Les éditions de L'instant même

  • Le jour où la belle Junie emménage avec Britannicus, le royaume d'Agrippine est menacé. Néron n'a plus qu'une idée en tête, posséder Junie, quitte à mettre Octavie dehors. L'ordre établi s'écroule et tous se retrouvent dans une course à qui mettra le feu à la maison familiale.
    Si les personnages sont empruntés à Racine, c'est dans un royaume de vinyle et de mélamine que se déploie cette histoire de trahisons, de sacrifices, de désirs, de flammes et de corps ensevelis sous la neige et les cendres, mais aussi d'amours infinis.

  • TROIS regroupe la trilogie sur la migration et l'identité amorcée par le monologue autobiographique UN, dans lequel Mani Soleymanlou tente de nommer ce qui le définit comme Iranien. Dans DEUX, rejoint par son complice Manu, Mani cherche, comme dans un écho, ce qui a bien pu lui échapper dans sa quête identitaire. Celle-ci culmine dans TROIS, une oeuvre chorale mettant en scène quarante-trois artistes montréalais qui évoquent le sujet sensible de leurs origines et de leur identité.
    Avec une pointe d'humour et d'autodérision, TROIS entraîne le propos singulier vers la pluralité, souvent paradoxale, qui forme le Québec d'aujourd'hui

  • Deux frères se retrouvent sur la ferme familiale pour la lecture du testament de leur père. L'aîné, Arnaud, a quitté la maison quatorze ans auparavant. Devenu correspondant de guerre, il n'a plus jamais donné de ses nouvelles. Armand, son frère, l'accueille carabine en main.
    Brisé par l'horreur des conflits, Arnaud peine à comprendre la rage qui habite Armand. Mais, traqué par ses souvenirs, il ne peut plus se dérober. Il doit creuser et déterrer ce qu'il gardait enfoui, libérer les mots qui l'étranglent.
    Avec la pièce Dehors, le dramaturge, comédien et traducteur Gilles Poulin-Denis signe sa troisième oeuvre. L'auteur, originaire de la Saskatchewan, marie avec adresse et sensibilité l'anglais au français dans une écriture précise et poétique. À travers le personnage d'Arnaud, il explore les passages empruntés par un homme en quête de repères.

  • La finance est devenue une abstraction et s'est immiscée dans toutes les sphères de notre vie.
    Jusque dans l'art contemporain.
    Surtout dans l'art contemporain.
    Ce que vous verrez ce soir s'appuie sur une recherche documentaire. On a cité des artistes, des galeristes, des encanteurs, des spéculateurs et des économistes. On a tenté de voir plus clair dans les mécanismes obscurs du marché. Et d'entrer dans l'intimité de l'art et de l'économie.
    Cette démonstration est faite à partir du récit de l'évolution de la carrière d'une jeune artiste en art visuel. Un peu à bout de souffle, l'augmentation du prix du cuivre l'obligeant à revoir son mode de création, elle obtient une résidence d'artiste à Londres pour se ressourcer. Sa vie et sa carrière seront complètement transformés par sa rencontre avec un trader américain très actif sur le marché de l'art.

  • « Ventre » le deuxième volet d'une trilogie théâtrale du comédien et dramaturge Steve Gagnon continue l'exploration de la séparation amoureuse amorcée avec « La montagne rouge (SANG) ». Elle et lui s'affrontent, s'entrechoquent et se déchirent avec leurs mots nus et leur chair crue.

  • Textes de trois pièces de théâtre de Lomer Mercier Gouin accompagnés d'un dossier bibliographique et d'une présentation de André G. Bourassa, éminent spécialiste du théâtre québécois et des écrivains automatistes.

  • Nathalie et Anne-Sophie, deux soeurs que tout sépare, se retrouvent bloquées par une tempête de neige dans un motel de Laurier-Station. Sur un coup de tête de Nathalie, en colère contre son mari qui hésite à subir une vasectomie, elles avaient entrepris la route depuis Rivière-du-Loup pour récupérer la part d'héritage d'Anne-Sophie, une courtepointe confectionnée par leur mère décédée depuis peu. Dans ce lieu clos, les rivalités fraternelles et les fêlures de l'enfance ne tardent pas à faire surface. Les deux soeurs s'affrontent, pleurent, rient, ragent, doutent. En contrepoint se dessine le drame de Cassidy, la fille de Carolanne, l'exubérante tenancière du motel.
    Dans Laurier-Station : 1000 répliques pour dire je t'aime, Isabelle Hubert aborde avec délicatesse et humour les rapports familiaux et cherche dans les couleurs de l'enfance les réponses aux afflictions de l'âge adulte.

  • Les Contes à passer le temps conjuguent passé et présent pour offrir, d'abord, des histoires ancrées dans une ville de Québec contemporaine, grâce à la plume d'auteurs généreux. Inspirés par les quartiers de la capitale nationale, Lorraine Côté, Jean-Michel Girouard, Sophie Grenier-Héroux, Noémie O'Farrell, Jocelyn Pelletier et Erika Soucy donnent naissance à des personnages plus vrais que nature et racontent Noël comme jamais auparavant.
    Dans un second temps, le recueil revisite avec enthousiasme les contes classiques du terroir québécois et d'ailleurs, de la Corriveau à la Chasse-Galerie en passant par la Reine des Glaces. Sous la plume de Maxime Robin, ces histoires intemporelles prennent vie et s'animent, portées par une langue évocatrice.
    Évoquant à la fois les veillées d'autrefois et les soirées entre amis dans les cafés d'aujourd'hui, l'anthologie des Contes à passer le temps deviendra sans aucun doute un incontournable du temps des fêtes !

  • Vivant dans un bordel en bordure de la forêt, les filles de Magloire Prémont sont devenues les parias de leur communauté. L'électrification prochaine (on est sous Duplessis) donne lieu aux magouilles d'usage, à la suspicion et à un marché cruel où elles sont leur propre monnaie d'échange. Elles croient tenir leur vengeance en détournant la parade de la Saint-Jean afin que tous ceux qui les ont humiliées, notables et ecclésiastiques, passent devant chez elles, leur maison faisant office de reposoir.
    Pour ce tableau social où le comique le dispute au dramatique, André Ricard s'en est tenu à une distribution restreinte, ce qui permet à chaque personnage de se découper dans un effet de contre-jour sur fond de désir, de pulsions. On se rappellera longtemps le véritable contrepoint qu'il a créé entre l'opiniâtre volonté qui anime les soeurs Prémont et le drame intime sur lequel tombera le rideau.

  • Dans « La fête à Jean », Pierre-Luc Lasalle donne la parole à ceux et celles qu'on entend trop peu : les endeuillés. Famille et amis sont réunis pour célébrer l'anniversaire de Jean. Mais ce sera le dernier, car Jean est atteint d'une maladie incurable. On mange, on boit, on rit, mais on pleure aussi, car la mort prochaine de Jean ravive chez certains des deuils, récents ou anciens. Proche du théâtre documentaire, mêlant fiction et réalité, la pièce aborde l'étape douloureuse du deuil dans nos vies.

  • Pièce sur l'exil, l'exil comme une déchirure, Un est un monologue autobiographique dans lequel le personnage raconte son Iran perdu. Parti enfant de Téhéran, il passe par Paris, Toronto, Ottawa, puis Montréal. Partout il sera l'autre, celui qui ne ressemble pas à la majorité, celui qu'on oblige à se définir. Lui se dit Iranien, mais l'est-il réellement ? L'origine, la langue, les traditions partagées suffisent-elles pour s'identifier à un peuple ? Qu'a-t-il en commun avec les Iraniens de son âge qui se battent pour leur liberté, pour leur pays, pour leur vie ? Aujourd'hui, à Montréal, il tente de retrouver son unicité.
    Mani Soleymanlou nous offre ici un texte vibrant sur l'identité et la mémoire, sur l'oubli et la perte de soi.

  • Troisième partie d'une trilogie (La longue marche dans les avents, Leméac, 1984 ; Le tétreau des apatrides ou La veillée en armes, Septentrion, 1995), cette pièce de théâtre condense une partie de l'histoire du Canada français du xxe siècle, sur le mode de la superposition historique : on voit en effet des personnages historiques comme Arthur Buies et Laure Conan côtoyer des personnages de fiction s'échelonnant sur le siècle - soldats canadiens, membres du clergé, Indiens de Batoche, etc. Les petits drames intimes des uns et des autres servent ici à éclairer l'histoire d'un pays qui se souvient, certes, mais mal.

  • Le théâtre pouvant être considéré, plus que tout autre genre littéraire, comme révélateur du milieu dont il provient, l'analyse détaillée de plus de soixante-dix personnages à laquelle se livrent Christiane Lahaie et Georges Desmeules leur permet non seulement d'esquisser des archétypes de notre dramaturgie mais aussi d'en tirer quelques représentations éclairantes de la société québécoise.

  • L'empereur Auguste Commode vit ses dernières heures au milieu d'un banquet à Rome. À ses invités, il raconte ses exploits guerriers et ses récentes conquêtes sur les bords du Danube. Tyrannique et sanguinaire, vulgaire et débauché, il s'identifie au demi-dieu Hercule et se déclare plus grand que Jupiter. Après son assassinat, le Sénat proclame la damnatio memoriæ, la condamnation à l'oubli : on efface son nom, on détruit les statues à son effigie.
    Sébastien Dodge s'inscrit en faux contre cet oubli, contre cette censure totale, et ressuscite, dans une pièce burlesque et gore, la mémoire de ces assoiffés de pouvoir et de sang qu'étaient les maîtres de l'Empire romain du IIIe siècle, successeurs légitimes ou usurpateurs. Plus de soixante personnages défilent, des plus tragiques aux plus pathétiques, dans ce condensé théâtral d'ascensions et de chutes. Entre rire et malaise, extravagance et parodie, tous ces figurants de l'histoire seront avalés par la spirale infernale de la violence. Damnatio memoriæ : pour la rédemption de la mémoire et l'obligation de se rappeler que les tyrans existent toujours.

  • Une fête à l'atmosphère saturée d'alcool, de drogue et de sexe. Quatre amis dans la trentaine. Une femme, LA femme. Le récit à quatre voix de cette soirée se bouscule, dévie, se contredit, rythmé par les questionnements de chacun sur la condition masculine, l'engagement, l'amour et le couple. Et sur le besoin d'évasion qui pousse aux débordements.

  • Camille, étudiante en criminologie, s'intéresse à l'impact des crimes graves en milieu rural. Quand Joé, 19 ans, commet l'impensable, la jeune femme débarque au village pour tenter de comprendre la réaction de la population. Mais elle se bute à un mur de silences, de blessures et de secrets.
    Moitié suspense, moitié comédie dramatique, cette pièce rit de nos travers, s'émeut de la solidarité humaine et parle avec légèreté de sujets graves.
    Le cas Joé Ferguson se présente comme un casse-tête à reconstruire, une histoire captivante et émouvante qui nous dresse le portrait de la pression insupportable autant que du réconfort extraordinaire d'une communauté tissée serrée.
    Accepteriez-vous que les cendres de votre mère côtoient celles d'un meurtrier ?

  • Bouleversé par le décès de sa mère, un jeune archéologue accepte d'aller travailler sur un chantier de fouilles à des milliers de kilomètres de chez-lui. Loin de Montréal, étourdi par une fuite en avant qui ne semble pas combler l'immense vide laissé par la disparition maternelle, il fait la rencontre d'Edna, qui l'accueille pendant son séjour. Avec l'aide de cette femme sensible et vraie il parvient à se réconcilier avec la vie pour mieux revenir à sa belle infirmière, Nathalie.
    Avec une tendresse et une violence d'une rare complémentarité, Steve Gagnon donne la parole à un homme déchiré, un adulte / enfant incapable d'affronter l'existence. Touchant et sincère, le personnage qu'il crée dans Os. La montagne blanche exprime avec simplicité toute la douleur et la colère du deuil, sans compromis ni concessions.

  • Buenos Aires. C'est l'époque du tango, de la milonga et du couteau ! Les artistes sont censurés par le gouvernement et intimidés par des milices fascistes. L'un de ces artistes, un poète désargenté, est enlevé puis enfermé dans une cellule. Il découvre avec étonnement que son ravisseur est «l'inspecteur Barracuda», le personnage fictif d'un tango séditieux dont il est l'auteur. De leur confrontation surgira un fil d'Ariane qui mènera le poète à une ultime illumination puis aux ténèbres. Le spectacle rend hommage aux écrivains et poètes tel que Borgès qui prirent la plume pour condamner la montée du fascisme.

  • Jocelyne réunit sa famille pour lui annoncer sa décision de prendre sa retraite. Mais les choses ne se déroulent pas comme elle le souhaitait.

  • Quand Dominique apprend qu'elle est atteinte d'une grave maladie chronique, son monde bascule ; elle devra toute sa vie dépendre d'outils technologiques pour contrôler son état de santé. C'est sur ce choc, ce constat, que s'ouvre la pièce Post Humains.
    Stupéfaite de constater que les compagnies qui fabriquent et fournissent les outils dont elle a besoin pour survivre peuvent également s'approprier les données recueillies, les utiliser pour influencer le comportement des patients, leur infliger des pénalités financières et les contraindre à choisir un traitement plutôt qu'un autre, Dominique part à la recherche d'une solution qui lui permettrait d'être autonome dans la prise en charge de sa maladie. Son parcours la mène à croiser des acteurs majeurs dans l'univers du post humanisme et les différentes philosophies qui alimentent cet univers troublant. Ce qui était au départ qu'une quête pour améliorer sa qualité de vie se transforme en un questionnement qui, au final, demeure sans réponse : le corps humain est-il appelé à disparaître au profit de supports technologiques ? L'humain est-il encore humain si ne subsiste que son intelligence ? La douleur, les sensations cutanées, la faim, sont-elles des expériences nécessaires ou superflues ? Doit-on à tout prix « améliorer » le corps pour transcender ses limites, ou au contraire l'accepter et simplement le maintenir en bon état ?

  • Les personnages que met en scène Pascale Renaud-Hébert sont issus de deux mondes complètement différents : d'une part, une famille banale  ; d'autre part, un jeune couple. Leurs univers se fracassent quand Murielle et Maude découvrent qu'elles souffrent de cancer, et qu'il n'y aura pas de guérison possible. Chacun à sa façon, les hommes de leur vie doivent apprendre à continuer à vivre, à accepter la douleur du deuil. Mais plus encore, ils doivent réussir à s'effacer pour réellement accompagner celle qui lutte, qui comprend qu'elle ne réalisera pas ses projets, qu'elle ne verra pas grandir ses enfants, qu'elle doit lâcher prise.

  • Barbara, Bernard et leur fils Bruno habitent une grande maison parfaitement aménagée, dans un quartier construit de maisons tout aussi vastes entourées d'arbres et de fleurs, faisant rempart contre la menace de la Ville. Normale en apparence, la famille se trouve au bord de la désintégration. Chacun vit pour soi, entretenant jalousement ses propres obsessions. Fasciné par le monde de la Rue, Bruno en ramène un jour une punkette qui cristallisera tous les désirs. Au gré des caprices de chacun, Blanche deviendra la nouvelle force centrifuge qui renforcera l'aliénation de cette famille étrange.

  • Christine et Alain ont décidé de marquer le dixième anniversaire de leur mariage en renouvelant leurs voeux, dans leur Gaspésie natale. La veille de la cérémonie, pendant qu'Alain enterre pour la seconde fois sa vie de garçon, Christine retrouve ses deux belles-soeurs, Chantale - sa meilleure amie de jadis - et Catherine. L'arrivée inopinée de David, autrefois l'ennemi juré de Catherine, donne un tour inattendu à la soirée. En évoquant les souvenirs de leurs années du secondaire, les quatre trentenaires laissent percer la solitude, le doute, le désenchantement et le désespoir qui habitent les uns et les autres. Dans un texte où l'intensité dramatique fait bon ménage avec l'humour, Isabelle Hubert nous donne ici sa version de la crise de la trentaine. L'auteure de « La robe de Gulnara » et de« Laurier-Station » y exprime la compassion devant la souffrance de ses semblables et pose le regard lucide sur notre société qui font toute l'originalité de son écriture.

  • Paco, un jeune migrant latino à la recherche de l'Eldorado américain, a entrepris avec sa mère de franchir clandestinement la frontière. Lorsque Telma glisse d'un train en marche, Paco est placé devant un choix déchirant : venir en aide à sa mère ou tenir la promesse qu'il lui a faite de poursuivre sa route quoiqu'il advienne. Deux décisions, deux récits : « Le sacrifice » ou « Les remords ».
    Lançant ses personnages sur les voies de l'espoir ou de la résignation, qu'elle parsème de réalisme magique, Isabelle Hubert nous entraîne dans un monde dur, où la lutte pour la survie semble être la règle. Cette quête d'une vie meilleure peut s'apparenter à la longue migration du monarque, un papillon qui, du Québec au Mexique, traverse toute l'Amérique du Nord. L'espoir se transmet, de génération en génération.

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