadresse pas aux âmes sensibles. Contrairement aux Petits contes du Pacifique (Tales of the Tikongs) à lhumour «acceptable», ce livre cru devrait en choquer plus dun. Un roman qui parle exclusivement dun anus ? Dont lauteur est un insulaire du Pacifique, originaire de la très pieuse Tonga ? Mais quand on persévère, on saperçoit que ce roman a des choses importantes à dire sur la complexité du Pacifique contemporain, car il traite de tradition et de modernité, dautonomie et de dépendance, dimpérialisme et dexploitation.
    La descente dHauofa dans la région érogène située entre les hanches et les cuisses, le point de vue quil nous offre de cette perspective toute en bassesse nous aide à porter un regard nouveau sur nos délicats problèmes de société. Cest ce qui distingue ce roman des autres romans du Pacifique : labsurdité et limprobabilité du récit de Hauofa, les éclats de rire qui laccompagnent et qui imprègnent cette critique sérieuse, au final, de la vie moderne.

  • Cette saga samoane sétale sur trois générations en proie aux bouleversements dus à loccidentalisation et à la progression des valeurs matérialistes dans un monde traditionnel qui seffrite peu à peu. Cet univers dordre et dautorité dominé par lÉglise et le pouvoir des anciens est menacé par lambition personnelle de Tauilopepe, un être ambigu qui incarne les paradoxes de sa société. Son fils unique, fasciné par le non sens de lexistence, se révolte contre limage quil représente et poursuit son idéal jusquà labsurde. Surgit alors un troisième personnage obscur nommé «Vague de la nuit», qui se prétend lhéritier de Tauilopepe...
    À travers lhistoire de cette famille, Wendt recrée un microcosme emblématique des sociétés issues du colonialisme. Bien loin des clichés concernant les «Îles paradisiaques», il met en scène des personnages complexes dans un monde progressivement dominé par les puissances de largent, linégalité sociale et le cynisme. Albert Wendt tisse une trame narrative où alternent des voix diverses dont la dissonance empêche toute récupération moralisatrice. Avec ce roman, lauteur saffirme comme le grand écrivain du Pacifique.


  • " Ce jour-là, je n'ai pas pu faire mon travail ", dira le capitaine Legorjus, officier du GIGN l'unité d'intervention d'élite de la gendarmerie, en charge de négocier une issue pacifique à la prise en otages de 30 gendarmes à Ouvéa (Nouvelle-Calédonie) par des indépendantistes kanaks. Conseiller du film L'ordre et la morale de Matthieu Kassovitz (La Haine) d'après son histoire, le capitaine Legorjus a repris la plume pour raconter ici cette épopée violente et brutale...

    Avril 1988, île d'Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. Vingt-trois gendarmes sont pris en otage par des indépendantistes kanaks qui veulent faire entendre leur cause. Pour rétablir l'ordre, la France envoie 300 militaires dont les troupes d'élite du 11e choc et le commando de nageurs de combat Hubert, tous deux spécialistes des coups de force. A leurs côtés, le GIGN, les supergendarmes tout aussi performants, connus comme les as de la négociation. Car, avant de faire parler les armes, des pourparlers sont engagés. Deux hommes se font face : le capitaine Legorjus, commandant du GIGN, et Alphonse Dianou, un indépendantiste kanak, à la tête des ravisseurs.
    Mais rien ne va comme prévu. Au coeur d'une cohabitation houleuse, entre les deux tours de l'élection présidentielle, les enjeux sont trop politiques. Paris joue un double jeu. les évènements s'emballent jusqu'à l'issue fatale : l'assaut donné le 5 mai fera 21 morts. C'est ce drame que nous raconte de l'intérieur le capitaine Legorjus. Une histoire vraie qu'il a vécue au plus près, seul témoin au contact de tous les protagonistes : les militaires, souvent divisés sur l'éthique et la méthode, François Mittterrand et Jacques Chirac au paroxysme de leur affrontement et, enfin, les Kanaks désunis. Plus de vingt ans après les faits, il parle pour la première fois des exécutions sommaires après l'assaut et montre qu'une sortie pacifique aurait pu éviter un bain de sang. Un récit choc où la valeur du sacrifice prend tout son sens quand la politique démissionne.
    Philippe Legorjus est, au moment des évènements, le patron du GIGN. Ancien membre des commandos de marine, auteur de faits d'armes reconnus, il retourne à la vie civile un an seulement après Ouvéa. Son histoire a inspiré le film de Mathieu Kassovitz L'Ordre et la Morale, dont il a été le conseiller spécial.
    Jacques Follorou est journaliste au Monde. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment Bérégovoy, le dernier secret et Une juge à abattre, en collaboration avec Isabelle Prévost-Desprez.

  • En ce dimanche matin, 7 décembre 1941, alors qu'Honolulu se réveille sous un grand soleil, le capitaine de corvette japonais Mitsuo Fuchida se dirige vers l'archipel d'Hawaii aux commandes de son bombardier. Une escadrille de plusieurs centaines d'avions entre dans l'espace aérien de l'île d'Oahu, sans être repérée par les forces américaines : il est presque 8 heures, la bataille de Pearl Harbor commence.

    Le plan est parfait, la cible idéale : détruire la flotte américaine du Pacifique et supprimer la possibilité d'une riposte. L'assaut est lancé simultanément sur les bases aériennes et sur la rade de Pearl Harbor. L'effet de surprise est garanti : «Raid aérien sur Pearl Harbor. Ceci n'est pas un exercice !»
    Pearl Harbor, c'est la bataille qui précipite les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. En moins de deux heures, l'attaque japonaise coûte la vie à 2 340 soldats américains.

    Passé le choc initial, les États-Unis déclarent la guerre au Japon. C'est le temps de la mobilisation générale et de la préparation de la revanche. Heure par heure, Hélène Harter retrace l'agression qui marqua le tournant de la guerre du Pacifique.

  • Depuis 1981, l'Association Salomon, présidée à Nouméa par Alain Conan, multiplie les expéditions vers Vanikoro. Sur le récif de cette île perdue de la République des Îles Salomon, se sont abimées, en 1788, les deux frégates de Lapérouse, La Boussole et L'Astrolabe. Après avoir précisé, en 1999, le lieu où les naufragés établirent à terre leur camp de survie, les archéologues terrestres et sous-marins de l'Association Salomon décident, en novembre 2003, de retrouver les restes des 199 marins partis le 10 mars 1788 sous les ordres du plus grand de nos navigateurs d'exploration français. Cest à un voyage dans le temps et dans lHistoire que nous convie ici lauteur, médecin légiste à Tahiti, et
    associé à l'expédition dans l'objectif d'identifier les restes de ces marins du siècle des Lumières. Ce carnet de bord déroule, jour après jour, les préparatifs techniques, le voyage vers lun des sites les plus inaccessibles de la planète, la recherche du lieu de fouilles terrestres, les discussions enflammées et les travaux de déblaiement de la dernière épave localisée jusquaux premières procédures d'identification des ossements. Car cest finalement, le 22 novembre 2003, à midi, que surgit, du monde du silence, le tout premier témoin du drame survenu 215 ans plus tôt, sous la forme d'un squelette miraculeusement préservé, en contradiction avec tous les constats réalisés jusqu'alors en archéologie sous-marine.

  • L'impact sur le système alimentaire du changement rapide qu'a connu la société tahitienne au cours des deux derniers siècles est mis en évidence à travers un triple processus d'évolution : christianisation, colonisation et monétarisation. Les mutations historiques du mangeur tahitien sont ainsi traitées sous différents aspects : les modes de production et le choix même des aliments, les prestations et échanges, les types d'alimentation quotidienne comme festive...
    L'étude des pratiques et représentations alimentaires et du rapport au corps conduit à un questionnement sur les facteurs constitutifs de l'identité mä'ohi contemporaine et sur les conséquences tant sanitaires (obésité, diabète...) que sociales et économiques (la stratification sociale, la perte du sens lié aux aliments...) des modes actuels d'alimentation, problématiques communes à l'ensemble des territoires insulaires du Pacifique. L'alimentation est ainsi posée comme un facteur structurant de l'organisation sociale, basé sur la transmission et en interaction avec l'évolution du milieu tant écologique qu'économique, social et culturel.
    Au-delà de sa dimension biologique, l'alimentation revêt dans cette étude une dimension sociale et culturelle essentielle. Aspect symbolique central dans la société polynésienne pré-européenne, pivot de normes et interdits liés au statut social ou au genre, support d'un culte ancien de l'abondance, elle constitue un véritable « fait social total ».

  • Bilan critique du chemin parcouru en archéologie depuis la fin des années 1950 en Polynésie française, cet ouvrage examine les grands thèmes de la préhistoire polynésienne et se propose d'analyser les modèles élaborés pour rendre compte de l'évolution des sociétés, depuis leur implantation dans les îles jusqu'à leur rencontre avec l'Occident. L'auteur y cerne les objectifs à atteindre pour écrire la préhistoire de ces îles, souligne la nécessité d'une approche pluridisciplinaire et plaide en faveur d'une démarche ethnoarchéologique. Enfin, il s'attache à dégager les perspectives et orientations de la recherche pour les années à venir.

  • Vanikoro

    Etienne Beaumont

    Depuis 1981, l'Association Salomon, présidée à Nouméa par Alain Conan, multiplie les expéditions vers Vanikoro. Sur le récif de cette île perdue de la République des Îles Salomon, se sont abimées, en 1788, les deux frégates de Lapérouse, La Boussole et L'Astrolabe. Après avoir précisé, en 1999, le lieu où les naufragés établirent à terre leur camp de survie, les archéologues terrestres et sous-marins de l'Association Salomon décident, en novembre 2003, de retrouver les restes des 199 marins partis le 10 mars 1788 sous les ordres du plus grand de nos navigateurs d'exploration français. Cest à un voyage dans le temps et dans lHistoire que nous convie ici lauteur, médecin légiste à Tahiti, et
    associé à l'expédition dans l'objectif d'identifier les restes de ces marins du siècle des Lumières. Ce carnet de bord déroule, jour après jour, les préparatifs techniques, le voyage vers lun des sites les plus inaccessibles de la planète, la recherche du lieu de fouilles terrestres, les discussions enflammées et les travaux de déblaiement de la dernière épave localisée jusquaux premières procédures d'identification des ossements. Car cest finalement, le 22 novembre 2003, à midi, que surgit, du monde du silence, le tout premier témoin du drame survenu 215 ans plus tôt, sous la forme d'un squelette miraculeusement préservé, en contradiction avec tous les constats réalisés jusqu'alors en archéologie sous-marine.

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