Atelier 10

  • Elle est auteure et drama queen à ses heures; il est doctorant en philosophie et amateur de Timbits. Ils ont passé leur vingtaine ensemble. Cumulant les élans passionnés autant que les querelles et les infidélités, ils entretiennent aujourd'hui une relation ambigüe qui échoue à les rendre heureux. Peu à peu, les mots se sont substitués aux corps, et le langage a remplacé le lit double comme lieu privilégié des ébats. Mais ce soir, leur joute rhétorique les amènera aux limites du champ amoureux...
    Dans ce texte où se mêlent gravité et humour, Catherine Chabot pose un regard acéré sur les pérégrinations de la chambre à coucher.

  • Comme beaucoup d'entre nous, le Héros rêve de collectif en s'exilant dans l'individualisme. Écartelé entre ses contradictions, multipliant les petites lâchetés ordinaires de la classe moyenne, il constate son impuissance mais persiste à jouer au philosophe du vivre-ensemble.

    J-F Nadeau s'inspire de la psychogéographie, qui interroge l'effet du milieu sur l'individu, pour nous entrainer dans une ahurissante dérive urbaine. À l'intersection de la rue Bélanger et de la 2e Avenue, à Montréal, là où des commerces de cultures diverses se côtoient dans l'ignorance mutuelle, il apprend à la dure que le racisme est le fruit d'une indifférence érigée en règle première de la paix sociale.

    Voici une radiographie du repli comme de l'angélisme, pour regarder en face nos peurs, nos désirs et notre conditionnement, pour enfin envisager une cohabitation véritablement ouverte à l'autre.

  • Alors qu'un vent de fin du monde fait rage au-dehors, sept femmes se réfugient dans un centre d'achats. Elles sont des amies, des soeurs, des membres d'une même famille venues se chercher un T-shirt et des shorts, une tunique style bohème, une paire de jeans de qualité, une vie de qualité... Sous la lumière irréelle, le long des allées sans fin, elles promènent leurs envies frivoles et leurs espoirs déçus, leurs confidences vite étouffées sous une tonne de tops en solde, résolues dans leur quête de ce qu'elles ne trouveront pas.

    Emmanuelle Jimenez alterne à la perfection les dialogues savoureux et les didascalies poétiques au service d'une farce grinçante où le séduisant temple de la consommation libère peu à peu toute sa violence et son obscénité.

  • Un cheminot québécois, un assureur américain et un chercheur néozélandais portent le même nom: Thomas Harding. En apparence, ils n'ont rien d'autre en commun. Jusqu'au 6 juillet 2013. Cette nuit-là, un train qui déraille fait exploser une ville. Apparaissent alors au grand jour les rails invisibles qui relient ces existences les unes aux autres.

    Inspirée par la matière documentaire d'existences bien réelles, Alexia Bürger s'interroge sur le conformisme et sur la part de responsabilité des individus face au dérèglement du monde.

  • La classe moyenne est instrumentalisée par les politiciens et les commentateurs médiatiques, qui la dépeignent tantôt comme une immense cohorte de pauvres en devenir, tantôt comme une communauté martyrisée de contribuables parasités par l'État. Des pro­phètes de malheur annoncent même sa disparition.
    Enfant de la classe moyenne, Samuel Archibald a eu envie de se pen­cher sur ce qu'elle a été, ce qu'elle est devenue et ce qui l'attend. Et de parler de sa famille, des années 1980, de la religion du Publisac, de films de fin du monde et de stationnements de centres d'achats.

  • Cofondatrice de la revue La Vie en rose, Francine Pelletier se trouvait dans les tranchées de la révolution féministe, il y a 30 ans, alors qu'on entrevoyait le meilleur pour les femmes et la société en général. Une ère plus ouverte, décomplexée, libre et juste semblait s'annoncer. C'était avant l'électrochoc de la tuerie de Polytechnique, en 1989, la montée en puissance du fanatisme religieux et l'accroissement des inégalités sociales.

    Mais l'année 2014 aura été, à bien des égards, porteuse d'espoir pour la cause des femmes. Aura-t-il fallu attendre une nouvelle génération-et un sentiment d'urgence omniprésent-pour que le féminisme renaisse enfin de ses cendres?

    Francine Pelletier signe ici une réflexion inédite, vive et sincère sur ce que ça veut vraiment dire, être une femme dans le Québec actuel.

  • Entre l'immobilisme et une agitation désordonnée, l'homme du 21e siècle se cherche et ne se trouve pas. Malgré ses appétits ardents, il se conforme à ce qu'on lui dit de faire et d'être, sans s'interroger, ni rien remettre en doute. Dans cet essai, Steve Gagnon propose une réflexion sur l'état de l'homme, aujourd'hui: ses rôles, son image, ses référents, ses modèles. Il tente d'imaginer une nouvelle définition de la virilité, loin des stéréotypes, façonnée par les évolutions et révolutions des 100 dernières années.

  • Jean dit

    Olivier Choinière

    Dans un monde gangréné par le mensonge, un groupe d'individus érige sa quête de vérité en modèle de vie. Progressivement, cet idéal gagne différentes couches de la société, jusqu'à faire vaciller le pouvoir politique et financier. D'abord personnage fictif tiré d'un jeu, Jean devient un être suprême, qui châtie les menteurs et sauve ceux qui disent la vérité.
    Olivier Choiniere convoque a nouveau sa plume aceree et son regard mordant sur le monde pour depeindre une societe desesperee qui, n'ayant plus foi en elle meme et en ses institutions, se tourne vers une autorité imaginaire, aussi absurde et arbitraire soit-elle.

  • Animaux

    Alexis Martin

    Fascination, crainte, affection, dégout, protection, exhibition, anthropomorphisme... Depuis des millénaires, notre relation à l'animal est pétrie d'ambiguïté. Comment rendre compte, sur un plateau de théâtre, de cette histoire commune? Peut-on, par exemple, mettre en scène un chien, un chat, un cochon? Diriger un furet? Animaux fait le pari d'orchestrer l'aléatoire en plaçant des animaux en situation de représentation. À travers ce choix osé, cette pièce soulève une question essentielle: qu'est-ce qui fait de nous des êtres humains ?

  • Un souper entre anciens amis du secondaire s'est étiré et, peu à peu, les échanges dérapent. La réalité individuelle de ces jeunes trentenaires prend le pas sur les souvenirs chéris, et les perceptions du monde se confrontent. Les partis pris sont dévoilés au grand jour, les visions de l'avenir, de la maternité et de l'amitié sont brouillées à jamais.

    Maniant l'hyperréalisme avec une extrême précision, Catherine Chabot dresse un portrait incisif du Québec d'aujourd'hui, de ses penchants politiques et de notre besoin urgent de trouver de véritables issues de secours.

  • Ceci est un livre sur notre rapport à notre époque-mais aussi à la jeunesse qui incarne, dans notre esprit, ses carences et ses excès. Une époque que nous détestons, de manière générale. Pas toujours sans raison, bien entendu, mais avec une paresse intellectuelle qu'on réserve habituellement à la condamnation des frasques des chanteuses populaires. Constitué d'une série d'observations ayant Miley Cyrus comme pivot, cet essai n'a pas pour ambition de montrer que notre époque est au-dessus de tout reproche, mais seulement que cette autoflagellation en dit plus long sur nous que sur elle.

  • Ils nous écrivent depuis la Polynésie française, la République centrafricaine, les États-Unis ou les quatre coins du Canada. Ils nous racontent leur quotidien, les grandes et petites nouvelles qui échappent au traitement médiatique.

  • On ne compte plus les villes nord-américaines qui observent un sérieux déclin de leurs artères commerciales. Taxes élevées, concurrence de la banlieue, construction de mégacentres à ciel ouvert, vente en ligne... La compétition est féroce dans l'univers du commerce de détail, et les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Les rues marchandes se voient donc forcées de se réinventer, notamment sur le plan urbanistique, pour maintenir leur clientèle ou en séduire de nouvelles.

  • Notre collaborateur a tâté le pouls de la vibrante Barcelone, à la rencontre de son destin et de celui de la région.

  • Retour sur l'histoire méconnue de l'Université ouvrière fondée par Albert Saint-Martin dans les années 1920 à Montréal.

  • Le souci de la vérité, l'indulgence face à l'erreur, la curiosité, voilà quelques-uns des principes qui, aux yeux du sociologue, sont essentiels pour mener une vie signifiante.

  • En deux ans, les habitants d'Halifax ont installé davantage de chauffe-eaux solaires que l'ensemble des Canadiens. Non, il n'y avait pas de promotion monstre au Home Depot du coin: cette popularité s'explique plutôt par la présence de Solar City, un brillant programme municipal lancé en 2013, combinant économie et environnement. Pourquoi ne pas s'en inspirer?

  • Mélanie Joly, Rodolphe Husny, Marc-André Viau: portraits croisés de trois politiciens et, en filigrane, celui de l'écrivain.

  • «Je suis entrée dans Tokyo très doucement, comme dans l'eau tiède d'un lac. Comme dans une nuit qui aurait eu exactement la même température que mon corps. Sans m'en rendre compte, presque. Tokyo. Une ville qui ne commence ni ne finit jamais. Je suis entrée dans Tokyo en dormant, comme dans un rêve déjà rêvé». Portrait par Véronique Côté d'un archipel phosphorescent.

  • Retour sur le déluge de 1996 au Saguenay par le biais d'un pimpant retraité qui a mené bataille contre Abitibi-Consolidated: Paul-Étienne Gilbert. Extrait: Le 19 juillet 1996, il a plu sans discontinuer sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tellement qu'on s'est demandé si c'était la fin du monde. Paul-Étienne Gilbert, un retraité qui allait bientôt devenir le président du comité des sinistrés, magasinait avec sa femme à Place du Royaume lorsque la pluie a commencé. Quand il est sorti du centre d'achats, il a commencé à s'inquiéter. Il a trouvé qu'il mouillait pas normal. C'est la première affaire qu'il m'a dite lorsque je lui ai téléphoné, près de 20 après la catastrophe.

  • Émile Duchesne nous propose une immersion en forêt aux côtés de Ruby Saganash, chasseur cri.

  • Poésie de Chloé Savoie-Bernard, qui publiera cet automne un recueil de nouvelles rassemblées sous le titre Les femmes savantes (Éditions Triptyque).

  • À l'heure où les données numériques bousculent les connaissances en sciences sociales, le philosophe Martin Gibert se penche sur un phénomène jusqu'alors invisible: les discriminations raciales qui s'opèrent quotidiennement sur les sites de rencontres.

  • Les radiodiffuseurs privés souhaitent que soit réduite la proportion de chansons francophones qu'ils sont obligés de diffuser. Dans l'autre camp, les artistes et les producteurs font valoir l'importance des quotas pour la scène musicale québécoise. Et si le CRTC trouvait une solution pour que tous sortent gagnants de cette impasse?

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