Drame

  • Trois sorcières ont prédit à Macbeth qu'il deviendrait roi d'Écosse. Pour que son destin se réalise, il assassine le souverain en place ; mais parce qu'il a tué, il devra tuer encore et les morts ne le laisseront pas en paix. Sa femme, lady Macbeth, qui a armé son bras, paiera de sa raison son ambition monstrueuse. Récit tragique de la soif du pouvoir et de la folie des hommes, Macbeth, créée pour la première fois en 1606, est « la vision la plus mûre et la plus profonde du Mal chez Shakespeare ». « La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien. » Traduction de François-Victor Hugo

  • Chatterton

    Alfred de Vigny

    Selon Alfred de Vigny, Chatterton aurait été composé en dix-sept nuits, sous le signe du silence et de l'ascèse, dans les affres d'une création vouée à un dessein élevé : mettre en scène un poète maudit afin que le public s'émeuve du sort des artistes pauvres. Pour y parvenir, Vigny s'inspire de la brève existence du poète Thomas Chatterton, qui s'est donné la mort à la veille de ses dix-huit ans, après avoir souffert de l'humiliation et de la faim. À partir de l'exemple d'un seul, le dramaturge entend toucher le coeur de tous.
    Certains ont lu dans Chatterton une apologie du suicide, d'autres une pièce étrange car sans action. Ce « drame de la pensée » a toutefois remporté un triomphe à sa création, en 1835, et nombreux furent ceux qui se reconnurent en Chatterton.

    Dossier :
    1. Création et réception
    2. Chatterton et les poètes maudits
    3. L'anglomanie littéraire au XIXe siècle.

  • Une ambiance de fête règne à la cour de François Ier. Le roi s'encanaille : il boit et rit des railleries de son bouffon Triboulet, qui l'incite à la débauche. Tous ignorent que l'amuseur bossu a une fille, Blanche, un joyau qu'il chérit et tient précieusement éloigné des frasques des courtisans.
    Mais la vigilance d'un père ne saurait empêcher une malédiction de se réaliser et le roi de convoiter la belle Blanche...
    Jalousies, complots et vengeances composent ce drame écrit en 1832, au coeur de la bataille romantique.

    L'édition :
    o Parcours de lecture
    o Groupement de textes : les résonances dramatiques de la pièce (Dom Juan, Phèdre, Lucrèce Borgia)
    o Du texte à la représentation : mise en scène de Jean-Luc Boutté à la Comédie-Française, 1991
    o La réception de la pièce (EMI)

  • Étranges prisonniers réunis par Genet dans la cellule d'un quartier de haute sécurité ! Loin de souhaiter échapper à leur condition, ils constituent à eux trois un petit monde clos dont ils exagèrent l'enfermement. Yeux-Verts, le seul assassin du groupe, est un pôle attractif pour les deux autres : ils n'aspirent qu'à l'honneur de l'imiter, sinon de le rejoindre dans le ciel héroïque du crime et de la mort pour lequel la prison se révèle le meilleur tremplin.
    Prison et enfermement métaphysiques donc. Yeux-Verts, le plus avancé sur la voie du détachement, fuit dans une sorte de rêve de gloire ; les deux autres s'entre-déchirent pour avoir les meilleures chances d'accéder à une existence vraie en captant à leur profit le reflet de celui qui appartient déjà à l'autre monde. Ce désir luciférien de néantisation salvatrice ne peut aboutir qu'à l'échec. Qui s'en étonnerait ?

  • L'otage

    Paul Claudel

    Dans ce drame, Claudel a peint l'effondrement de la société traditionnelle issue de la monarchie. Deux aristocrates, un homme et une femme, qui ont survécu aux massacres de la Terreur, tentent, au péril de leur vie, de leur amour et de leur honneur, de sauver le Pape : ce dernier a été enlevé de la prison où l'avait relégué l'Empereur et caché dans leur domaine. Mais un préfet de l'Empire a éventé sa présence et se livre à un odieux chantage. La violence des sentiments et des situations confère un pouvoir dramatique intense à ce conflit des intérêts et des passions qui s'élève entre une aristocratie déchue et un pouvoir sujet aux variations de l'Histoire. "Comment ai-je pu être aussi cruel ?" s'interrogeait l'auteur de ce premier volet d'une 'saga' où sont évoqués à grands traits, par-delà les destinées individuelles, les déchirements et les bouleversements de la société française au XIVe siècle, préfigurant l'avènement des temps modernes.

  • Sirène, ondine, naïade... Il arrive que les noyées, les suicidées ou les jeunes femmes emportées prématurément par une mort violente se métamorphosent en l'une de ces créatures mythiques que les Slaves nomment Roussalka. Elles charment les hommes par leur chant et les attirent tout près du bord pour les entraîner avec elles. De cette figure universelle, Pouchkine tire un drame à la couleur typiquement russe.
    La fille d'un meunier aime un prince éperdument. Quand il la délaisse, enceinte, pour en épouser une autre, elle se jette dans le Dniepr et la campagne russe prend soudain des airs de conte fantastique. Le meunier devient fou : sa fille lui parlerait du fond des eaux. Le prince lui-même entend la voix de son enfant. La jeune paysanne l'aime toujours et elle l'attend. Ce ne sont peut-être que des regrets... Mais c'est bien vous que l'envoûtement de La Roussalka pourrait emporter.

  • Un vieillard et un étranger observent à distance le bonheur d'une famille et tardent à leur annoncer la mauvaise nouvelle dont ils sont porteurs. Alladine et Palomides tombent amoureux, enfermés dans les souterrains d'un château. Ygraine se révolte et tente de soustraire le petit Tintagiles à l'emprise d'une reine invisible. Maeterlinck publie en 1894 ces Trois petits drames pour marionnettes, triptyque qui remet génialement en cause les conventions dramatiques de son temps. Sa dramaturgie fait le lien entre l'imagination du spectateur et les zones énigmatiques que suggère le texte. Car seul ce non­dit, le «drame de l'existence elle­même », importe à Maeterlinck.

  • Générations de femmes : Skarga, cinquante-six ans, se tient devant l'absence de sa mère qui vient de mourir. Il y a aussi la mère sous la plinthe, la grand-mère, fantôme ou voix intérieure. Pour la femme qui reste et pour celle qui a péri en mettant sa fille au monde, la mort s'affronte sans larmes et sans vanité. Peu à peu se tisse un dialogue étrange et pourtant quotidien. Les femmes se racontent par bribes, par à-coups, crient la souffrance du travail, de la guerre, de la maternité, l'absurdité des on-dit et des il-faut. Dehors, les saumons pleuvent, comme si, là-haut, c'était l'océan tout entier qui déversait les pleurs d'un chagrin inhumain.

  • R.O.O.T

    Christophe Marachian

    Dans une société qui n'est pas sans rappeler Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley, la Guilde - organisation étatique mystérieuse - a mis au point un traitement permettant d'effacer les souvenirs de la population : pas d'histoire, pas d'enfance, pas de famille, pas de traumatismes.
    Plus de souvenirs, plus de souffrances.
    « Vivez heureux. Vivez l'instant. Profitez. »
    Mais ROOT, lui, n'est pas heureux. Il est sujet à la mélancolie, à l'angoisse et souffre d'insomnie.
    Un jour, il rencontre des dissidents - les porteurs de lumière - qui lui offrent le moyen de se souvenir : les fruits d'un arbre prodigieux, dépositaire de la mémoire du monde.
    Mais qui sont ces ombres qui errent derrière les brumes de son esprit ?
    Et quelle est cette bête effrayante qui gratte à la porte de sa mémoire ?

  • Le 1er septembre 1944, le maire de la ville portuaire de Larchelles est fusillé au camp du Struthof avec tout le réseau de résistance auquel il appartient. Ce héros, mort pour la France, est un modèle honoré par des noms de rues, de places, de lycées... Oui, mais. « Homme de son temps », il est aussi un chef d'entreprise dont la fortune s'est constituée par la colonisation. Jeune metteuse en scène et comédienne, Blanche Vogiel, une de ses descendantes, entreprend de monter une pièce sur son aïeul. Elle choisit, pour l'incarner, de confier le rôle à un comédien noir. Dédouanement facile face à son passé ? Délit d'appropriation culturelle ? Privilège blanc ? Recontextualisation ? Vogiel coupable ? Retraçant avec un troisième comparse le parcours du personnage, les trois comédiens interrogent théâtre, histoire et devoir de mémoire...

  • À la cour du Roi Soleil, la redoutable Athénaïs de Montespan, favorite en titre de Louis XIV, suscite autant l'admiration par son esprit cinglant et sa beauté éclatante, que la crainte par ses violents accès de rage. Tandis que la fête, l'amour et la luxure règnent en maîtres, d'étranges rumeurs font trembler le royaume : des enfants disparaissent, des nobles sont violemment assassinés et de terrifiantes sorcières surgissent des faubourgs, accusant de crimes terribles les proches du roi... Dans un tumulte de passions, les personnages s'aiment à la folie, se haïssent à mort et se livrent à de féroces duels oratoires pour parvenir à leurs fi ns. Basée sur des faits historiques, cette pièce de théâtre tragique mais pleine d'humour suit les pas de l'une des femmes les plus puissantes de l'histoire.

  • Alors que ce siècle tente de bousculer les fondements de la famille, Gabriel Tagne questionne à travers cette pièce la responsabilité des parents dans le développement de l'être humain. Quel projet pour l'être humain en vue d'une société plus juste et plus humaine ? La réponse à cette interrogation se trouve dans notre rapport aux vices qui jonchent nos cités.

  • Fin des Trois B. (tome VI) : la veuve de Babeuf, au spectacle de jeunes s'enrôlant dans l'armée de Bonaparte, s'écrie : « La Révolution est finie ». Un badaud lui répond : « Non. Elle s'en va faire le tour du monde ! »
    Ce volume propose un aperçu en quatre temps du tour du monde de la révolution : en Russie, avec Triangles, au Cambodge avec Tohu-Bohu, dans l'ancienne Yougoslavie avec Le cavalier de Sarajevo, en Amérique du Sud avec Ceci est mon corps.
    Heurs et malheurs diversifiés d'un mouvement de l'Histoire sans cesse recommencé...

    Les pièces de Claude Prin sont représentées et/ou radiodiffusées en France et à l'étranger, dans des pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique.

  • Samba s'ennuie au village et idéalise son grand frère qui a su quitter le pays, rejoindre Paris, épouser une Française et faire fortune. La preuve, il habite les châteaux de la ruelle ! Mais ce dernier meurt dans un accident de voiture, c'est du moins ce que leur a écrit Clémentine, sa jeune épouse. Samba se met alors en tête d'aller en France, vivre enfin, faire fortune et épouser Clémentine, comme le veut la coutume. Malheureusement, le tableau parisien sera chaotique : tout y est cher, les flics rôdent à chaque coin de rue, ainsi que le racisme et l'individualisme. Après une journée intense, Samba trouve enfin les châteaux de la ruelle et Clémentine.

  • Le nom de François-Joseph de Lagrange-Chancel (1677-1758) reste associé à son pamphlet, Les Philippiques, charge virulente contre le Régent Philippe d'Orléans, qui le contraignit, après un emprisonnement, à fuir la France pendant quelques années. C'est oublier, néanmoins, que Lagrange-Chancel fut aussi un dramaturge reconnu de son vivant, qui obtint de beaux succès au théâtre, mais envers lequel la critique fut parfois acerbe. La présente édition propose la redécouverte de certains de ces textes méconnus et d'une tragédie à machines. Maillon entre Racine / Quinault et Voltaire, Lagrange-Chancel ne doit plus être vu comme un auteur secondaire des Belles Lettres, mais doit retrouver à présent une juste place dans le concert des auteurs de l'époque classique.

  • Cages

    Patrick Genre

    Deux « encagés », habitants les plus haïs de la commune, ont été désignés au cours d'une campagne de dénonciations anonymes et sont jetés en pâture à la population. Pour faire revenir la paix et l'harmonie...
    Cages est une farce amorale et sans concession, une satire qui aborde de multiples thèmes, la place de la femme, la religion, la discrimination sous diverses formes, les réseaux sociaux, le pouvoir, l'amour, le sexe, le tout discuté autour d'un barbecue.

  • Élia, un jeune garçon de dix-sept ans, voit la routine solitaire de son existence bouleversée quand il doit déménager et ainsi quitter la maison dans laquelle il a toujours vécu. Après avoir passé les premiers jours de sa nouvelle vie dans le silence et le retrait, il décide de partir du domicile familial à la suite d'une dispute avec ses parents. Il fait alors la rencontre d'Hugo, un adolescent de son âge au charisme envoûtant qui a pris pour habitude de s'infiltrer dans les habitations cossues des hauteurs de la ville. Débute alors une inexplicable connexion teintée d'amitié, d'amour et de fraternité. Médaille d'argent du concours Vivons les mots ! 2020.

  • L'offense

    Louise Caron

    L'Offense est librement adaptée d'un des récits du roman Jacques le fataliste et son maître de Denis Diderot. C'est un des personnages de la pièce, le comte, poète et écrivain, qui se fait le narrateur de l'histoire. Il convie le spectateur à assister à la représentation de la machination imaginée par l'une de ses amies dont il fut amoureux, Mme de P., jeune veuve froissée par l'inconstance d'un ancien amant : le Marquis Gaspard de S. La pièce ne porte aucun jugement sur Mme de P. ; on peut voir dans sa vengeance, non seulement celle d'une femme trahie, mais celle de toutes les femmes bafouées par des hommes, dans un contexte relationnel qui leur est défavorable. Cette comédie est aussi une réflexion sur l'égalité et le désir entre les sexes, équilibre si difficile à trouver qui s'inscrit pleinement dans les débats actuels. Cette pièce a reçu le troisième prix du Concours d'auteurs 2020 du Petit théâtre de Vallières.

  • Ravage

    Clark James

    Lorsqu'une tempête s'abat sur leur ville, six jeunes adultes et un chat se confinent ensemble afin de vivre au mieux cette situation. Tristan est l'hôte principal de la villa, épaulé par son flemmard de colocataire Romain. Mais cette réunion a une tout autre raison d'être, et cette raison s'appelle Emma. C'est au coeur d'une tempête que les protagonistes créeront un ouragan. 7 personnalités, 7 péchés capitaux, 7 amours-propres prêts à se dévoiler au grand jour. C'est une histoire humaine. L'histoire d'un simple et classique ravage.

  • Tout se passe comme dans un cauchemar. Celui du président de la République de Yômsùal. Un pays dont le système est basé sur un canular. Lors d'un putsch manqué, il trouve refuge chez un aumônier, qui lui accorde un soutien psychologique. Mais il se confronte à Néhémie, dauphin ou fils spirituel de l'aumônier, qui ne lui épargne aucune critique quant à sa gestion du pays. En fin de compte, ce triste hasard aura permis une mise à nu du système et de retracer les délires du président. La parole de Dieu retentira alors et l'on verra apparaître des repentis, dont fera partie Colonel, un ancien fidèle parmi les fidèles.

  • La Passion Minerve est celle d'un village occitan et de deux couples, l'un pris dans les épisodes d'une oeuvre sur la tragédie cathare, l'autre, contemporain, formé de l'auteur et de son amie. Barthélemy ! Barthélemy ! est une parabole se décomposant en quatre actions aux séquences parallèles ou mêlées : notamment la préparation et l'accomplissement à Paris du massacre de la Saint-Barthélemy. Dans Campo dei Fiori, l'auteur se confronte à son personnage. Giordano Bruno, « imaginairement » ressuscité l'espace d'une nuit : échanges sans concessions, ni limites, pour des vérités inactuelles - ou bien réelles.

  • Depuis que tout cela existe, que s'est-il donc passé ? Ils avaient une mission mais ont-ils réussi ? Ils ne savent plus très bien, cela fait si longtemps. Et maintenant ils attendent sa venue. Trois hommes attendent en essayant de comprendre ce qui n'a pas marché. Car devant eux le monde n'est pas vraiment celui qu'ils devaient préparer et qu'Elle espère trouver. Les Missi dominici de Dieu auraient-ils failli ? Depuis que tout cela existe... Alors ne faut-il pas recommencer ? Ou peut-être en finir.

  • Cette pièce de théâtre est une adaptation innovante de « Khosro et Shirine », le chef d'oeuvre de Nezâmi, grand poète persan du XIIe siècle. Une histoire incroyablement moderne où le destin, à travers des intrigues politiques, joue avec les désirs et les amours des personnages. Cette modernité intemporelle se loge dans les relations complexes entre différents protagonistes. C'est un triangle amoureux qui met face à face la souffrance de l'amour pur et le désir d'être heureux. Une interrogation millénaire : comment les choix que nous faisons par désir ou par dépit influencent-ils le destin qui s'imposera à nous dans la vie ?

  • Un coeur simple est au départ une nouvelle de Gustave Flaubert tirée du recueil Trois contes, qui retrace l'histoire d'une servante au XIXe siècle, en Normandie, Félicité de son prénom... Isabelle Andréani l'a adaptée pour le théâtre en replaçant l'histoire à la première personne, offrant un seul en scène émotionnel et lumineux. La pièce a été nommée aux Molières 2019 catégorie Meilleur(e) Seul(e) en Scène.

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