• À l'été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit, d'histoire médiévale puis de droit, à bord de sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus longs en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie,
    via l'Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l'Iran, Kaboul puis la frontière avec l'Inde. Il est accompagné de son ami Thierry Vernet, qui documentera l'expédition en dessins et croquis.
    Ces six mois de voyage à travers les Balkans, l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan donneront naissance à l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature dite " de voyage ",
    L'Usage du monde, qui ne sera publié que dix ans plus tard - et à compte d'auteur la première fois - avant de devenir un classique.
    Par son écriture serrée, économe de ses effets et ne jouant pas à la " littérature ", Nicolas Bouvier a réussi à atteindre ce à quoi peu sont parvenus : un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l'émerveillement, en même temps qu'une réflexion éthique et morale sur une manière d'être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.

  • Amazonia

    Patrick Deville

    Avec Amazonia, Patrick Deville propose un somptueux carnaval littéraire dont le principe est une remontée de l'Amazone et la traversée du sous-continent latino-américain, partant de Belém sur l'Atlantique pour aboutir à Santa Elena sur le Pacifique, en ayant franchi la cordillère des Andes. On découvre Santarém, le rio Negro, Manaus, Iquitos, Guayaquil, on finit même aux Galápagos, plausible havre de paix dans un monde devenu à nouveau fou, et qui pousse les feux de son extinction.
    Le roman remonte jusqu'aux premières intrusions européennes, dans la quête d'or et de richesses, selon une géographie encore vierge, pleine de légendes et de surprises. Plus tard, les explorateurs établiront des cartes, mettront un peu d'ordre dans le labyrinthe de fleuves et affluents. Des industriels viendront exploiter le caoutchouc, faisant fortune et faillite, le monde va vite. Dans ce paysage luxuriant qui porte à la démesure, certains se forgent un destin : Aguirre, Fitzgerald devenu Fitzcarrald, Darwin, Humboldt, Bolívar.
    Ce voyage entrepris par un père avec son fils de vingt-neuf ans dans l'histoire et le territoire de l'Amazonie est aussi l'occasion d'éprouver le dérèglement du climat et ses conséquences catastrophiques.

  • La longue route

    Bernard Moitessier

    • Arthaud
    • 24 Juillet 2018

    Bernard Moitessier a acquis une renommée internationale après son tour du monde et demi en solitaire, en 1968-1969, à la suite duquel il publie La Longue Route, sans doute son livre le plus emblématique, qui fut traduit dans plusieurs langues. Un chant, un poème à la mer, où l'homme, son bateau et les éléments se pénètrent et vibrent à l'unisson.
    Parti le 22 août 1968 de Plymouth pour participer au tour du monde en solitaire et sans escale organisé par le Sunday Times, Bernard Moitessier, après avoir « bouclé la boucle » en vainqueur, ne s'arrête pas et décide de poursuivre sa route. Ce marin hors norme a voulu aller jusqu'au bout de la résistance humaine et de celle de son bateau, sur une mer tour à tour câline ou rugissante comme un fauve. C'est, à l'époque, le plus long voyage en solitaire, 37 455 milles sans toucher terre, dix mois seul entre mer et ciel, avec les dauphins, les poissons volants, les oiseaux et les étoiles.

  • Tous ceux qui se sont intéressés, de près ou de loin, à la vie mystérieuse de l'ours sont finalement tombés d'accord sur les possibilités de l'observer. Ils sont légion celles et ceux qui, par crainte ou par passion, l'ont traqué des vies entières sans jamais le voir. Au risque d'attendre sans succès aux heures crépusculaires, Rémi Huot se doit tout de même d'essayer. Désireux de rencontrer la bête à l'état à sauvage, il part à l'est de l'Europe, marcher à rebours des grands chemins et des lieux communs, dans un pays perdu. Se mettre à la recherche de l'ours, c'est d'abord vivre un morceau de solitude dans les bois et se plier à l'exigence de la marche. C'est prendre les heures d'attente comme autant de chances de ne faire plus qu'un avec l'espace naturel et se dire que la quête se vaut bien à elle seule.

    Après des études universitaires en biologie, Rémi Huot délaisse la profession d'ornithologue pour se consacrer à l'écriture. Elle l'engage sur un chemin plus solitaire, celui des longues marches où la pensée finit par se frotter au monde sauvage. À l'affût des beautés de la nature, il a quitté son Val d'Oise natal pour les Pyrénées-Orientales.

  • Vivre

    Elisabeth Revol

    Vaincre, au plein coeur de l'hiver et sans oxygène, le Nanga Parbat, cette montagne tueuse, immense pyramide de gneiss cuirassée de glace qui culmine au Pakistan à 8 125 mètres, c'est l'exploit qu'ont réalisé le 25 janvier 2018 Élisabeth Revol et son compagnon de cordée Tomasz Mackiewicz.
    Mais l'euphorie de la victoire sera de courte durée. À peine au sommet, l'aventure vire au cauchemar : Tomek est frappé de cécité.
    Comment dès lors espérer survivre, réchapper de cette « zone de la mort », où l'oxygène se fait si rare que l'on peine à mettre un pied devant l'autre, où le froid et le vent sont si extrêmes que le gel menace à tout instant ?
    Dans ce récit captivant, Élisabeth Revol met ses propres mots sur cette tragédie et l'extraordinaire opération de sauvetage dont le monde entier s'est fait l'écho. Elle affronte ses souvenirs, sa terreur, sa douleur immense, le déchirement d'avoir survécu, seule, en un hommage poignant à son ami Tomek.

  • Un tour du monde animalier sur les traces de Pierre Loti, qui fut l'ami des animaux, leur frère, leur défenseur. Des textes rares où se mêlent la pitié, la colère, l'humour et qui donnent à lire un aspect méconnu et attachant de son oeuvre.

  • Cap Horn à la voile

    Bernard Moitessier

    • Arthaud
    • 26 Juillet 2018

    14 216 milles en 126 jours, en 1966, il s'agit de la plus longue traversée sans escale jamais effectuée par un yacht. Ce fameux yacht n'est pourtant qu'un petit bateau de 13 tonnes, sans moteur, baptisé Joshua en l'honneur du grand marin Joshua Slocum. Du Pacifique à l'Atlantique, la route la plus rapide est celle qui passe par le cap Horn et qui oblige à affronter les eaux puissantes et les tempêtes des hautes latitudes. Bernard Moitessier et sa femme, tous deux jeunes mariés, mèneront Joshua à bon port après avoir réalisé un tour du monde express les menant de la France jusqu'à la Polynésie avec un retour via les côtes acérées de la Terre de Feu.

  • À l'été 2019, alors qu'elle parcourait seule, en Turquie, le trek du Chemin des Soufis, Linda Bortoletto faillit mourir dans les montagnes d'Anatolie centrale, victime d'une agression sexuelle dont elle réchappa par miracle et qui la laissa dévastée. Quelques mois plus tard, elle décidait de se lancer dans un périple de résilience et de purification en affrontant l'un des treks les plus difficiles de la planète, le Greater Patagonian Trail, qui, depuis Santiago du Chili, traverse les Andes sur trois mille kilomètres non balisés, absolument sauvages, dangereux, où règnent les quatre éléments (volcans en activité, torrents déchaînés, apocalyptiques tempêtes, végétation parfois infranchissable). Ce défi la conduira au bout du monde, là où renouer avec la vie.
    Exploratrice, conférencière, écrivain, Linda Bortoletto sillonne en solitaire, depuis dix ans, des contrées sauvages et spirituelles (Sibérie, Alaska, Himalaya, Israël) avec un objectif : éveiller les consciences. Elle est l'autrice de Là où je continuerai d'être (Le Passeur) et du Chemin des anges (Payot).

  • Le Shvil, ou Israel National Trail, a été créé en 1995. C'est un chemin de randonnée long de mille kilomètres qui traverse Israël tout en serpentant, ondulant et se tortillant. Peu de gens le connaissent et encore moins savent qu'on l'appelle aussi "le chemin des anges". Linda Bortoletto l'a parcouru seule pendant plus de deux mois. Les "anges" ? Ce sont des habitants qui accueillent et hébergent gratuitement les marcheurs. Depuis la frontière avec le Liban, au nord, jusqu'à la mer Rouge, au sud, elle qui n'est pas juive, qui n'était jamais venue en Israël, elle dont la mère est musulmane, va pas après pas, rencontre après rencontre, appréhender Israël par la nature, l'intensité et l'énergie de cette terre, mais aussi chercher la raison de sa présence là-bas, tenter de réconcilier en elle-même la guerrière, la femme et la mystique.

  • À l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'auteur de Madame Bovary, Thierry Dussard nous livre un récit original sur un voyage en Bretagne méconnu du jeune " Gust ".
    Avec ses 25 ans pour tout bagage, et son ami Maxime Du Camp comme compagnon de voyage, le jeune Normand Gustave Flaubert fait, en 1847, le tour de la Bretagne à pied. Les deux compères parcourent une région fière et sauvage, encore ignorée par le chemin de fer et l'école. Ils s'aventurent à travers champs, s'embarquent pour Belle-Île, découvrent le bagne à Brest, la manufacture de tabacs à Morlaix, et la tombe de Chateaubriand à Saint-Malo. De ce périple, ils tireront un livre méconnu,
    Par les champs et par les grèves, où l'on sent déjà toute l'ironie et les fulgurances du futur écrivain. Du brut de Flaubert, qui pétille tel un cidre breton - ou normand, on ne sait de quel tonneau.
    Parti sur les pas de Flaubert, Thierry Dussard confronte la Bretagne d'hier à celle d'aujourd'hui, évoque ses lectures et ses voyages, en prenant " Gust " par le col au passage, pour faire sortir de sa tanière l'ours qui avait voué sa vie entière à l'écriture. Son récit est un élixir de littérature buissonnière.

  • Dans une odyssée cycliste à travers une Europe à la dérive, le long du Danube et de ses paysages époustouflants, Emmanuel Ruben compose un portrait fort et sensible de la mosaïque européenne. À l'été 2016, Emmanuel Ruben entreprend avec un ami une traversée de l'Europe à vélo. En quarante-huit jours, ils remonteront le cours du Danube depuis les rives de la mer Noire jusqu'à sa source de la Forêt-Noire. D'Odessa à Strasbourg, ils parcourront 23 degrés de longitude, 6 degrés de latitude et 4 000 km. Ce livre-fleuve est inspiré de cette épopée à travers les marécages du delta du Danube et les steppes eurasiatiques d'Ukraine, les vestiges de la Roumanie de Ceausescu, le rougeoiement des plages bulgares au crépuscule, les défilés des Portes de Fer en Serbie, les frontières hongroises hérissées de barbelés... En choisissant de suivre le fleuve à contre-courant, c'est l'histoire complexe d'une Europe qui se referme que les deux amis traversent. Mais, dans les entrelacs des civilisations déchues et des peuples des confins, affleurent les portraits poignants des hommes et des femmes croisés en route, le tableau vivant d'une Europe périphérique et contemporaine. Dans ce récit d'arpentage, Emmanuel Ruben poursuit en cycliste, en écrivain, en géographe, en homme tout simplement, sa « suite européenne » initiée avec La Ligne des glaces et explore la géographie du Vieux Continent pour mieux révéler toutes les fictions qui nous constituent.

  • Vous montez un col, traversez une forêt, longez une rivière. Au fond de la vallée, les restes d'un village, des blocs de pierre brisés, presque rien : ci-gît Chaudun, village maudit qui fut vendu en 1895 par ses habitants à l'administration des Eaux et Forêts. Trop d'hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir. Au fil des ans, la plupart des bois ont disparu, ravagés par des coupes excessives. La vallée est exsangue, les pâturages inexploitables. Comme un torrent en crue, le récit de Luc Bronner charrie et recompose toutes les traces du passage des hommes et des femmes dans leur intimité et jusqu'à leur fuite inéluctable.

    Évocation poétique, érudite et charnelle des paysages alpins, de leur beauté et de leur cruauté, ce livre est le récit minutieux d'un désastre écologique et humain et, in fine, d'une résurrection : aujourd'hui, Chaudun est le coeur d'un espace ensauvagé, l'une des plus somptueuses vallées d'Europe où l'animal a remplacé l'homme. La quête s'achève sur un éblouissement : « Il faudrait raconter la jouissance des botanistes dans ces lieux abandonnés par l'homme depuis plus d'un siècle. Cette étrange sensation de vertige face à la beauté infinie. Je me berce de cette opulence, de cette orgie du végétal qui déborde de toutes parts, à toutes les heures du jour et de la nuit. »

  • Dans ce captivant recueil de récits qui est aussi un livre de vie, Russell Banks, explorateur impénitent, invite son lecteur à l'accompagner dans ses plus mémorables voyages - des Caraïbes à l'Himalaya en passant par l'Écosse. Entretien avec Fidel Castro à Cuba, folles virées en voiture à l'époque hippie, expériences diversement radicales, relations entretenues avec ses quatre épouses successives, autant d'étapes formatrices aux allures de quête de soi qui ouvrent chez le lecteur un chemin vers le coeur et l'âme d'un romancier aussi fameux que respecté.

  • « Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance. »

    De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en compagnie des moutons : aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées, serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, de la plaine de Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, où la quête de la mémoire d'une transhumance millénaire accompagne la mémoire intime du marcheur, résonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes.

  • Après le tour du monde, la biker de choc de Et j'ai suivi le vent s'attaque à la France et livre une petite philosophie de la moto, de la nature et de l'amitié. Le jour de ses 60 ans, cela fait déjà dix ans qu'Anne-France Dautheville n'est pas remontée sur une moto. Cédant de nouveau à l'appel de la route, elle achète une BMW800 d'occasion et part faire un tour de France de l'amitié et de la bonne humeur pour fêter son anniversaire avec les gens qu'elle aime. Alternant récit de son road trip français, souvenirs et conseils de motarde, son texte brosse le portrait d'une mémé flingueuse qui a décidé que malgré l'âge son corps serait "moelleux", toujours nature, habitée par le seul plaisir de vivre, d'une liberté et d'une ouverture sur le monde qui remettent à leur place nos "horizons" actuels, si étriqués.
    Une récit de voyage qui est aussi une méditation tonique sur la vie et une exaltation des sensations à moto.

  • Vouloir toucher les étoiles

    Mike Horn

    • Xo
    • 1 Octobre 2015

    " On ne grimpe qu'une fois la montagne de la vie. Il faut savoir faire un pas de côté, vivre ses rêves, ne pas se laisser emprisonner. L'homme ne doit jamais se sentir plus grand que la vie. Chaque jour, je le répète à mes filles : en gardant les pieds sur terre, on peut toucher les étoiles. "
    Mike horn est un aventurier de l'extrême connu dans le monde entier pour repousser les limites du possible. il a descendu l'Amazone, suivi la ligne d'équateur sur 40 000 kilomètres, bouclé le tour du Pôle Nord durant la longue nuit polaire.
    Il a marché sur la glace, parcouru le désert, descendu des rapides, frayé son chemin dans la jungle.
    Jusqu'à ce pari fou : gravir, avec trois amis montagnards, quatre 8 000 mètres à la suite dans l'Himalaya. Sans oxygène, sans cordes, en " style alpin " le plus pur, à la seule force de la volonté...
    Pour la première fois aussi, ce conquérant de l'impossible se dévoile. Il nous parle de ses motivations profondes, de ses inspirations : son père qui, à l'âge de huit ans, lui a appris à " regarder au-delà du mur " ; Cathy, sa femme, sa Croix du Sud, récemment emportée par la maladie et dont l'esprit accompagne chacun de ses pas.

  • En quelques lignes, une nouvelle, une lettre, un article, Henry de Monfreid a le don de nous faire entrer dans la liberté et la poésie de la vie. Mais cet écrivain aventurier, comme on l'appelle souvent, nous a laissé bien plus que cela. Dans ses archives, il avait caché un trésor, puzzle de son «  testament spirituel  », aujourd'hui reconstitué. A travers une interview, un questionnaire (de Proust), ou de multiples textes inédits - articles parus il y a très longtemps dans des revues oubliées, lettres à sa femme Armgart Freudenfeld -, il nous parle de lui et de la vie vraie. Celle qui ne s'encombre pas des conventions. Il nous donne envie de vivre libre, y compris jusqu'à Dieu. Il nous invite à connaître ce que sont des amis. Parmi les siens: Joseph Kessel, Pierre Teilhard de Chardin ou l'abbé Breuil, le «  pape de la Préhistoire  ». Il les raconte même dans leurs dos, avec leurs qualités et leurs défauts. Parole sans frein, il nous fait entrer dans son intimité, à l'aide de séquences de vie sans collier, pour mieux ensuite nous emporter au coeur de sa contrebande. Et là, on vit avec lui (et sa cargaison de haschich), quelques moments puissants, dangereux, voire périlleux... On ne rigole pas avec les trafiquants. Mais Henry de Monfreid est tout autant poète. Et dans la plus pure tradition des conteurs du soir, en une demi-douzaine de nouvelles, il nous emmène en mer Rouge, vivre ce qu'il avait toujours eu envie de contempler.

  • PRIX MEDICIS ETRANGER 2020

    Muni d'un carnet, d'une paire de ciseaux et de son smartphone, Antonio Muñoz Molina marche dans Paris, New York, Madrid, Lisbonne. Au fil de ses pérégrinations, des silhouettes surgissent tandis que d'autres s'esquivent et, soudain, au détour d'une ruelle, apparaissent Baudelaire, Edgar Allan Poe ou Fernando Pessoa.
    Les pages s'écoulent au rythme de la vie, tel un immense collage de tout ce que le promeneur voit et entend : affiches, prospectus, bruits omniprésents des conversations, vacarme de la rue. Animé par la tentation de tout écrire - ce qu'il a vécu, écouté, rêvé, souffert, aimé ou lu -, Antonio Muñoz Molina laisse courir la mine de son crayon et, sublimant les rebuts de notre civilisation avide et destructrice, compose « le grand poème de ce siècle ».
    D'une voix profondément ancrée dans le moment présent, cet éloge érudit de la flânerie nous invite à regarder et à écouter d'une autre façon, et à célébrer la variété du monde.
    Traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon

    À propos de l'oeuvre d'Antonio Muñoz Molina :
    « Un équilibriste au sommet de son art. » Le Journal du Dimanche
    « L'auteur démontre avec justesse le pouvoir de la littérature, de l'imaginaire, seul instrument valable pour reconstruire une vie. » Le Nouveau Magazine littéraire
    « Antonio Muñoz Molina subjugue en écrivant comme les musiciens peuvent improviser : à coups d'envolées lyriques et d'embardées inattendues, mais avec une précision à couper le souffle. » Le Point

  • Un auteur d'altitude descend vers l'île-montagne, la Corse, sa passion secrète, et suit la ligne rouge et blanche tracée sur son épine dorsale qui dessine le plus beau sentier d'Europe : le GR20 de la mer à la mer.
    Une île, une montagne : double promesse. Trente ans après avoir traversé la Corse hors saison par son sentier vedette, Gilles Modica en reprend les étapes sous un soleil de sirocco. Une aventure sportive de 180 kilomètres entre deux mers. Une itinérance pour retrouver l'énergie du granit et des vents, le bonheur des sources, les bergeries oubliées ou les sangliers dans les jungles d'aulnes.
    Passionné d'histoire et des cimes insulaires, l'auteur remonte le temps et les paradoxes du plus beau sentier d'Europe. Au rythme des crêtes et des rencontres du GR20, son récit convoque l'hiver, les premiers explorateurs de sommets et les motifs de sa fascination.

  •  « J'étais arrivé à Sumatra sous un ciel couleur chiffon. La mousson. Dans les rues flottaient des odeurs d'épices, de pots d'échappement et de durian. L'Indonésie est un archipel à la nature rebelle, violente et déjantée. À l'histoire sanglante teintée d'opprobre. Un pays-continent chaleureux et disparate qui danse sur un volcan et tremble souvent de toute sa terre. Depuis son occident, je comptais voyager vers l'orient de l'archipel, aller d'îles en îles, passer de Java à Bornéo, gagner l'île Célèbes, jeter l'ancre dans les eaux des Moluques lointaines et terminer ma course en mer de Timor. J'avais été séduit par l'intranquillité de l'Indonésie, le caractère sidérant de ce monde en perpétuel déséquilibre. Au fil de ma dérive, je m'apercevais à quel point ces îles résonnaient sur le tambour de ma mélancolie. » Cultivant sans vergogne une « nostalgie anticipatrice » pour les êtres et les choses menacés d'extinction, fasciné par ce pays sur la tangente qui hésite entre deux époques, l'auteur nous entraîne dans un voyage débridé au travers de l'Indonésie. Une errance qui se déploie sur des terres de fantaisie, de poésie et de cruauté. Dans les quartiers coloniaux abandonnés de Medan, à Sumatra, il rencontre des mafieux d'extrême-droite, à Djakarta, il fraie avec des voyous des bidonvilles, au coeur de Java, il met ses pas dans ceux de Rimbaud, à Bornéo, il erre chez d'anciens coupeurs de tête, dans les lointaines Moluques, il est convié dans le palais du sultan d'un monde en perdition, ailleurs, après un voyage mouvementé sur un cargo rouillé, il traque des voleurs de petites culottes sur une île au-dessous du volcan. Dans ce vaste continent qu'il a choisi pour y dérouler les complaintes de son incorrigible penchant pour « le temps jadis », il poursuit des ombres. Les siennes mais aussi celles de l'archipel, ces « âmes » en cours d'engloutissement dans le grand entonnoir de la globalisation.

  • Baleo ! Baleo ! Baleo !

    La vie des Lamalériens est régie par cet appel se propageant, tel un écho, des rivages jusqu'au coeur des montagnes. Il prévient les chasseurs qu'une baleine est proche. La chasse est ouverte...
    Sur une petite île volcanique, perdue au milieu de la mer de Savu, vit une tribu de chasseurs-cueilleurs qui, depuis plus d'un demi-millénaire, suit les préceptes des Ancêtres. À bord de leurs bateaux en bois et armés de leurs harpons en bambou, les Lamalériens chassent la baleine pour survivre. Mais leur mode de vie est menacé d'être broyé dans l'étau de la modernité se resserrant un peu plus chaque jour sur eux.

    L'écrivain Doug Bock Clark a vécu trois riches années aux côtés de ce peuple autochtone pour livrer au lecteur cet édifiant récit de voyage au coeur d'une culture en voie de disparition. Au fil des pages on y rencontre Jon, un orphelin apprenti chasseur, qui peine à subvenir aux besoins de ses grands-parents malades, pendant que sa petite soeur, Ika, cherche à tout prix à se construire une vie libérée du poids des traditions. Frans, un shaman vieillissant, qui souhaite unir la tribu afin d'annuler un sort mortel. Ou encore Ignatius, un harponneur légendaire, qui tente d'inculquer les préceptes des Ancêtres à son fils, Ben, qui, lui, préférerait fuir à Bali pour poursuivre ses rêves et trouver ce qu'il croit être la liberté.

  • - 58%

    Pour Philibert Humm, l'aventure est au coin de la rue. Ça tombe bien, il n'avait pas l'intention d'aller plus loin. En Tintin écrivain et fantaisiste, il aime explorer et découvrir les lieux qui l'entourent. Muni d'une pancarte « N'importe où », il réinvente l'art de l'autostop et se laisse porter, au gré des voitures et des rencontres. Ainsi il nous offre, de la France et de ses habitants, des portraits tendres et poétiques.Dans une parenthèse de liberté qu'il s'empresse de saisir entre deux confinements, il prolonge ses tribulations en van Volkswagen, avec la certitude qu'il peut faire le tour du monde sans quitter la France. Montargis n'est autre que la Venise du Gâtinais, Coutances la Tolède du Cotentin, Chicago un quartier de Toulon, tandis que Rustrel est le Colorado du Luberon.C'est à ces voyages, d'une ville l'autre, que nous invite Philibert Humm, en doux flâneur.
    Journaliste de Paris Match et du Figaro, Philibert Humm a coécrit, avec Pierre Adrian, Le Tour de France de deux enfants d'aujourd'hui (Les Équateurs, 2018) qui a rencontré un très beau succès. Avec Les Tribulations d'un Français en France, il s'essaye à la course en solitaire.

  • Ce devait être son dernier voyage ; ce sera le plus beau. Près de 25 000 kilomètres : c'est le tour complet de l'Australie qu'Anne-France Dautheville fit en 1975, à 30 ans, sur une BMW 750. Ce fut un tournant dans sa vie. Trois ans plus tôt, l'Afghanistan (Et j'ai suivi le vent) avait été la terre bouleversante des rencontres humaines ; l'Australie sera le voyage de l'émerveillement face à l'immensité d'un « monde-racines », un monde d'avant les êtres humains.

  • "Au fond, je sais que je n'ai pas d'autre choix que de repousser au maximum les frontières de ce que je sais faire pour avoir la possibilité d'éprouver un plaisir essentiel et puissant."

    Rien n'arrête Kilian Jornet. Sans cesse en quête de nouveaux défis, la légende de l'ultra-trail est née pour affronter les sommets. L'impossible, il l'a déjà atteint, lors de sa double ascension de l'Everest. Cette vie passée à repousser les frontières de l'extrême repose sur une discipline rigoureuse, des entraînements réguliers et pénibles et une maîtrise technique irréprochable : toute victoire a un prix.
    Dans ce récit poignant et profondément honnête, Kilian Jornet se confie. Il raconte son enfance, ses choix, ses peurs, ses aventures hors norme, ses trophées et ses erreurs. Avec humilité, il témoigne de sa carrière prodigieuse. Avec enthousiasme, il nous conduit avec lui, là-haut, goûter l'air des cimes et partager ce qui seul compte : l'amour puissant de la montagne.

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