Fayard

  • Sun Yat-sen (1866-1925) a marqué de sa personnalité l'histoire de la Chine à l'époque où celle-ci s'engageait dans le long combat pour l'émancipation nationale et la modernisation.
    Cantonais, Sun Yat-sen appartient à la Chine côtière et cosmopolite. Il s'appuie sur les communautés émigrées outremer pour prendre la tête d'un parti républicain et nationaliste qui prépare la chute de l'empire. Après la révolution de 1911, il est l'éphémère président d'une république qui ne tarde pas à sombrer dans la dictature et le chaos. Replié à Canton, Sun Yat-sen se tourne alors vers la Russie soviétique dont il suit l'exemple pour réorganiser son parti, le Guomindang, et reformuler sa doctrine, le Triple Démisme. De nos jours, Taiwan et Pékin se disputent son héritage.
    Le culte qui entoure la mémoire de Sun Yat-sen ne saurait faire oublier les faiblesses du théoricien et les défaillances du dirigeant. Aux yeux des Occidentaux, le leader charismatique demeure un personnage énigmatique. La clé de l'énigme ne se trouverait-elle pas dans ce rôle de " passeur " culturel que Sun Yat-sen a assumé, avec toutes ses contraintes, et qu'il a su faire apparaître comme un destin historique?
    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure, agrégée et docteur d'Etat, Marie-Claire Bergère est professeur des universités à l'Institut national des langues et civilisations orientales et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.

  • L'Auteur :
    Professeur émérite à l'INALCO, Marie-Claire Bergère est une sinologue de réputation internationale. Auteur d'une biographie de Sun Yat-sen (Fayard, 1994), traduite en plusieurs langues, elle a codirigé La Chine au XXe siècle (2 vol. Fayard, 1989 et 1990). Elle a également participé au catalogue sur l'exposition consacrée à "la concession française de Shangaï", prévue à la fondation Albert-Kahn (mars 2002).

    L'histoire d'une ville pilote qui a joué un rôle essentiel dans la modernisation de la Chine. Economiquement, politiquement, culturellement, elle a souvent été à l'avant-garde, ce qui lui a valu d'être appelée la New York chinoise .

  • Les réformes économiques menées en Chine à partir de 1980 ont changé le destin de ce pays longtemps soumis à la dictature de Mao Zedong. Au tournant du nouveau siècle, la Chine, apparemment convertie au capitalisme, semble marcher vers la démocratie. La crise de 2008 a cependant mis en lumière le rôle croissant du secteur public qu'on croyait condamné, et les obstacles rencontrés par un capitalisme qu'on croyait prêt à triompher. Quelle est donc la véritable nature de ce système économique et politique ? Pour répondre à cette question, Marie-Claire Bergère examine la nature des réformes lancées depuis 1980, et conduites de façon autoritaire par un régime demeuré communiste dont l'objectif n'est pas de créer un système capitaliste, mais d'utiliser au mieux les ressources du marché pour développer la richesse de la Chine, renforcer sa puissance et préserver le monopole politique du parti. La stratégie mise en oeuvre repose sur le rôle primordial accordé à un secteur public rénové et à ses entrepreneurs bureaucrates et sur le dynamisme soigneusement circonscrit du secteur privé et de ses capitalistes. La clé de voûte de ce système demeure le parti unique qui tire sa légitimité non plus de l'idéologie, mais de la croissance. Les succès remportés par ce nouveau capitalisme d'État sont-ils durables et en font-ils un modèle transposable ? Un tel modèle serait-il capable d'assurer la diffusion et l'universalisation des valeurs « confucéennes » dont se réclame désormais le pouvoir communiste ? Bien des scénarios sont imaginables dont trois sont ici examinés : panne de croissance catastrophique, improbable révolution sociale et maintien d'un statu quo flexible.

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