• Édition enrichie de Jacques Body comportant une préface et un dossier sur le roman.

    Une nouvelle guerre, quand la précédente s'achève à peine, et qu'on a juré qu'elle serait la dernière ? Et que la prochaine s'annonce perdue d'avance ? Deux heures pour faire défiler le personnel de l'Iliade, plus près de la tragédie que de l'opérette. La tribu royale, assemblage de belle-mère, de belles-soeurs et de beau-père, est bouleversée par l'arrivée d'une bru un peu trop voyante : la belle Hélène remise en scène en femme fatale.

    La guerre de Troie n'aura pas lieu, créée par Louis Jouvet à la fin de l'année 1935, d'abord brûlante de l'actualité d'avant-guerre, s'est révélée intemporelle. La plus célèbre pièce de Jean Giraudoux a été traduite de pays en pays et reprise de guerre en guerre et de siècle en siècle. La guerre est-elle fatale ? Deux heures d'angoisse éclairées par l'humour, politesse du désespoir.

  • Dans la Grèce antique, Électre et Oreste tuaient leur mère Clytemnestre et son amant Égisthe pour venger leur père Agamemnon, roi d'Argos, que ce couple adultère avait assassiné.
    Ici, le roi est mort, croit-on, par accident. Électre va épouser un jardinier. Surviennent trois fillettes, les Euménides, qui grandissent à vue d'oeil, un mystérieux mendiant qui divague, et un étranger qui prend soudain la place du fiancé. Alors, seulement, Électre se met en chasse, cherche d'où vient la haine qui l'étouffe. Elle déterre des crimes oubliés, préférant la vérité à la paix : « À chaque époque surgissent des êtres purs qui ne veulent pas que [l]es grands crimes soient résorbés [...], quitte à user de moyens qui provoquent d'autres crimes et de nouveaux désastres. Électre est de ces êtres-là », disait d'elle Jean Giraudoux. Mise en scène par Louis Jouvet en 1937, sur fond de crise économique et politique en France, de guerre civile en Espagne et de montée des périls en Europe, cette « pièce policière » qui mêle l'humour au drame, inspirée tout autant par Euripide ou Sophocle que par Agatha Christie, est une grande tragédie politique moderne.

  • C'est le conte Undine (1811) du romantique allemand La Motte-Fouqué (1777-1843) qui inspira Ondine à Jean Giraudoux.
    Le thème de la nymphe des eaux qui cherche à s'incarner dans l'humain est typique du conte merveilleux, et se retrouve aussi dans le mythe celtique de Mélusine.
    Mais alors que, dans ces traditions, l'ondine souhaite gagner dans cette forme humaine un supplément d'âme ou assume une vieille malédiction, l'héroïne de Giraudoux y perd, par amour, ses attributs surnaturels.
    Le dramaturge a trouvé là une occasion de représenter les rapports impossibles de l'homme et de la femme, dans une féerie théâtrale où la fantaisie se mêle à la rigueur de la tragédie classique.
     

  • La ravissante Alcmène, reine de Thèbes, épouse d'Amphitryon, est l'objet du désir de Jupiter qui souhaite l'enfanter d'Hercule. Jupiter aime en Alcmène l'amour humain que celle-ci porte à son époux et son infaillible fidélité le trouble. Avec Mercure, il fomente une diversion pour tromper Alcmène en envoyant Amphitryon à la guerre et en prenant sa forme humaine, sachant qu'il s'agit du seul stratagème possible pour parvenir à ses fins.

  • La foll de Chaillot a été jouée pour la première fois le 19 décembre 1945, au Théâtre de l'Athénée, sous la direction de Louis Jouvet.

  • Créés en 1933 et 1939, Intermezzo et Ondine donnent à voir deux êtres défiant l'esprit rationnel pour mieux pénétrer les mystères de l'univers. Cependant, si Isabelle refuse de s'en tenir à la réalité ordinaire et cherche ce qu'il y a en elle de surnaturel, Ondine, elle, est prête à sacrifier ses pouvoirs magiques pour le plaisir de devenir une simple femme.
    Avec ces deux pièces, les plus féeriques de son répertoire, Giraudoux l'enchanteur offre à son complice, le metteur en scène Louis Jouvet, des textes poétiques et pleins de fantaisie, situés aux confins du merveilleux et du fantastique, du tragique et du comique, du romantisme et du baroque. Deux oeuvres hors du temps - du moins en apparence. Car la féerie n'est peut-être qu'un moyen détourné de faire écho aux angoisses de son époque.

  • Bella

    Jean Giraudoux

    L'amour de Bella Rebendart pour Philippe Dubardeau est contrarié par la vieille inimitié entre leurs familles, puissantes et politiquement opposées. Plus qu'une satire des moeurs de la Troisième République, l'on peut voir dans Bella une transposition moderne de la rivalité des Capulets et des Montaigus, interprétée avec une liberté pleine de fantaisie. Bella est une femme de notre temps, mais elle représente aussi, comme les autres héroïnes de Giraudoux, « celle par qui tout arrive ».

  • "Si le goût de la lecture s'attise, dans cette période qui amasse sur nous les périodes les plus critiques et les plus passionnées que notre pays ait eu à subir, ce n'est pas qu'il soit le goût de la distraction, de l'oubli, il est l'instinct national le plus pur. C'est la mission de ceux qui sont les citoyens élus de cette patrie de l'ouvrir largement aux autres et de leur donner ces yeux neufs par lesquels ils verront enfin, sans parler des découvertes, jusqu'à celles des oeuvres qui leur étaient les plus familières."Jean Giraudoux, extrait de la Préface, rédigée le 20 mars 1941, à Paris.

  • Adorable Clio, titre paradoxal et bien giralducien, rassemble six récits d'une des périodes où la muse de l'histoire a lâché les instincts les plus meurtriers de l'homme moderne, la guerre de 1914-1918.
    Le premier, « Nuit à Châteauroux », est célèbre pour les éloges qu'il valut au jeune Giraudoux de la part de Marcel Proust : « Il n'y a pas une ligne dans ce livre de Giraudoux où je n'aie à admirer. » C'est « sa » guerre de 14, choses vues d'un écrivain sensible qui se garde du style héroïque alors si à la mode. La vie telle que le conflit qui s'éternise la transforme, perdant toute logique. Le germaniste Giraudoux y pressent, y évoque déjà la nécessaire réconciliation avec l'Allemagne. Il achève son livre, peu après l'armistice, par un émouvant « Adieu à la guerre ». « Comment la guerre commença ? Nous dansions au sous-sol d'un casino : on annonça la guerre. [...] Comment la guerre se passa ? En réveils, en réveils incessants. [...] La guerre est finie. Voici que je ne m'endormirai plus sur l'épaule d'un bourrelier, sur le coeur d'un menuisier [...] Me voici seul. »

  • Publié en mars 1917, le livre se compose de trois récits, « Le retour d'Alsace, « Périple » et « Les cinq soirs et les cinq réveils de la Marne ». On y voit le sergent Giraudoux, attaché au colonel de son régiment comme secrétaire-interprète, car il parle allemand et peu comprennent les Alsaciens que l'armée française est allée protéger et qui parlent majoritairement en dialecte. Giraudoux, jeune intellectuel, y éprouve la grande fraternisation de l'été 14 : « Chers Durand, et vous chers Dupont... chers Français ! » Puis c'est le repli vers la Marne. Paris est menacée. On fait sauter les ponts derrière soi. Et c'est le récit d'autant plus hallucinant qu'il décrit sans emphrase « la surface ravagée de la guerre, avec [...] toutes ses dépouilles, képis, souliers, avec une paire de bretelles étendue comme à l'étalage, avec une main raide qui sort d'un silo. »

  • En avril 1769, avant que son équipage ne débarque sur l'île d'Otahiti, le capitaine Cook délègue Mr. Banks, naturaliste de son expédition, auprès du chef des insulaires, afin de prévenir tout excès sei:suel encouragé par l'accueillante population indigène. Un hilarant dialogue de sourds s'instaure entre le rigide émissaire anglais et le « notable » Outourou, partisan d'une joyeuse immoralité. L'entreprise de colonisation morale va tourner au fiasco.
    Le Giraudoux libertaire, le styliste du plaisir sauvage, triomphe dans cette comédie en drapant ses scènes de dialogues équivoques et mordants. C'est drôle, excitant, à chaque page.

  • Un Français, le Limousin Forestier, grièvement blessé dans les lignes allemandes durant la guerre de 14, est ramassé, amnésique, sans identité, par le major Schiff de Stralsund qui en fera un grand intellectuel allemand. Un ami français le reconnaît quelques années plus tard à Munich... Giraudoux nous parle de l'Allemagne de Goethe et de Weimar, de Nuremberg, de Dürer et de Louis II.

  • Pour conquérir Reginald, diplomate, homme politique, homme tout court, Nelly "gentille et frivole femme", s'invente un passé munificent, un présent romanesque. Confondue, l'acharnée de ses songes ne désespère pas et force le mensonge à devenir réalité, mais l'amour ne reviendra pas... {La Menteuse,} écrit en 1936, ne fut publié qu'en 1969.

  • La folle de Chaillot (1945-1995)Dossier du Cinquantenaire

  • "Le Jardinier. - Voici le plus beau lever de rideau qu'auront jamais les spectateurs : il se lève et eux voient l'archange des archanges.
    L'Archange. - Qu'ils en profitent vite. Ce ne sera pas long. Et le spectacle qui va suivre risque d'être affreux !
    Le Jardinier. - Je sais. Les prophètes l'annoncent. C'est la fin du monde.
    L'Archange. - C'est une des fins du monde ! La plus déplorable !" 

  • Sous ce titre un peu énigmatique, c'est un portrait moral en profondeur du " bonhomme " La Fontaine que nous présente Jean Giraudoux. Ces " cinq tentations " furent celle de la vie provinciale et bourgeoise du maître des Eaux et Forêts de Château-Thierry ; celle des femmes, comme la Champmeslé ou la Béjart (peut-être) et d'autres qu'il ne connut guère qu'à la manière de Boccace ; celle du monde qui l'amènera à vendre sa plume au tout-puissant Fouquet, louer sa personne à la duchesse de Bouillon et à se faufiler à l'Académie française ; celle de la littérature qui le conduit du conte libertin à des pièces de théâtre où il est le premier à s'ennuyer, pour aboutir sur le tard aux chefs-d'oeuvre que sont ses fables ; la tentation, enfin, du " scepticisme et de la religion " qui incline le jeune oratorien jeté dans le siècle à flirter avec le jansénisme puis avec le protestantisme, une façon comme une autre ne pas croire à grand-chose.Dans ce portrait ironique et sympathique, Jean Giraudoux, à la faveur d'anecdotes et d'analyses savoureuses du comportement de La Fontaine, nous donne de cet auteur - le plus célèbre peut-être de notre littérature - une image qui n'a rien d'académique. C'était un homme " ondoyant et divers ", distrait, malhabile à se conduire dans la vie mais habile à se contredire, grand amateur de sommeil et doté d'une insouciance qui frôlait l'inconscience.Sans le vouloir, ne serait-ce pas à une sorte de psychanalyse en demi-teinte que se livre, ici, Jean Giraudoux ?

  • Un grand roman de Jean Giraudoux, l'auteur de La guerre de Troie n'aura pas lieu, Ondine, Electre et.Les Gracques.

  • Giraudoux est, sans contredit, un poète dramatique. Il oscille entre Racine et Marivaux. Cependant, Pour Lucrèce semble plus près de Racine que de Marivaux. Pour Lucrèce est profondément une tragédie. Une tragédie commence là où l'instinct de conservation disparaît. C'est le cas des personnages de Pour Lucrèce. Par passion, ils atteignent un niveau d'ivresse où il ne reste plus qu'à se détruire soi-même.
    Ivresse, état de crise, grandeur romaine, fait divers sublimé, règlements de comptes, Cour de cassation, mise à mort, tout ce matériel de tragédie se manipule dans le " charme magique " de Provence, avec une constante pudeur, une acuité de sensation très particulière, et, au besoin, quelques gouttes d'humour délibéré.
    Jean-Louis Barrault
    " À la recherche de Pour Lucrèce "

  • Ecrits d'enfance et de jeunesse [1894-1910] avec seize inédits de Jean Giraudoux.

  • Paru en 1926, Simon le pathétique est le premier roman de Jean Giraudoux.

  • Un passionnant recueil de textes par Jean Giraudoux, l'auteur de La guerre de Troie n'aura pas lieu, Ondine et Electre.

  • Giraudoux aimait les jeunes femmes. Eglantine (1927) préfère les hommes mûrs. Entre l'aristocrate Fontranges qui, d'une transfusion, lui a donné son sang, et le financier Moïse qui veut la couvrir d'émeraudes et de rubis, son coeur balance, sa raison s'amuse. L'auteur sort seul vainqueur de ce marivaudage pervers, avec le plus rare des bijoux : sa phrase.

  • Ce volume, le trente-deuxième de la série des Cahiers Jean GIraudoux, est le deuxième volume des deux volumes consacrés aux "Lettres à Suzanne".

  • De 1928, date des premières représentations de Siegfried, à sa mort, en janvier 1944, Jean Giraudoux a écrit une quinzaine de pièces de théâtre qui font de lui, avec Claudel, l'auteur français le plus important de la première moitié du XXe siècle.
    S'il a continué à être joué et lu depuis la guerre, c'est qu'il a été le dernier écrivain à croire que le théâtre faisait partie intégrante de la littérature. Loin de tout réalisme, ce théâtre prolonge jusqu'à nous les prestiges du classicisme français, dont Giraudoux a retrouvé le style en le teintant d'ironie savante. La culture, chez lui, ne peut faire oublier son modernisme ni son appartenance à une époque qu'il a voulu placer entre les parenthèses de deux guerres.
    Grand créateur de personnages, vus souvent à travers les acteurs prestigieux de la troupe de Jouvet qui les ont interprétés en premier, Giraudoux se signale à nous non seulement pas la perfection de l'écriture, mais par une sensibilité qui lui fait retrouver, si abstrait et si raffiné soit-il, la réalité des passions. Son humour léger ne l'écarte pas non plus d'une morale du bonheur, où l'éternel féminin joue un rôle de premier plan.
    Qu'il utilise les grands thèmes classiques ou qu'il invente des situations et des personnages inédits, le théâtre de Giraudoux, plus grave qu'il ne paraît, veut nous réconcilier avec la vie.Guy Dumur

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