Grasset

  • Cette tragédie réanime d'illsutres personnages de l'Iliade d'Homère et le thème en est connu : Hélène vient de se faire compliasamment enlever par Pâris, le prince troyen ; les Grecs attaqueront si elle ne leur est pas rendue. A Troie, ce fait-divers vaudevillesque déclenche les passions entre partisans de la paix (Hector, Andromaque) et bellicistes (le roi Priam et le poète Demokos). Dans le camp des Grecs qui crient vengeance, l'ambassadeur Ulysse semble bien seul...
    Sur un casting mythologique, cette pièce de 1935 est très contemporaine, inspirée à Jean Giraudoux par la montée des périls en Europe. L'auteur s'engage pour la paix. Cette oeuvre n'est pourtant pas un manifeste. On y retrouve la langue de Giraudoux, son drapé, son esprit, sa causticité. Que valent tous ces talents face au destin ? En tenant "seulement compte de deux bêtises, celle des hommes et celles des éléments", Cassandre l'avait prédit : la guerre aura bien lieu. A Troie, et dans le monde.

  • Il existe des dizaines de traductions en français de Macbeth (1606), une des plus célèbres tragédies de Shakespeare. Celle de François-Victor Hugo, qui date du XIXe siècle et a longtemps été la référence, apparaît aujourd'hui datée. Depuis, la pièce a donné lieu à des multiples travaux scientifiques, réalisées par des universitaires, linguistes et grammairiens, qui ont privilégié l'exactitude plutôt que l'esthétique.
    Voici enfin une traduction littéraire du chef-d'oeuvre de William Shakespeare par un des écrivains les plus imaginatifs de la littérature française : Marcel Schwob, également auteur, avec Eugène Morand (père de Paul Morand), d'une traduction de Hamlet parue en 1901. Son Macbeth, publié posthume en 1927, n'a jamais été réédité depuis.
    Seuls les écrivains savent traduire les écrivains. Il fallait le sens poétique et l'imagination de Schwob pour retrouver, en français, la richesse, la finesse et l'énergie du texte de William Shakespeare. 

  • Electre, pièce en deux actes, revisite le grand sujet tragique de l'Antiquité.

  • Amphitryon 38, comédie en 3 actes, fut représenté pour la première fois à la Comédie des Champs-Elysées le 8 novembre 1929 avec la mise en scène de Louis Jouvet.

  • Quatre personnages se croisent : Leonore Franck, veuve du célèbre écrivain Karl Amadeus Franck, leur fils Friedrich, Bürstein, le biographe du maître et une mystérieuse femme qui s'avère être l'amour d'enfance du grand écrivain, celle à qui il a écrit des dizaines de pièces enflammées et dédié une pièce de théâtre que tout le monde croyait jusqu'alors perdue. Or cette femme détient les lettres et le manuscrit...
    Tout le génie de Zweig est de glisser du vaudeville classique à la pièce métaphysique sur la création. Depuis la mort de l'écrivain, sa veuve, ainsi que le biographe, ont maquillé la réalité. Or quand Bürstein se repent, la légende de l'écrivain s'effondre, mais pour donner naissance à la véritable histoire d'une vie et d'un amour passionné.
    Légendes d'une vie est consacrée aux relations d'une famille et de l'oeuvre que laisse un grand homme disparu. A-t-elle le droit de tout publier? Doit-elle censurer, couper, rectifier ?

  • Jack Worthing et Algernon Moncrieff, deux jeunes dandies du Londres de la fin du XIXe siècle, se sont inventé un parent et un ami fictif, bien commode pour échapper aux obligations sociales. Pour Jack, c'est Constant, frère débauché qui lui permet de fuir la campagne ; pour Algernon, c'est Bunbury, ami toujours souffrant, qui lui permet de fuir Londres. Jusqu'à quand tiendra la supercherie ? Un feu d'artifice d'humour, de finesse et de mots d'esprit. Satire de la société victorienne tout autant que féerie comique, L'Importance d'être Constant est le chef-d'oeuvre d'Oscar Wilde.Cette nouvelle traduction est celle de la pièce telle qu'elle a été représentée du vivant de Wilde. Elle est précédée d'un long essai de Charles Dantzig, « La premièrte Gay Pride ».Traduit et préfacé par Charles Dantzig.
    Edition bilingue.

  • La foll de Chaillot a été jouée pour la première fois le 19 décembre 1945, au Théâtre de l'Athénée, sous la direction de Louis Jouvet.

  • Popper

    Hanokh Levin

    Shvartziska se cure le nez. Son mari, Shvartz, veut donner un baiser à cette seule partie de son corps qu'il n'a jamais embrassée. Horreur ! Elle refuse. Crise. Shvartziska se confie à leur ami Popper. Shvartz enrage de savoir ce « médiocre célibataire » au courant de leur intimité. C'est décidé : Popper doit mourir. Survivra-t-il à la folie meurtrière de Shvartz ? Hanokh Levin (1943-1999), un des dramaturges israéliens les plus subversifs et un des auteurs les plus joués dans le monde, « le Beckett israélien », transfigure les clichés de la comédie bourgeoise et donne un chef-d'oeuvre du théâtre de l'absurde.Inédit.Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz. 

  • Hirsute, la voix cassée, il est un vieux dur à cuire, cow-boy sans peur et sans reproche, patriarche au sang chaud et aux propos musclés. C'est Rockfeller, personnage haut en couleur de cette parodie de western, mijotée avec humour et relevée d'une pointe de poésie par René de Obaldia... Il y a là le médecin ivrogne, la mère au solide bon sens, la fille de joie au grand coeur, le shérif justicier... Le texte est drôle, inventif, blagueur. Un western légendaire, mais aussi une parodie du western, avec ses splendeurs et ses misères&hellip.

  • « Interprété par les plus grands acteurs sur les scènes parisiennes et étrangères comme par de nombreuses troupes d'amateurs, joué aussi bien chez les sapeurs pompiers que dans les hôpitaux, les usines, les foyers ruraux, les prisons, les lycées, les maisons de la culture, les casernes, les salles des fêtes municipales, les cou-vents, que chez les malades mentaux ou à l'Elysée (Deux femmes pour un fantôme, comédie psychosomatique, fut représentée devant Georges Pompidou et les membres du Parlement), René de Obaldia, sans pour autant s'encombrer de théories, ne nous offre-t-il pas un théâtre populaire ?
    Dans maintes anthologies et encyclopédies où il figure d'abondance, c'est toujours la profonde singularité de l'auteur dramatique et du romancier qui est soulignée. Une oeuvre qui compte parmi les plus originales et les plus savoureuses de notre temps ».
    (Dictionnaire de littérature française contemporaine)

  • Theatre t07

    Obaldia Rene

    Les Bons Bourgeois. Cette comédie a ceci de particulier qu'elle est écrite en vers, et s'ouvre à la manière des Femmes savantes. En hommage à Molière nous dit l'auteur. Mais la pièce est résolument moderne ; c'est, en fait, une grande comédie satirique de notre temps. Les Basson-d'Argueil, bons bourgeois installés douillettement dans leur luxueux appartement du XVIe arrondissement y sont pris au piège, tandis que dehors gronde la Révolution.
    Grasse Matinée raconte l'histoire de deux squelettes, deux voisines de cercueil, qui discourent sur le présent, le passé et un avenir hypothétique. Une ligne de chemin de fer longe le cimetière, et c'est le passage des trains qui donne au temps sa ponctuation.
    Décidément, Obaldia n'a rien perdu de son invention, de sa verve, de sa profonde originalité.

  • Le cinquième tome des OEuvres Complètes pour le théâtre de René de Obaldia.

  • En avril 1769, avant que son équipage ne débarque sur l'île d'Otahiti, le capitaine Cook délègue Mr. Banks, naturaliste de son expédition, auprès du chef des insulaires, afin de prévenir tout excès sei:suel encouragé par l'accueillante population indigène. Un hilarant dialogue de sourds s'instaure entre le rigide émissaire anglais et le « notable » Outourou, partisan d'une joyeuse immoralité. L'entreprise de colonisation morale va tourner au fiasco.
    Le Giraudoux libertaire, le styliste du plaisir sauvage, triomphe dans cette comédie en drapant ses scènes de dialogues équivoques et mordants. C'est drôle, excitant, à chaque page.

  • Les pièces:
    Rue de Babylone
    Tard dans la nuit, début janvier, à Paris. Un homme, directeur de journal, rentre dans le bel immeuble haussmannien où il habite. Un sans-abri empêche la lourde porte vitrée de se refermer. Une rencontre commence, là, dans ce hall d'immeuble. Parce que l'homme n'a pas sommeil, et que, chez lui, sa femme et ses enfants dorment paisiblement, que tout repose, il laisse la conversation s'engager.
    Or, l'un a l'air d'en savoir plus sur l'autre que prévu. Malgré les apparences, seraient-ils plus liés qu'ils ne pensent ?
    Où il apparaît que le vie des autres est au moins aussi complexe que la sienne propre.

    Les Grecs
    A quarante ans, H. et L. forment un couple encore jeune, l'oeil vif, le pelage luisant. Ils vivent avec leurs deux jeunes fils dans une belle maison d'architecte, près de Paris. Ce samedi soir, ils reçoivent à dîner leur ami A., plus exactement le meilleur ami d'adolescence de L., retrouvé depuis peu, avec qui ils sympathisent tous deux.
    Les enfants sont couchés et le dîner se termine. La conversation s'est engagée sur les héros de L'Iliade d'Homère. Sous le couvert des références littéraires, A. se révèle partisan de la guerre. La guerre contre Troie. La guerre contre l'ordre établi. La guerre contre la famille et contre le couple.
    A. et L. s'étaient connus en Grèce, lorsqu'ils avaient dix-huit ans. Ils avaient été brièvement amants, à l'époque, avant que le goût d'A. ne se fixe sur les garçons.
    La vie les a séparés. Ils se revoient depuis quelques mois, par la rencontre coïncidente d'H. avec A., et d'un rapport de désir souterrain qui existe entre les deux hommes, à l'insu de L.
    Sous l'effet de la boisson et de la frustration à l'image de ce couple « parfait » A. se déchaîne contre L., qu'il traite de bourgeoise puritaine et coincée, sous ses dehors progressistes. Furieuse, L. monte se coucher. Ivre, affalé dans le canapé, H. invite alors A. à lui faire une fellation.
    Survient alors O., un jeune Algérien sans-papiers qui a suivi A. chez ses amis. Il est hébergé chez A. depuis quelques semaines. Ils ont une relation sado-maso, purement sexuelle pour A., et assez sentimentale pour O. qui rêve d'une vie de couple avec son ami français, avec les avantages que cela pourrait procurer...
    En chroniquant le glissement progressif de la culture au sexe, du sexe au sentiment, du sentiment à la famille, Les Grecs dynamite l'hypocrisie, les mensonges et les malentendus sur lesquels repose la famille dite « nucléaire ».

  • "Avec un ciseau brutal, démystificateur, Jean-Pierre Giraudoux construit des tempéraments tout ensemble humains et surhumains, repense la légende... Et le tourbillon recommence, sous les yeux d'un choeur populaire et quotidien dont le langage réaliste commente les passions, les sentiments raffinés des rois."
    Georges Wilson, directeur du Théâtre national populaire

  • Jean-François Josselin, dont c'est la seconde expérience théâtrale (après {l'Enfer et Cie}, adapté de son roman) explique dans un avant-texte comment, grâce au concours - involontaire - de Jeanne Moreau, il a écrit d'abord un récit, {Service des Urgences}, qui est en quelque sorte le point de départ de {la Fortune du pot. La Fortune du pot} : Victor Martial, comédien sans gloire, rencontre par hasard Guiguite, mère de famille, ancien professeur de sciences naturelles. Guiguite est très déprimée : elle se croit laide. Victor fait tout pour la consoler et Guiguite finit par l'amener chez elle où l'attendent son mari et ses deux enfants mal élevés. Là, au cours du dîner familial, tout s'accélère et aimera bien qui aimera le dernier...

  • Sur la Perspective Nevski, les Possédés se tiennent embusqués. Dans la pénombre, Rogogine, glacé d'épouvante, s'affronte au meurtre, par ascèse. Les bas-fonds grouillent de gueules crevassées en quête d'un peu de soupe. A chaque coin de rue, des bombes explosent, portées par des mystiques qui assassinent par amour de l'humanité. Le docteur Tchekhov pressent la clef du labyrinthe au fond de la Cerisaie qui se délabre. Dans un recoin opaque, Evno Azev : le plus sanglant des terroristes. Ses attentats abattent ministres, gouverneurs, grands-ducs et menacent jusqu'au tsar. Il est lui-même une sorte de tsar de la nuit. Son lieutenant, Boris Souvarski, ne jure que par lui. La jeune et ravissante comtesse Sophie vient se prendre au piège de leur univers de meurtres et de passion. Cependant, les militants tombent par dizaines : il y a un traître parmi eux. Comment peut-on imaginer l'inimaginable : que le même homme soit à la fois le tueur le plus féroce et l'espion le plus retors de la police secrète ? Une pelure d'illusion, une pelure de réalité : ainsi se pèle, selon Azev, l'Histoire. Mais qu'y a-t-il au fond, tout au fond ? Azev a vraiment existé. Boris, que Cendrars appelait "mon ami l'assassin" et qui fascina Churchill, fut vraiment son bras droit.

  • "Le Jardinier. - Voici le plus beau lever de rideau qu'auront jamais les spectateurs : il se lève et eux voient l'archange des archanges.
    L'Archange. - Qu'ils en profitent vite. Ce ne sera pas long. Et le spectacle qui va suivre risque d'être affreux !
    Le Jardinier. - Je sais. Les prophètes l'annoncent. C'est la fin du monde.
    L'Archange. - C'est une des fins du monde ! La plus déplorable !" 

  • Giraudoux est, sans contredit, un poète dramatique. Il oscille entre Racine et Marivaux. Cependant, Pour Lucrèce semble plus près de Racine que de Marivaux. Pour Lucrèce est profondément une tragédie. Une tragédie commence là où l'instinct de conservation disparaît. C'est le cas des personnages de Pour Lucrèce. Par passion, ils atteignent un niveau d'ivresse où il ne reste plus qu'à se détruire soi-même.
    Ivresse, état de crise, grandeur romaine, fait divers sublimé, règlements de comptes, Cour de cassation, mise à mort, tout ce matériel de tragédie se manipule dans le " charme magique " de Provence, avec une constante pudeur, une acuité de sensation très particulière, et, au besoin, quelques gouttes d'humour délibéré.
    Jean-Louis Barrault
    " À la recherche de Pour Lucrèce "

  • Le tome 8 des oeuvres complètes pour le théâtre de René de Obaldia.

  • De 1928, date des premières représentations de Siegfried, à sa mort, en janvier 1944, Jean Giraudoux a écrit une quinzaine de pièces de théâtre qui font de lui, avec Claudel, l'auteur français le plus important de la première moitié du XXe siècle.
    S'il a continué à être joué et lu depuis la guerre, c'est qu'il a été le dernier écrivain à croire que le théâtre faisait partie intégrante de la littérature. Loin de tout réalisme, ce théâtre prolonge jusqu'à nous les prestiges du classicisme français, dont Giraudoux a retrouvé le style en le teintant d'ironie savante. La culture, chez lui, ne peut faire oublier son modernisme ni son appartenance à une époque qu'il a voulu placer entre les parenthèses de deux guerres.
    Grand créateur de personnages, vus souvent à travers les acteurs prestigieux de la troupe de Jouvet qui les ont interprétés en premier, Giraudoux se signale à nous non seulement pas la perfection de l'écriture, mais par une sensibilité qui lui fait retrouver, si abstrait et si raffiné soit-il, la réalité des passions. Son humour léger ne l'écarte pas non plus d'une morale du bonheur, où l'éternel féminin joue un rôle de premier plan.
    Qu'il utilise les grands thèmes classiques ou qu'il invente des situations et des personnages inédits, le théâtre de Giraudoux, plus grave qu'il ne paraît, veut nous réconcilier avec la vie.Guy Dumur

  • De 1928, date des premières représentations de Siegfried, à sa mort, en janvier 1944, Jean Giraudoux a écrit une quinzaine de pièces de théâtre qui font de lui, avec Claudel, l'auteur français le plus important de la première moitié du XXe siècle.
    S'il a continué à être joué et lu depuis la guerre, c'est qu'il a été le dernier écrivain à croire que le théâtre faisait partie intégrante de la littérature. Loin de tout réalisme, ce théâtre prolonge jusqu'à nous les prestiges du classicisme français, dont Giraudoux a retrouvé le style en le teintant d'ironie savante. La culture, chez lui, ne peut faire oublier son modernisme ni son appartenance à une époque qu'il a voulu placer entre les parenthèses de deux guerres.
    Grand créateur de personnages, vus souvent à travers les acteurs prestigieux de la troupe de Jouvet qui les ont interprétés en premier, Giraudoux se signale à nous non seulement pas la perfection de l'écriture, mais par une sensibilité qui lui fait retrouver, si abstrait et si raffiné soit-il, la réalité des passions. Son humour léger ne l'écarte pas non plus d'une morale du bonheur, où l'éternel féminin joue un rôle de premier plan.
    Qu'il utilise les grands thèmes classiques ou qu'il invente des situations et des personnages inédits, le théâtre de Giraudoux, plus grave qu'il ne paraît, veut nous réconcilier avec la vie.Guy Dumur

  • Cette pièce de théâtre, qui aborde le problème du mal, a été jouée pour la première fois en 1937. Elle valut à Mauriac un véritable succès.

  • Ayant, en de récentes années, admiré et aimé Odile Mallet et Geneviève Brunet, j'eus envie d'écrire, pour ces troublantes jumelles, une pièce bien à elles.
    Mes méditations, plume à la main, furent brèves : Amphitryon s'imposa où, depuis des siècles, des êtres identiques se heurtaient face à face. Un Amphitryon où l'impudique Jupiter serait, pour le même jeu, remplacé par la chaste Junon.
    Je n'avais pas oublié que les amours doublement adultérines de Jupiter et d'Alcmène avaient donné naissance à l'invincible Hercule et inspiré, avant mon père, trente-sept Amphitryon, cinq ou six après lui. Quasi inexistante dans l'Amphitryon de Molière - le seul de ceux-ci avec lequel je fusse familier -, combien Alcmène était vivante dans l'Amphitryon de Jean Giraudoux et comme elle méritait de susciter le nouvel intérêt de Junon, autant et plus que la passion défraîchie de Jupiter ! De fait, ce n'est pas la légende gréco-romaine qui m'a inspiré, mais le texte bien français de l'auteur de mes jours où, pour la première fois, Léda, substituée une nuit Alcmène, avait un rôle majeur. La rivale d'Alcmène tient dans mon "divertissement" une place essentielle, bien qu'à proprement parler elle n'y paraisse pas.
    Puisque Jupiter avait voulu séduire Alcmène, Junon entend faire la conquête d'Amphitryon. Cependant, à travers des quiproquos qui sont la trame de la pièce, une force aimable mais sans merci, dédaignant le mari, pour la déesse vers la mortelle. Non, lecteur salace, il n'y avait pas le moindre saphisme dans cette suite ingénieuse d'Amphitryon 38. Tout au contraire, grâce aux deux héroïnes, l'amour y cédera la place à l'esquisse d'une action politique, d'une révolution dont le Grand Soir chute brutale de l'intrigue, se trouve - ni à gauche, ni à droite - dans le coeur comme dans l'esprit de l'homme d'aujourd'hui.JEAN-PIERRE GIRAUDOUX

empty