Thèmes et questions de société autre

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    "Une stimulante exploration du champ de nos libertés [...]" Le Monde
    Jusqu'où ? Jusqu'où laisser les apprentis censeurs d'aujourd'hui définir ce qu'on peut dire et ce qu'il faut taire ? Jusqu'où tolérer que défoulements et protestations envahissent le monde numérique ? Jusqu'où supporter que des extrémistes privatisent les règles de la parole, refusent le débat et installent leur hégémonie ? La parole publique est déjà l'objet d'un rapport de forces, elle sera demain l'enjeu d'un conflit. Le temps des injonctions est révolu, il faut désormais résister.

    La parole fait mal, change le seuil du tolérable et peut même réduire au silence. Il est donc légitime de la limiter, mais au plus près des délits et sans censure préventive. Bien sûr, on peut tout dire, mais pas n'importe comment et à condition de ne pas vouloir être seul à parler.

    Le concept moderne de liberté d'expression fut forgé entre le xviie et la fin du xviiie siècle. Les outils numériques, le multiculturalisme, la démocratisation de la parole l'ont rendu peu à peu inadéquat pour régler la parole publique. Fidèle à la tradition libérale, ce livre revient sur l'histoire de la liberté d'expression et en renouvelle le sens, comme la garantie de la plus grande diversité de points de vue.

    Pour la défendre, une philosophie des limites, des concepts sobres, des moyens inventifs seront plus utiles qu'une croisade. Ne pas se lamenter sur l'état des choses, mais combattre pour ne pas nous retrouver un cadenas sur la bouche et une prothèse dans la tête.
    Un essai riche et charpenté - L'Express.
     
     
     

  • Qu'est-ce qu'un « propos » ? Un article de journal, souvent inspiré par l'actualité, mais à visée au moins partiellement philosophique. C'est confronter sa pensée au monde, dans ce qu'il a de plus changeant, de plus inquiétant, en s'adressant au plus vaste public. Et chercher un peu d'éternité, dans l'histoire en train de se faire. Cela vaut-il la peine ? Il m'a semblé que oui. L'actualité, si souvent décevante ou effrayante, est aussi une incitation à penser. On n'en a jamais trop - et cela guérit, parfois, de la déception comme de la peur. Le réel est à prendre ou à laisser. La philosophie aide à le prendre. Mieux vaut penser que se lamenter. Mieux vaut agir que trembler.

  • En renversant l'image de la femme comme être inférieur par nature pour l'appliquer à l'homme, l'autrice démonte la mécanique de la domination masculine.
    Un pamphlet littéraire et politique, où l'humour et la provocation révèlent les rapports de force entre les sexes. Depuis sa diffusion dans les rues de New York par Valerie Solanas en 1967, SCUM Manifesto est devenu un texte culte du féminisme.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuèle de Lesseps
    Postface de Lauren Bastide

  • Un trésor français Nouv.

    La France possède un trésor inestimable : cinéma, musique, livres, jeux vidéo. Cependant, ceux-ci sont encore souvent considérés au pire comme des passetemps non essentiels, au mieux comme d'anecdotiques contributions à la balance commerciale. C'est oublier que les industries culturelles et créatives contribuent largement à notre économie et pèsent de tout leur poids dans notre capacité d'influence à travers le monde.
     
    Ce soft power, dont est capable l'économie créative, beaucoup de pays nous l'envient, voire le copient. Doit-on préférer les chicaneries franco-françaises ou nous lancer dans une bataille culturelle mondiale qui est aussi celle de la défense de nos valeurs ?
     
    Pendant six ans à la tête d'UniFrance, l'organisme d'exportation du cinéma français, j'ai eu la chance de voir que, partout dans le monde, la culture française est admirée et respectée, que Catherine Deneuve est attendue au Japon comme une idole que l'on vénère, qu'Agnès Varda inspire encore les jeunes féministes américaines et que la nouvelle génération d'acteurs et réalisateurs français force l'admiration des plus grands festivals internationaux.
     
    Sous forme de carnet de bord et d'annotations impressionnistes, avec des artistes et des cinéastes comme guides de voyage, j'ai voulu raconter des rencontres extraordinaires, mais aussi les failles d'un système et son manque d'efficacité.
    N'ayons pas peur d'être fier de notre trésor national !
      Isabelle Giordano 
    Isabelle Giordano a été pendant plus de dix ans « Madame Cinéma » sur Canal Plus, productrice et rédactrice en chef pour la télévision et la radio (France TV, Arte, France Inter). Elle fut la directrice générale d'UniFrance Films de 2013 à 2019, en charge de promouvoir le cinéma français sur la scène internationale, et de juillet 2019 à décembre 2020, présidente du Comité stratégique du Pass   Culture. Elle est aujourd'hui déléguée générale de la Fondation BNP Paribas.

  • Je vous parle d'un temps que les plus de 20 ans... ne VEULENT pas connaître.
    Celui des facs fermées, où les seuls cours délivrés sont en « distanciel », néologisme inventé par des technocrates pour rendre moins insupportables ces centaines d'heures que nous, étudiants, passons rivés devant un écran.
    Celui où les petits boulots ont été balayés par la crise. Plus d'événement, plus de restaurant, plus de musée... pour nous permettre d'arrondir nos fins de mois.
    Celui sans horizon professionnel, où les stages ont disparu, où la promesse d'un premier emploi en CDI s'éloigne chaque jour davantage.
    Le temps où le droit de sortir entre amis, de se voir, de se toucher, de s'aimer n'existe plus.
    Où les soirées et les parenthèses interdites sont taxées d'égoïsme coupable par les politiques et les bureaucrates.
     
    Au lieu de penser les solutions concrètes pour sortir notre génération de cette impasse, vous, les sachants, préférez nous discréditer.
    Cela fait maintenant un an que nous avons mis nos vies entre parenthèses pour protéger les personnes âgées.
    J'ai 22 ans. Et si je peux pester contre certains excès de ma génération, je veux aujourd'hui saluer son courage face au désastre économique, social et écologique que nous allons affronter.
     
    Ce livre est une ode à notre génération fracassée, un plaidoyer pour la liberté.
     
      Étudiant en sciences politiques et chroniqueur régulier des Grandes Gueules sur RMC depuis 2017, Maxime Lledo vit à Nantes.

  • « C'est quand même fou que La Poudre - podcast que j'ai lancé en 2016 - se soit aussitôt placée sous le marrainage des femmes du cinéma, avec parmi mes toutes premières invitées, les réalisatrices Rebecca Zlotowski et Houda Benyamina, deux voix engagées qui m'impressionnaient par leur capacité à faire émerger leur vision du monde et à se créer un nom aux côtés de tant d'hommes.
    C'est fou parce que c'est par le cinéma que la révolution féministe que nous vivons s'est déclenchée. En 2017, les femmes d'Hollywood ont dénoncé, haut et fort, le sexisme de leur industrie. Depuis, l'histoire du féminisme est jalonnée de prises de parole par des femmes du cinéma qui constituent de grands tournants. Les personnes dont vous trouverez les mots dans ce livre ont toutes, depuis cinq ans, fait bouger les lignes, pas seulement dans leur milieu, mais aussi dans la société tout entière.»
    L. B.
    Entretiens avec les acteur.rice.s, réalisateur.rice.s,  scénaristes, productrices :
    Aïssa Maïga, Alice Diop, Amandine Gay, Céline Sallette,  Déborah Lukumuena, Fanny Herrero, Helena Noguerra,  Houda Benyamina, Inès Rau, Iris Brey, Julie Gayet, Katell Quillévéré, Laurence Lascary, Océan, Ovidie, Rebecca Zlotowski, Sonia Rolland.

  • Les livres dits de « développement personnel » inondent les librairies et s'ajoutent aux magazines, aux conférences qui nous invitent à acquérir un « surplus d'être » pour devenir un meilleur individu. Mais derrière ces discours sucrés et inoffensifs, se cache une idéologie politique : la forme de bien-être promise constitue trop souvent une exploitation de soi par soi...En nous donnant une fausse image du travail - considéré comme un lieu sans conflits ni violence intrinsèque - et de nous-mêmes - notre volonté serait sans limites et notre bonheur ne dépendrait que de nous -, le développement personnel conduit à un modèle de société fondé sur la performance permanente et sur un délitement des liens. C'est cette vaste supercherie que dénonce ici Thierry Jobard, preuves à l'appui...

    Né en 1973, Thierry Jobard est responsable du rayon Sciences humaines d'une grande librairie à Strasbourg, ce qui le met dans une position particulièrement privilégiée pour observer la croissance vertigineuse des livres consacrés au développement personnel

  • Le féminisme se porte-t-il sur un t-shirt ?  Kim Kardashian est-elle un objet sexuel ou une femme puissante ?  La série  Grey's anatomy  peut-elle changer la vie des femmes ?Dans un essai à la première personne documenté, passionné et engagé, Jennifer Padjemi, journaliste spécialiste questions de société, explore l'alliance, pour le meilleur et pour le pire, du féminisme et de la pop culture. En reprenant le fil des mouvements féministes modernes, de l'émergence d'un féminisme intersectionnel au mouvement « body positive » en passant par Me too et en se basant sur son expérience de femme noire, elle décortique le rapport que nous entretenons avec les objets culturels les plus populaires. Biberonnée  aux clips vidéo, chansons grand public et maintenant aux séries TV, notre consommation de divertissement façonne, accompagne, et parfois challenge notre vision du monde.  En utilisant la pop culture comme un miroir de notre société mondialisée, l'auteure questionne à travers elle le féminisme, le genre, la sexualité, l'intersectionnalité.Jennifer Padjemi interroge les liens d'interdépendance entre consommation de masse et idéologie progressiste, et jette un regard joyeux et lucide sur nos divertissements, sans concession au patriarcat.Un livre à mettre entre toutes les mains !

  • Voici enfin le livre tant attendu issu du podcast LA POUDRE dans lequel Lauren Bastide  reçoit dans une chambre d'hôtel une femme inspirante, artiste, activiste, politique pour une conversation intime et profonde qui déconstruit les préjugés et inégalités femme-homme.
    A travers trois tomes très complets, retrouvez les meilleurs extraits des interviews des 70 femmes exceptionnelles qui font bouger le 21ème siècle.
    Tome 2 : Actrices et réalisatrices (parution mars 2021)
    Tome 3 : Activistes et politiques (parution septembre 2021)

  • L'effet Louise

    Caroline Boudet

    • Stock
    • 29 Janvier 2020

    « Vingt regards sont braqués sur moi. Ils m'écoutent, tous, et je me demande ce que je fous là, avec l'impression d'être une mauvaise comédienne dans le remake sans le sou d'une série judiciaire américaine.
    Vingt personnes, des dossiers de vingt pages photocopiés trois fois, une heure de temps de vie multipliée par vingt individus multipliée par les heures de préparation desdits dossiers, les échanges par mail, par courrier et par téléphone.
    Tout ça pour régler au millimètre les conditions d'entrée de ma fille à l'école de la République.
    Ma petite Louise, trois ans, deux bras, deux jambes et toujours ce foutu chromosome en plus. »
    Quatre ans après La vie réserve des surprises, Caroline Boudet prend de nouveau la plume et revient sur les mois qui ont précédé l'entrée en maternelle de sa fille Louise, porteuse de trisomie 21. Des mois lourds, difficiles, souvent ubuesques : un véritable parcours du combattant pour elle et ses proches.
    Dans ce récit émouvant et drôle, l'auteure raconte la lutte sans répit pour la scolarisation de Louise. Elle en profite aussi pour dire ce qui est souvent tu, pour montrer ce qui est caché, par pudeur ou par gêne, concernant le handicap et le quotidien qui en découle (un autre bébé ou pas, et le grand frère ?, et le couple dans tout ça ?, le syndrome de stress post-traumatique après l'annonce du handicap d'un enfant, rester une femme quand on est « mère courage »...) Avec, en filigrane, ce tourbillon d'émotions - dont le rire, omniprésent dans les pires situations -  qu'est la vie avec un chromosome en plus.

  • La cause animale nous préoccupe, et défendre les animaux maltraités est légitime. Mais les mouvements végans sont traversés par une dérive inquiétante : l'antispécisme.

    Ces militants jugent que la consommation de viande est une pratique barbare, une discrimination envers les animaux qu'ils comparent à du racisme. Ce mouvement a conquis les universités anglo-saxonnes et commence à peser dans l'intelligentsia occidentale.

    En mettant en perspective les thèses des antispécistes, Paul Sugy éclaire, tout en évitant les amalgames et les réductions hâtives, le projet d'une déconstruction de la notion d'humanité. Avec rigueur et finesse, il dévoile un risque d'une ampleur inédite : il ne s'agit de rien d'autre que de remettre en cause la dignité supérieure de la vie humaine. L'antispécisme est moins selon lui une défense de l'animal qu'un réquisitoire contre l'homme.

    Un livre qui fera date.

  • Journaliste, Samuel Laurent est tombé dans le chaudron de Twitter dès la création de " l'oiseau bleu ". Promesse d'une démocratie sans filtre, le réseau apparaissait comme une source inédite de sujets, de témoins et de voix nouvelles.
    Pendant des années, Samuel Laurent a adoré Twitter, cette agora où il se passe toujours quelque chose, comme les mouvements planétaires #MeToo ou #BlackLivesMatter. À la tête des " Décodeurs " du Monde (un service de vérification factuelle), cinglant ou ironique, fort de ses 160 000 followers, Samuel Laurent s'est mué en chasseur d'intox et de complotistes. Mais comme beaucoup, il s'est brûlé : trop de raccourcis (y compris de sa part), trop de violence, trop de meutes organisées qui déchiquettent leurs proies virtuelles. Burn-out. Il a fini par décrocher, pour redevenir journaliste de terrain.
    Dans un témoignage puissant, en forme d'avertissement, Samuel Laurent enquête sur le monstre qu'est devenu Twitter, un réseau où chacun s'invente une vérité, où l'indignation vertueuse et la manipulation règnent. C'est pourtant là que les politiques et les journalistes scrutent le moindre mouvement d'opinion, au risque de créer des " bulles d'information " qui s'auto-alimentent.
    Au point de tuer la démocratie ?

  • En France, le lanceur d'alerte est trop souvent vu comme un traître. Pourtant, d'Irène Frachon (la pneumologue qui fit éclater le scandale du Mediator) à Edward Snowden, les exemples ne manquent pas pour montrer l'apport considérable des informations révélées. Alors, pourquoi un tel retard en France ?
    Ce livre coup-de-poing dénonce tant l'hypocrisie politique que l'absurdité de la réponse judiciaire. Il honore ceux qui, au péril de leur vie, ont révélé des failles. Et propose une réforme qui, enfin, reconnaîtrait ces vigies de l'ombre.

  • La pandémie nous fait faire une nouvelle expérience temporelle, elle nous apprend à vivre "en temps réel". Le danger consiste à être écrasé par cette expérience temporelle, et à trouver le salut dans la fuite ou dans le déni, car notre rapport au temps cesse d'être insouciant, silencieux, et joyeux. Mais justement, c'est aussi le moment où, en touchant le fond de notre expérience temporelle du présent, nous pouvons trouver de quoi rebondir et comprendre comment cette expérience il est vrai terrible, contient aussi la clé d'une réponse qui serait non seulement individuelle mais aussi collective, historique et humaine. Car le défi est là : puisque les dangers de notre temps comportent aussi un danger dans notre rapport au temps, il nous faut comprendre qu'on ne les affrontera pas sans retrouver aussi un rapport heureux au temps. Nous parviendrons ainsi à concilier toutes les dimensions du temps dans un même instant ; la réponse à l'urgence, mais aussi la préservation de la vie et les raisons de vivre ; et puis le présent et l'avenir..

  • « J'ai avorté deux fois et je suis la preuve qu'un avortement peut provoquer l'indifférence ou une déflagration. Je suis la preuve qu'il peut occuper vingt ans ou les seules semaines nécessaires à son accomplissement. Qu'il peut être l'unique issue envisageable ou simplement permettre d'attendre un meilleur moment.
    Alors, j'ai été lasse des discours péremptoires sur les raisons pour lesquelles les femmes devraient y avoir recours et sur ce qu'elles devraient, ou non, ressentir à son occasion. J'ai eu envie d'écouter certaines d'entre elles raconter ce qu'elles avaient vécu, en refusant que d'autres parlent pour elles.
    Ma préoccupation n'était pas le droit à l'avortement mais le droit à la parole de celles qui l'ont expérimenté.
    Le droit à l'avortement est inscrit dans la loi depuis 45 ans mais son exercice doit toujours être discret, si ce n'est secret. La loi nous autorise à avorter, la société nous empêche d'en parler. Nous sommes nombreuses à nous plier à cette loi du silence, parce que la gêne et la culpabilité sont toujours là.
    Je suis cependant convaincue que ce droit sera toujours fragile si nous n'assumons pas pleinement d'y avoir recours comme bon nous semble et si nous pensons le protéger en faisant profil bas, laissant alors au passage certains professionnels de la santé nous malmener.
    Voici donc ce livre, mélange de témoignages et d'une quête personnelle qui m'a transformée. 
    Ce sont quelques histoires d'interruption.
    Douloureuses ou anodines. Singulières.
    Une interruption aussi je l'espère, quand bien même furtive, du silence, de la honte et de la colère. »S. V.

  • «  Le manuel de l'esclavage, c'est un peu la Convention de Genève du djihadisme, écrite par une génération qui croit vivre dans l'Arabie du viie siècle tout en regardant Game of Thrones, où les scènes de bordels servent d'intermèdes aux décapitations... Esclave de douze maîtres, vendue et revendue de Qaraqosh en Irak à Raqqa en Syrie, l'histoire de Marie dessine la géographie de l'État islamique. Et sa théologie  : tous les péchés des hommes se sont incarnés dans son corps de femme...  »
    Marie nous a confié son histoire  : elle a exigé que tout soit raconté, que rien ne soit omis. Son récit bouleversant est celui d'une chrétienne capturée par les djihadistes, qui veut vivre, qui se bat, qui refuse de se laisser briser par la bestialité des hommes. Et celui de la victime, souillée, torturée, violentée, qui découvre finalement comment on est accueilli par les siens quand on revient de l'enfer.
    Ce livre montre les exactions commises au nom de la charia. Il oblige à voir comment les fondamentalistes, qui n'ont d'yeux que pour les vierges du Paradis, transforment les femmes en putains.

  • La démocratie confinée ; l'éthique quoiqu'il en coûte Nouv.

    Comment avons-nous vécu les expériences de cette année incertaine, inquiétante, qui a déstabilisé nos repères, dérouté nos chemins, appauvri nos quelques certitudes, ruiné des existences et qui nous confronte désormais à des décisions difficiles ? Comment penser un après alors que la crise est encore là pour un longtemps et qu'elle a éprouvé notre démocratie dans ses valeurs essentielles ? Dans cet ouvrage, l'auteur reprend ses analyses qui constituent un retour sur les temps forts de cette première année de pandémie, sur les modalités de gouvernance, le processus décisionnel avec ses conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Du fait de sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, il a contribué à nombre de réflexions portant notamment sur les choix en réanimation, la vie en ehpad (et là où les vulnérabilités humaines et sociales sont les plus fortes), les arbitrages institutionnels et les initiatives de proximité. Emmanuel Hirsch explore les divers aspects des réalités de la pandémie, scrute le processus décisionnel souvent défaillant, permet de comprendre ce qu'a été l'intelligence pratique des « invisibles » de notre République, héros pour quelques semaines et oubliés depuis. Son livre interroge la gouvernance solitaire et entre experts d'une circonstance imprévisible qui aurait d'emblée justifié une concertation publique. En cette situation exceptionnelle, la vie démocratique a été confinée alors que lutter contre un phénomène de cette ampleur n'est possible qu'en mobilisant l'ensemble des composantes de la société. Au-delà d'un constat rigoureux, le propos est critique et engagé, car l'un des objectifs de ce livre est de donner à penser comment vivre le long terme d'une crise globale révélée par le choc d'une pandémie.

  • Après une vie de souffrance, 74 milliards d'animaux sont abattus chaque année dans des fermes industrielles de par le monde. Est-il moralement condamnable d'acheter les produits issus de cette industrie ? Deux étudiants - un carnivore et un végétarien - qui se retrouvent régulièrement pour déjeuner dialoguent et s'interrogent sur les problèmes que pose un mode de vie vraiment éthique. Les consommateurs sont-ils responsables des pratiques de l'industrie alimentaire ? La consommation de viande est-elle naturelle ? Quel rôle l'empathie, dans le cadre de la défense du bien-être animal, peut-elle  jouer sur le plan moral ? Sur le mode du dialogue socratique - une interrogation philosophique qui vise la vérité à travers une série de questions et d'interprétations -,  Michael Huemer met habilement en scène les enjeux éthiques soulevés par le choix d'un régime végétarien, et plus largement du véganisme, faisant valoir une morale qui impose de chercher à réduire la souffrance quelle que soit la « nature » de l'être souffrant.
    « À l'avenir, quand les gens me demanderont pourquoi je ne mange pas de viande, je leur dirai de lire ce livre »,  Peter Singer (extrait de la préface).
    Michael Huemer est professeur de philosophie à l'Université du Colorado. Ses travaux portent sur l'éthique, la métaphysique, la philosophie politique et l'épistémologie.   

  • La liste de ces figures de communautés nouvelles dont on découvre aujourd'hui qu'ils ont commis des abus spirituels, parfois sexuels, ne semble pouvoir s'arrêter. Comment ces hommes (et ces femmes) si brillants, si lumineux, ont-ils pu laisser la place à une part si sombre ? comment ces communautés qui ont porté tant de fruits dans le sillage du « nouveau printemps » chrétien peuvent-elles révéler aujourd'hui des fondations si fragiles ? C'est impensable et incompréhensible, et pourtant il faut bien reconnaître que coexistent ces réalités.
    Céline Hoyeau, journaliste à "La Croix", et catholique qui a elle-même vécu son engagement dans ces communautés nouvelles ne cesse de se heurter à cette incompréhension. Sans verser dans une moralisation du problème, ni le règlement de compte, elle mène une enquête patiente, précise et éclairante. Pour comprendre comment de si grands charismes ont suscité tant de vocation et de souffrances en même temps, elle a choisi de reconstituer la trame historique, rassemblant de très nombreux témoignages et l'éclairage de spécialistes. Au terme de ce travail, elle dégage des pistes de réflexions nouvelles. Un travail salvateur qui redonne la parole aux victimes tenues au silence.

  • La paix

    Jean-Claude Carrière

    « Longtemps, nous avons distingué la paix de la guerre. C'était même, souvent, la seule définition que nous donnions de la paix : l'absence de guerre. Depuis une trentaine d'années, nous sommes passés dans un autre type de guerre, une guerre grise, presque anonyme, et même innommable, une guerre qui chasse les habitants de tout un pays vers d'autres terres, lesquelles, prises au dépourvu, ne savent ni les accueillir ni les repousser. Une guerre qui a métamorphosé la paix, au point d'en empêcher toute définition. De là ce livre sur la paix qui va d'Eschyle à Victor Hugo, du 11 Septembre à la Promenade des Anglais, de la paix des étoiles au repos de la tombe, autour de cette notion profondément mystérieuse, cette paix qui nous fait tant de mal et que nous appelons notre souverain bien. » J.-C. C. Un éloge de la paix, un hymne à notre commune humanité. ?Scénariste, dramaturge, écrivain, Jean-Claude Carrière est l'auteur de grands succès comme Einstein, s'il vous plaît, Fragilité, Tous en scène et, plus récemment, Croyance. 

  • Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, signe ce livre lapidaire sur la laïcité, un "combat politique" qu'elle entend bien mener. Elle en rappelle les grands principes et insiste sur le fait que la laïcité est l'indispensable instrument de l'émancipation féminine.
    "La laïcité, ce n'est pas l'oecuménisme. Ce n'est pas un gâteau que l'on partage entre les différentes religions, en distribuant un morceau aux non-croyants. (...) C'est la laïcité qui permet d'éviter la communautarisation de la société. C'est elle qui fait que nous sommes une nation unique, un peuple unique, et pas un millefeuilles, les "Village People" ou une addition de communautés."


    Marlène Schiappa se définit comme « militante laïque et féministe ». Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, elle a reçu en décembre 2017 le prix spécial de la laïcité du Grand Orient de France.

  • Derrière le débat sur le déconfinement des seniors lors de la crise sanitaire, un autre sujet, plus radical encore, est en train d'émerger - ou plutôt de revenir avec brutalité : celui de la condition que nous réservons au vieillissement dans nos sociétés où, de plus en plus, l'on pense la vieillesse non plus comme une chance de vivre plus longtemps mais comme un handicap de vivre hors des schémas imposés de la vitesse et de l'agilité permanentes que l'on exige de chacun.

    Ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre de 2012 à 2016, Chloé Morin est aujourd'hui directrice de projets internationaux chez Ipsos.
    Daniel Perron est juriste.

  • Altermondialistes, zadistes, environnementalistes, anarcho-primitivistes... Anarchie et écologie semblent partager de nombreux points communs. Une même aspiration à un monde meilleur, plus proche de la nature, respectant les espèces vivantes et les paysages, fait de communautés solidaires et tolérantes. Une même détestation d'un monde dominé par l'argent, les guerres et la soif du pouvoir.
    Pourtant, les choses sont loin d'être aussi simples qu'il n'y paraît. Elles sont parfois même antagoniques si l'on considère, comme Philippe Pelletier en fait l'hypothèse dans cet ouvrage, que la finalité de l'injonction au « tous écologistes » n'est autre que de faire évoluer le système actuel vers un capitalisme vert, bien éloigné de l'idéal anarchiste...

  •  «?Voilà plus de vingt ans que je fais de la recherche en informatique à un très haut niveau. Je me suis aussi frottée, en tant qu'entrepreneuse dans la Deep Tech, aux investisseurs, accompagnateurs, incubateurs et start-upeurs de tout crin. Évoluant depuis longtemps dans ce milieu, je constate que je suis encore trop souvent parmi les rares femmes dans l'assemblée. Comment mettre fin à la sous-féminisation de ce secteur encore très machiste, à l'image de notre société?? Ce que je souhaite avec ce livre, c'est que les femmes soient autant attirées par l'informatique que par la médecine.?» A.-M. K. De la pionnière Ada Lovelace, première programmeuse, injustement méconnue, à Grace Hopper qui a posé les bases du langage Cobol, des biais de genre sur Wikipédia aux clichés véhiculés par les réseaux sociaux, un livre court et incisif pour montrer le sexisme d'un secteur crucial de l'économie, assorti de propositions concrètes et claires pour encourager les femmes à l'investir, et vite?! Anne-Marie Kermarrec est professeure en informatique à l'École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse, et fondatrice de la start-up Mediego, issue de l'Inria. Membre de l'Academia Europaea et ACM Fellow, elle est lauréate du prix Montpetit et du prix de l'Innovation de l'Académie des sciences.

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