Sciences humaines & sociales

  • Le mur des cons

    Philippe Bilger

    Ce fut ce qu'on a appelé le « mur de la honte ». On dénonce, on ricane, on bafoue les droits de de ceux dont on ne partage pas les idées réelles ou supposées. Et ces juges se « vengent ». Le temps est venu de révéler les rapports malsains qui règnent aujourd'hui au sein de la magistrature, dans les arrière-cours des palais, mais aussi dans les relations entre juges, politiques, médias, opinion publique. J'ai connu à titre personnel les premières marques de cette volonté politique de « caporaliser » la justice. Le pouvoir et les juges portent une part de responsabilité de cette dérive. Cette politisation de certains magistrats a ouvert une faille, un espace dans lequel le monde politique s'est engouffré pour délégitimer l'oeuvre de la justice. Le préjudice est irréparable. Il est urgent de nommer les dérives pour y mettre fin. Il y va de notre avenir et de la démocratie.

  • Qui est Emmanuel Macron ? Les Français le savent-ils ? Le sait-il lui-même ? Il fallait Philippe Bilger pour oser, en toute liberté, ce monologue imaginaire où le nouveau président questionne et médite sa propre destinée. Passé, présent, avenir, conquête

  • Mon seul recours, mon seul secours. Maîtrisant médiocrement les arts sociaux, voire inapte à la plupart, j'ai toujours perçu la parole comme l'unique alliée dont je pouvais disposer. De sorte qu'une fois compris ces manques et cette chance, je n'ai pas ce

  • Philippe Bilger s'attache ici à montrer comment Nicolas Sarkozy a détruit consciencieusement les fondements honorables de la droite, de sorte que, pour la reconstruire, un travail de Titan républicain va être nécessaire, à supposer qu'il puisse être accompli.
    Pour se convaincre de ce désastre, il suffit de constater l'impasse dans laquelle les leaders de la droite et du centre se trouvent aujourd'hui, incapables à la fois de susciter l'espoir chez leurs concitoyens et de leur proposer une alternative qui leur donne envie de se détourner du socialisme qui a gagné de justesse en 2012. Non pas parce qu'il aurait été convaincant, mais à cause de la détestation suscitée par Nicolas Sarkozy. Le pouvoir socialiste, lui-même coincé entre un jusqu'auboutisme facile et des écologistes peu solidaires et irresponsables, s'oriente vers une lucidité politique qui le rapproche du réalisme de droite en lui faisant perdre l'aura de la métamorphose sociale.
    Devant ce gâchis démocratique, le citoyen est perdu. Il se méfie de la politique et des politiciens non par simple anarchisme, mais désillusion, qui donne toute sa place aux extrêmes et rend la France semblable à un grand corps malade.

  • Durant sa vie professionnelle, notamment à la cour d'assises de Paris, Philippe Bilger a affronté et aussi tenté de comprendre les criminels. Face à la montée d'une délinquance de plus en plus juvénile, il ne supporte plus la mansuétude perverse de la gauche, les explications sociologiques hypocrites, la culpabilisation des élites. Non, estime-t-il, ce n'est pas la prison qui crée le crime, c'est le criminel ! La justice selon Mme Taubira, obsédée par la surpopulation carcérale et qui ne pense qu'à vider les prisons, oublie juste un détail : les victimes !Peines de substitution, probation : du vent, de la démagogie, de l'idéologie. L'actuelle Garde des Sceaux pratique la politique du verbe. Elle incarne toutes les tares d'une gauche morale qui fait fi des réalités.Cet essai dresse un tableau sans concession de notre justice... qui n'est d'ailleurs pas l'apanage de la seule gauche et qu'une certaine droite a parfois essayé de copier.

  • Après quarante années passées dans la magistrature - dont vingt à la cour d'assises de Paris comme avocat général -, Philippe Bilger raccroche la robe rouge : il a quitté une institution qu'il a aimée, servie, mais qui l'a aussi déçu. Il avait soutenu avec enthousiasme le candidat de 2007 qui, une fois devenu président de la République, a noué avec la Justice et l'État de droit une relation médiocre et favorisé esprit de cour, préférences ostensibles, l'expression d'une démocratie au quotidien très imparfaite. 
    Philippe Bilger est un homme à la parole libre et il le revendique. Le magistrat aussi bien que le citoyen ont été choqués, voire indignés, par une politisation affichée de la Justice, des errements et des scandales ayant pris, sous cette République prétendue irréprochable, une ampleur inégalée. 
    Désormais libéré de son obligation de réserve, l'ex-magistrat décrit sans complaisance et dénonce les petitesses, les faiblesses d'une institution, révèle aussi ses grandeurs et regarde avec cruauté et lucidité un univers qui n'est plus le sien.Philippe Bilger est aujourd'hui magistrat honoraire, conseiller spécial au cabinet D'Alverny, Demont et Associés et président de l'Institut de la parole.François Sionneau est rédacteur en chef au Nouvel Observateur.

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