Pauvreté / Exclusion

  • Désormais, deux France s'ignorent et se font face : la France des métropoles, brillante vitrine de la mondialisation heureuse, où cohabitent cadres et immigrés, et la France périphérique des petites et moyennes villes, des zones rurales éloignées des bassins d'emplois les plus dynamiques. De cette dernière, qui concentre 60 % de la population française, personne ne parle jamais. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi a-t-on sacrifié les classes populaires sur l'autel d'une mondialisation volontiers communautariste et inégalitaire, aux antipodes des valeurs dont se réclame la classe politique ? Comment cette France populaire peut-elle changer la donne, et regagner la place qui est la sienne - la première ?
    Dans cet essai retentissant, Christophe Guilluy dresse un diagnostic sans complaisance de notre pays, et esquisse les contours d'une contre-société à venir.

  • "Presque toutes les femmes se sentent physiquement oppressées. Je parle du surpoids parce que je suis grosse, mais le poids n'est que le prolongement des pressions permanentes que nous subissons. Je ne connais aucune femme qui ne se soit jamais demandé si son cul ou ses seins étaient de la bonne forme, de la bonne taille. J'ai même des copines qui complexent à cause de la couleur de leurs mamelons... Je suis capable d'entendre qu'il y ait une norme médicale, mais je trouve insensé qu'on fasse converger les courbes de l'IMC avec les critères de beauté. D'où vient cette idée débile ?"

    Dans On ne naît pas grosse, Gabrielle Deydier se réapproprie son corps en menant une double investigation. D'un côté, elle retrace son histoire personnelle et révèle ses propres tabous. D'un autre, elle enquête sur le traitement que le chirurgien, l'employeur et l'internaute lambda réservent aujourd'hui aux personnes obèses. Fondatrice du webzine culturel Ginette Le Mag, elle signe ici son premier livre.

  • L'épidémie du coronavirus met davantage en danger les populations fragiles, dont les sans-abri. Vulnérables physiquement et exposés publiquement, quand ils sont totalement à la rue, ils subissent souvent des niveaux élevés d'exiguïté et de promiscuité quand ils sont dans les centres d'hébergement. Pour Julien Damon se posent alors la question de l'ajustement des services, mais aussi des problèmes plus fondamentaux comme celui du consentement au confinement.

    Julien Damon est professeur associé à Sciences Po et conseiller scientifique de l'École nationale supérieure de sécurité sociale. Il a été responsable de la Mission Solidarité de la SNCF, directeur des études à la Caisse nationale des Allocations Familiales (CNAF), chef du service Questions sociales au Centre d'Analyse Stratégique, Président de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Il a récemment publié, chez le même éditeur, Qui dort dehors ?

  • Plongée dans le quotidien disloqué de huit foyers des quartiers pauvres de Milwaukee, au Wisconsin, où chaque jour, des dizaines de ménages sont expulsés de leurs maisons. Arleen élève ses garçons avec les 20 dollars qui lui restent pour tout le mois, après avoir payé le loyer. Lamar, amputé des jambes, s'occupe des gamins du quartier en plus d'éduquer ses deux fils. Scott, infirmier devenu toxicomane après une hernie discale, vit dans un mobile home insalubre. Tous sont pris dans l'engrenage de l'endettement et leur sort est entre les mains de leurs propriétaires, que l'on suit aussi au fil du récit.

    Fruit de longues années de terrain, ce livre montre comment la dégradation des politiques du logement et la déréglementation du marché de l'immobilier fabriquent et entretiennent l'endettement chronique et la pauvreté, une violente épidémie qui s'avère très rentable pour certains et qui frappe surtout les plus vulnérables, en l'occurrence les femmes noires. Ouvrage magistral et captivant qui offre un regard précis et juste sur la pauvreté et un implacable plaidoyer pour le droit à un habitat digne pour tous

  • « Il y a plus d'adultes africains-américains sous main de justice aujourd'hui - en prison, en mise à l'épreuve ou en liberté conditionnelle - qu'il n'y en avait réduits en esclavage en 1850. L'incarcération en masse des personnes de couleur est, pour une grande part, la raison pour laquelle un enfant noir qui naît aujourd'hui a moins de chances d'être élevé par ses deux parents qu'un enfant noir né à l'époque de l'esclavage. »
    Dans ce livre devenu un classique des luttes contre la prison et le système judiciaire aux États-Unis, ­Michelle Alexander revient dans des pages ­fulgurantes sur les mutations de la domination ­raciale et de l'enfermement.
    De l'esclavage aux innombrables prisons actuelles, en passant par la ségrégation de l'ère « Jim Crow », ce livre explore la façon dont en quelques décennies, avec la « guerre contre la drogue », les Noirs et les Latinos ont commencé à être enfermés en masse, jusqu'à dépasser aujourd'hui deux millions de prisonniers.
    Du quadrillage policier aux ­cellules, en passant par le profilage racial et une machine judiciaire implacable, l'auteure dévoile tous les ­mécanismes de cette nouvelle ségrégation qui a créé une nouvelle « sous-caste raciale », une « race des prisonniers ».

  • Si la liberté d'aller et venir constitue un droit fondamental, le respect de cette liberté dans le soin et l'accompagnement est parfois entravé ou profondément confisqué (enfermement, absence d'accessibilité, surveillance...). Grâce à un ensemble riche de compétences et d'expériences, cet ouvrage déroule les dilemmes éthiques qui se jouent autour de la liberté de mouvement et de circulation dans les différents espaces (en prison, au domicile, dans les lieux de soin et d'hébergement et plus largement dans la cité) et invite à une réflexion plus large sur notre rapport à l'espace et à la liberté.

  • Comment devient-on SDF et comment survit-on dans la rue ? Pour le savoir, Hubert Prolongeau a partagé pendant quatre mois la vie des sans-abri. Il livre ici le fruit de cette expérience et en dresse un douloureux inventaire : une chronique de l'existence quotidienne de ceux que la société refoule, leur souffrance et les moyens d'y échapper, l'ennui, le sexe, l'alcool, la honte et la méfiance des autres.
    Né est 1962, Hubert Prolongeau est écrivain et journaliste indépendant. Il est notamment l'auteur de plusieurs biographies et essais sur la nouvelle pauvreté et le monde du travail parallèle.
    " L'extrême précarité n'est plus honteuse. Elle est ordinaire. "
    Le Nouvel Obs
    Nouvelle édition, enrichie et mise à jour

  • Quand la vie trébuche...
    - portraits de ceux qui n'ont plus rien
    - histoires de chutes à peine croyables
    - récits de rebonds enthousiastes

    Christel Brigaudeau est journaliste. Depuis des années, elle a choisi de s'intéresser aux gens qui vivent en marge de notre société, à même la rue ou dans une précarité qu'ils n'ont pas vu venir...

    Parce que la chute n'est pas réservée aux plus faibles, Christel Brigaudeau a choisi de livrer ces 15 portraits de Français "comme les autres" qui, un jour ou l'autre affrontent la rue. Rupture familiale, addictions, maladie, panne profesionnelle... les raisons de la chute sont multiples et chacun peut s'y retrouver.

    Mais parce qu'il est possible de se relever, Christel Brigaudeau explique comment certains de ses personnages retrouvent une vie normale, heureuse et abritée.

    Cet ouvrage permet de mieux comprendre un phénomène qu'il est impossible de ne pas voir dans son quotidien.

  • La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les « jeunes des cités » constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d'ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu'elle permet, l'emprise des valeurs consuméristes, ont d'autant plus détérioré leurs capacités de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ». Faut-il en conclure qu'à la culture de rébellion de la « génération ouvriérisée » des années 1970 s'opposerait aujourd'hui « l'individualisme négatif » d'une « génération désouvriérisée » ?
    La postface de Florence Weber revient sur le tabou du déclassement qui enferme depuis quinze ans les perdants de la mondialisation dans la colère, le retrait et la honte. La croissance des inégalités territoriales s'est aggravée en France depuis la crise économique de 2008, tandis que la course au diplôme sans création d'emplois qualifiés, notamment dans le secteur de la culture, minait la confiance dans l'école, jusque chez les jeunes des classes moyennes sans patrimoine.

  • Alors que le pays avait su établir un consensus républicain, faisant des HLM le patrimoine de la Nation, l'incertitude s'installe sur le devenir de ce pilier des territoires, à la mission cruciale pour les plus modestes. Frédéric Paul décrit de l'intérieur cette déstabilisation alors que le Mouvement HLM était devenu l'égal des grands services publics, en dépit de contradictions et de fragilités propres à son organisation. Surtout, il propose des pistes concrètes pour redéfinir ses missions et sauvegarder un cap essentiel, celui de la solidarité. Comme l'écrit dans sa préface Cécile Duflot, ancienne Ministre du Logement, « (il) formule des propositions qui doivent alimenter l'indispensable débat, tant politique national qu'interne aux institutions HLM. »

    Frédéric Paul est Normalien et économiste. Il est Délégué général entre 2013 et 2018 de l'Union sociale pour l'habitat (Mouvement HLM), au terme d'une carrière entière dans le secteur, notamment comme directeur des Offices de l'Orne et de Nantes.

  • Entre analyses pertinentes et bouffées délirantes, cet essai décrypte l'univers du voyage dans un monde à l'arrêt. L'auteur, anthropologue autonomade, se promène entre l'ailleurs et l'ici, abordant les sujets les plus sérieux et les plus futiles. Il partage ses pensées buissonnières autour de nos trips qui ne passent plus et autres nomadismes contrariés. Ouvrage de chroniques sur les tourismes en voie de mutation ou de disparition, on y porte également un regard acéré sur notre planète dévastée mais à la merci du capitalisme. L'auteur entend balayer devant sa porte mais aussi jusque dans les moindres recoins du monde pour débusquer les inepties du tourisme contemporain, les incohérences des voyages dans toutes ses variantes.

  • Adossé au mythe de la banlieue, le mythe des cités-ghettos fait surgir dans notre esprit de multiples images, du ghetto de Varsovie aux ghettos noirs américains, et une crainte fondamentale, celle d'y vivre ou d'y être confrontés.
    Instrumentalisé par les politiques, entretenu par les médias, ce mythe opère à partir d'images simplifiées pour une appropriation par le plus grand nombre, faisant oublier qu'un mythe peut en cacher un autre...

  • Ce numéro présente les nouveaux enjeux et certaines perspectives d'analyse en matière de développement inclusif, d'inégalités et de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. Les articles ici réunis cherchent à approfondir la réflexion sur les interactions entre la croissance et les multiples dimensions du développement et de la pauvreté dans une approche à la fois économique, social et politique à l'échelle mondiale.

  • Dans cet ouvrage, l'auteur fait l'historique de la chambre de bonne en tant qu'élément architectural. Il dresse des comparaisons avec des espaces exigus similaires, présents dans des films ou des documentaires. L'auteur revient sur les rapports qui s'établissent entre le chercheur et les personnes filmées. L'analyse de dix courts-métrages réalisés dans ce cadre, puis l'exposé critique des entretiens réalisés, permettront de dégager une sociologie des habitants des chambres de bonne à Paris. Un DVD, Quelques mètres carrés, accompagne cette étude.

  • Depuis le début des années 1990, l'intérêt de la communauté internationale pour l'abolition du travail des enfants dans les pays du Sud est redevenu grandissant. La manière dont ce nouvel objectif, à la fois politique et social, est réapproprié et mis en pratique au Burkina Faso constitue le coeur de cet ouvrage. Il est important de mieux comprendre la place précise du travail dans la vie des enfants travailleurs (et de leurs familles) afin d'élaborer des politiques et des actions durables pour les aider.

  • L'adresse électronique remplacera-t-elle l'adresse du logement personnel ? Les administrations, les employeurs, les banques s'en contenteront-ils pour octroyer les droits civiques, civils et sociaux ? Serait-ce une avancée sociale ou la fin du droit au logement ? En quoi la domiciliation aide-t-elle les populations précaires ? Que devient pour eux et selon eux la question du logement ?

  • Les émeutes de 2005 ont été une occasion manquée pour la France de dessiner un nouvel horizon politique et social pour les banlieues. La banlieue reste une injustice française. Politique d'abord car personne ne la revendique, alors que tout semble la désigner coupable. Sociale ensuite car ses indicateurs sont au rouge et ses habitants en font les frais. Mais qui sait vraiment ce qu'est la banlieue ? Cet ouvrage fait le point sur la question en donnant des raisons d'espérer.

  • Sus au chômage : une méthode nouvelle et efficace conçue par un entrepreneur pour générer de l'emploi, en France comme à l'étranger.
    Contre le chômage, avons-nous vraiment tout essayé ?Si la France semble se résigner au chômage de masse, des solutions se dessinent pourtant et des entrepreneurs prennent des initiatives.C'est le cas de Guilhem Dufaure de Lajarte : à 44 ans, cet entrepreneur dans l'âme a fondé successivement trois sociétés. La plus récente, D2L GROUP, est à l'origine de la création de près de 4 000 CDI en moins de dix ans par des groupements d'employeurs qui mutualisent les postes salariaux entre plusieurs entreprises adhérentes.D2L GROUP est également à l'origine de nouveaux services disruptifs comme les Bus de l'emploi ou les JobStations, un concept inédit d'agence de recrutement. Il travaille aussi à la création du premier campus de formation dédié aux cols bleus. Seule l'innovation venue de la base permettra de réduire le chômage.Dans ce livre, Guilhem Dufaure de Lajarte analyse enfin en profondeur le nouveau socle social sur lequel reposent les relations du travail et son impact sur l'organisation des entreprises comme ses conséquences pour l'État, les élus et les organisations syndicales. Les entreprises doivent repenser leur " raison d'être " afin de donner à leurs activités le sens que réclame la génération millenium.

  • Des jeunes adultes montréalais se racontent. 89 récits de vie qui mettent en lumière de nouveaux styles d'activités, de nouvelles valeurs sociales et des pratiques culturelles tout à fait étonnantes. Des jeunes qui sont prêts à payer le prix de la liberté et de la créativité. Ils renoncent aux facilités de la société de consommation et prônent l'austérité d'un retour à une vie plus naturelle. Ce sont parfois des privations et la solitude mais c'est aussi la production de la débrouillardise, les petits boulots, l'entraide sécurisante, l'amitié, etc. Plus profondément, derrière l'argent, le travail salarié, le patron, l'école, la compétition, le long terme, l'épargne : c'est le monde du pouvoir qui est rejeté, le pouvoir « qui bloque tout, qui bloque les jeunes ». Un vaste questionnement de la société de consommation au profit du projet d'autonomie.

  • Le terme « habitat inclusif » désigne des formes d'habitat extrêmement diversifiées permettant à des personnes en situation de handicap de continuer à vivre chez elles mais aussi dans la Cité. Objet récent d'une politique publique et d'une inscription dans la loi, l'habitat inclusif apparaît pourtant voué à de nombreuses confusions, notamment sur sa finalité même.
    Avec la reconnaissance législative de ces pratiques d'habitat, l'« habitat inclusif est devenu un concept ». Mais il n'existe pas d'usages anodins des concepts : ils peuvent devenir des mots d'ordre ou bien des pièges. Ce petit dictionnaire s'efforce à ne pas brader les mots, leur porter toute l'attention qu'ils méritent.

  • Cet ouvrage ne porte pas seulement sur l'inventaire descriptif des pires formes de travail des enfants dans les vingt-quatre communes de la ville de Kinshasa et sur la présentation de son cadre juridique et institutionnel. L'étude est en effet enrichie d'une enquête, dont la finalité est la perception que ces enfants ont aussi bien du travail qu'ils font, du salaire qu'ils touchent, des risques qu'ils encourent, de leurs lendemains, que de tout autre sentiment qu'ils éprouvent en rapport avec leur travail.

  • La population de la R. D. Congo vit dans l'extrême pauvreté malgré les potentialités naturelles. Cet ouvrage explore la dimension humaine et sociale du développement à travers l'étude qualitative des « déterminants psychosociologiques de la pauvreté en République démocratique du Congo » : paresse, oisiveté et passivité ; manque d'informations et de capacités ; traditions, us et coutumes ; conflits sociaux ; sorcellerie, jalousie et fétichisme ; faible esprit d'initiative, de créativité et d'entreprise ; croyances magico-religieuses ; taille des ménages ; culture de la cueillette ; gouvernance... Quelques pistes de solutions sont proposées.

  • Nous les croisons tous les jours, au coin de la rue, devant le métro, la boulangerie ou dans un renforcement de porte, ces grands exclus du 3ème âge, ces séniors vivant dans la rue... Des hommes qui, depuis plus d'une décennie, ont tourné le dos à toute assistance et survivent dans la rue : les séniors de la rue. Aujourd'hui les deux mesures de lutte contre la pauvreté (le Plan de stratégie de lutte contre la pauvreté, et la Politique nationale du logement d'abord) tentent de vouloir résorber toute forme de pauvreté par un retour dans les normes dominantes. Mais ce retour est-il envisageable pour les séniors de la rue ?

  • Cet ouvrage invite le lecteur dans le quotidien des habitantes de la rue. Au travers de récits déployés, l'auteur donne à comprendre les rapports qu'entretiennent ces femmes au temps et à l'espace dans la grande précarité. Les systèmes de relations et les modes de (sur)vie mettent en lumière des logiques de débrouille et d'ajustements qui viennent contrecarrer les conduites à risques et les dangers affrontés quotidiennement par ces femmes.

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