• « L'époque ne demande plus seulement de répondre vaguement à la question "Que faire ?" [...] II s'agit maintenant, si l'on veut rester dans le courant, de répondre, presque chaque semaine, à la question : "Que se passe-t-il ?" [...]
    Le travail principal qui me paraît à envisager maintenant - comme contraire complémentaire de La Société du spectacle qui a décrit l'aliénation figée (et la négociation qui y était implicite) -, c'est la théorie de l'action historique. C'est faire avancer, dans son moment qui est venu, la théorie stratégique. À ce stade, et pour parler ici schématiquement, les théoriciens de base à reprendre et développer ne sont plus tant Hegel, Marx et Lautréamont que Thucydide-Machiavel-Clausewitz. »
    On verra, pour ce faire, comment tout au long de ces six années d'une correspondance riche en analyses et en projets divers - l'étroite collaboration qui s'est établie entre un éditeur et son auteur a rendu possible cette nouvelle stratégie. C'est ainsi que, par la voie du cinéma, Gérard Lebovici offrait à Guy Debord un champ plus vaste où il serait libre de s'exprimer. Trois films seront réalisés durant cette période.

  • Ce premier volume de la correspondance de Guy Debord couvre la période allant de la fondation en 1957 de l'Internationale situationniste, jusqu'à sa IVe Conférence en 1960.
    On y verra se préciser, au fil des jours, l'unique objectif d'une entreprise qui, en s'appuyant sur les éléments les plus radicaux de l'avant-garde et à travers la construction de situations, voulait " par tous les moyens, même artistiques ", le bouleversement complet de tous les aspects de la vie.

  • C'est en 1979 que Guy Debord décide, une première fois, de quitter un Paris qui à ses yeux avait, depuis longtemps déjà, tout perdu de son charme.
    Si le siège de l'état-major s'est déplacé, l'état de guerre, pour lui, reste permanent : depuis la situation en Italie, dont il donne une analyse lucide dans sa Préface à la quatrième édition italienne de «La Société du spectacle», jusqu'à celle de l'Espagne de l'après-franquisme, qui le conduit à mener campagne en faveur des «autono­mes» emprisonnés à Ségovie, le tout entrecoupé de «jours tranquilles» passés ici ou là, durant lesquels conseils, traductions et publications se succèdent. Le 5 mars 1984, le mystérieux assassinat de son ami éditeur le pousse dans un nouveau type de combat, cette fois contre une presse particulièrement déchaînée et hostile.
    De ces années pleines de bruit et de fureur en tout genre, beaucoup de choses vont être retenues et analysées qui alimen­teront les prochains Commentaires sur la société du spectacle.


  •      En 1988, Guy Debord fait paraître ses retentissants Commentaires sur la société du spectacle, où les «quelques conséquences pratiques, encore peu connues, qui résultent de ce déploiement rapide du spectacle durant les vingt dernières années» viendront confirmer ses thèses de 1967, en disant «ce qui est».
         De façon similaire, sa correspondance - qui avec ce volume arrive à son terme - montre, durant les sept années qui vont lui rester à vivre, que face à une nouvelle forme de notoriété il continue de juger et d'agir selon ce qu'il est.
         Il décidera, le 30 novembre 1994, de franchir, à l'heure choisie, sa propre ligne d'arrivée ; comme il avait décrété que l'année 1951 devait être celle de son véritable point de départ. Car «la suite était déjà contenue dans le commencement de ce voyage».

  • Cette correspondance, riche d'enseignements sur la personnalité et le rôle actif que joua Guy Debord, éclaire par des faits réels la compréhension du mouvement révo-lutionnaire le plus radical et le plus exemplaire du XX e siècle. Ce tome 2 couvre une période qui va de septembre 1960 à décembre 1964. Elle c o rrespond aux premières années de l'In t e rnationale situationniste. Le processus de la rupture, qui a caractérisé le mouvement situationniste, se poursuit et se précise. On retrouve dans ces lettres, la clarté et la rigueur de celui qui, n'usant que de l ' a rme qu'il s'est donnée a, jusqu'au bout, défendu ses idées contre toutes les formes de compromission spectaculaire. Guy Debord, penseur révolutionnaire le plus important de la deuxième moitié du XX e siècle, est le fondateur de l'Internationale situationniste et l'auteur notamment de La Société du spectacle, Panégyrique, la véritable scission.

  • Pour l'Internationale situationniste, les années qui vont de 1965 à 1968 sont marquées par une implication déterminante dans ce que l'on pourra appeler le cours de l'Histoire.
    L'I.S. va se retrouver, malgré le boycott ou la récupération de ses thèses, au centre du débat culturel (politique et artistique) de l'époque. Situation qu'elle mettra à profit en faisant publier simultanément La Société du spectacle et le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations ; et en inspirant divers scandales qui marqueront de leur empreinte l'explosion de Mai 68.

  • En épigraphe aux Notes pour servir à l'histoire de l'I.S. de 1969 à 1971, parues en 1972 dans La Véritable Scission, Guy Debord plaçait deux citations ; l'une tirée de L'Idéologie allemande : «Les individus sont tels qu'ils manifestent leur vie. Ce qu'ils sont coïncide donc avec leur production, aussi bien par ce qu'ils produisent que par la manière dont ils le produi-sent» ; l'autre, des Mémoires du cardinal de Retz : «L'on a plus de peine, dans les partis, à vivre avec ceux qui en sont qu'à agir contre ceux qui y sont opposés.»
    C'est sur la base de telles réalités qu'un débat d'orientation, au sein même de l'I.S., fut engagé au début de 1970 pour provoquer une «véritable scission» dans l'I.S. Mais aussi, et à plus forte raison, «dans le vaste et informe mouvement de contestation» empreint d'idéologie et, par là même, sujet à toutes les récupérations ou manipulations possibles. L'Italie, en premier lieu, connaîtra dès cette époque bombes et autres formes éprouvées du terrorisme d'Etat.
    Ce volume 4 de la Correspondancede Guy Debord témoigne de tout cela et, de manière tout aussi exemplaire, de l'emploi «fait du temps» qui, de l'aveu même de l'auteur, «composait un ensemble qui ressemblait aux plus heureux désordres» de sa jeunesse.

  • Comme annoncé depuis le début de leur publication, ce dernier volume (augmenté d'un index des noms cités) - qui va de 1951 à la fondation de l'internationale situationniste en 1957 - précède chronologiquement les sept volumes déjà publiés de la Correspondance de Guy Debord. Ont été regroupés, en annexe, des rectificatifs, mais avant tout de nombreuses "lettres retrouvées" - le plus souvent d'ailleurs auprès de leurs propres destinataires ou ayants droit. Signalons que l'Etat français, qui s'est, depuis 2009, porté acquéreur de l'ensemble des "Archives Guy Debord", les a, de surcroît, classées au rang exceptionnel de Trésor national.

  • Une sélection méticuleuse, mais non exhaustive, de lettres échangées entre J.-F. Martos et le pape du situationnisme, Guy Debord. Où l'on apprend comment celui-ci utilisait et traitait ceux qui se revendiquaient de son amitié.

  • Le dossier « Détournement, imposture, falsification » de ce numéro 117 nous amène sur les pentes glissantes de l'art : quand il joue avec le faux. À l'image de la revue Adbusters dont Inter détourne le couvert, cette édition est riche d'éléments visuels, d'illustrations grand format et de montages graphiques. Sous la direction de Michaël La Chance, douze auteurs se sont commis sur ce thème : Brad Jersak rapproche les coups d'éclat des Pussy Riots et la scène de Jésus au Temple, Édith Brunette présente les Yes Men, qui transforment en farces les plus grands sommets politiques et économiques, Lina X. Aguirre fait un tour d'horizon de l'art piraté au Chili et Jonathan Lamy relate la suite et la fin de « l'affaire Dulac », entre autres. Hors dossier, une incursion dans le monde fascinant de Boris Nieslony et une rencontre avec Aapo Korkeaja.

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