Seuil

  • Et si notre civilisation s'effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant. Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d'auteurs, de scientifiques et d'institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu'elle s'est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d'éviter un tel scénario ?Dans ce livre, Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d'un possible effondrement et proposent un tour d'horizon interdisciplinaire de ce sujet - fort inconfortable - qu'ils nomment la "collapsologie". En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d'entre nous, ce livre redonne de l'intelligibilité aux phénomènes de "crises" que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd'hui, l'utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. L'effondrement est l'horizon de notre génération, c'est le début de son avenir. Qu'y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre...Pablo Servigne est ingénieur agronome et docteur en biologie. Spécialiste des questions d'effondrement, de transition, d'agroécologie et des mécanismes de l'entraide, il est l'auteur de Nourrir l'Europe en temps de crise (Nature & Progrès, 2014).Raphaël Stevens est éco-conseiller. Expert en résilience des systèmes socioécologiques, il est cofondateur du bureau de consultance Greenloop.Postface d'Yves Cochet, ancien ministre de l'Environnement et président de l'Institut Momentum.

  • De livre en livre, Ivan Jablonka ouvre des voies nouvelles. Avec une audace et une créativité peu communes, il invente ses sujets et ses formes. Après Laëtitia, après En camping-car, il explore sa « garçonnité » dans les années 1970-1980, s'interrogeant sur le « nous-garçons » et les frontières incertaines entre masculin et féminin.
    De sa famille au service militaire en passant par l'école, il raconte sa formation au fil d'une enquête souvent poignante, parfois drôle - toujours passionnante - où beaucoup pourront se reconnaître. Car cette « autobiographie de genre » dévoile une intimité à la fois individuelle, sociale et politique : l'histoire d'une génération. Avec une honnêteté troublante, Ivan Jablonka analyse le « malaise dans le masculin » qui fut le sien, restituant le vif et l'éclat de l'enfance dans ses enthousiasmes, ses émois et ses peines.

  • « Nous étouffons parmi des gens qui pensent avoir absolument raison », disait Albert Camus, et nous sommes nombreux à ressentir la même chose aujourd'hui, tant l'air devient proprement irrespirable. Les réseaux sociaux sont un théâtre d'ombres où le débat est souvent remplacé par l'invective : chacun, craignant d'y rencontrer un contradicteur, préfère traquer cent ennemis. Au-delà même de Twitter ou de Facebook, le champ intellectuel et politique se confond avec un champ de bataille où tous les coups sont permis. Partout de féroces prêcheurs préfèrent attiser les haines plutôt qu'éclairer les esprits.

    Avec ce livre, Jean Birnbaum veut apporter du réconfort à toutes les femmes, tous les hommes qui refusent la «brutalisation» de notre débat public et qui veulent préserver l'espace d'une discussion aussi franche qu'argumentée. Pour cela, il relit les textes de quelques intellectuels et écrivains qui ne se sont jamais contentés d'opposer l'idéologie à l'idéologie, les slogans aux slogans. Renouer avec Albert Camus, George Orwell, Hannah Arendt, Raymond Aron, Georges Bernanos, Germaine Tillion ou encore Roland Barthes, ce n'est pas seulement trouver refuge auprès de figures aimées, qui permettent de tenir bon, de se tenir bien. C'est surtout retrouver l'espoir et la capacité de proclamer ceci : dans le brouhaha des évidences, il n'y a pas plus radical que la nuance.

  • On ne peut pas supporter de voir les conditions de vie et de travail se dégrader alors que le pays a les moyens d'assurer le bien-être de tous.

    Le bien-être des Françaises et Français est au coeur du projet présidentiel de Jean-Luc Mélenchon : « on ne peut pas vivre heureux dans un océan de malheurs ! » Face à l'égoïsme et au chacun pour soi des logiques libérales, l'Avenir en commun défend une société de l'entraide et du « bien vivre ».

    Les leviers d'intervention pour créer les conditions du progrès social humain sont nombreux. C'est à l'État de s'engager, en commençant par refonder la fiscalité nationale pour qu'elle pèse moins sur le travail et qu'elle permette un juste partage des richesses.

    Le progrès social humain passe par la réduction des inégalités qui ont explosé en 20 ans ! Les salaires doivent augmenter, le temps de travail doit diminuer, la retraite doit être garantie : nous refusons les logiques de dégradation qui ont amené les gouvernements successifs à rogner sur les droits sociaux.

    Le programme de Jean-Luc Mélenchon propose d'accompagner tout au long de la vie les citoyens, en tenant compte de toutes les dimensions qui fondent l'humain : santé, culture, sport, formation, éducation et enseignement supérieur. Il s'agit aussi de faire toute la place nécessaire aux jeunes personnes, aux personnes âgées et dépendantes, ou encore aux personnes qui vivent avec un handicap. La société doit oeuvrer à une vie digne pour toutes et tous.

    Ce troisième numéro des Cahiers de l'Avenir en commun, le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, propose des orientations et des mesures prioritaires. Un questionnaire consultatif permet aussi de participer et d'exprimer son avis.

  • Mémoires vives

    Edward Snowden

    Les Éditions du Seuil publieront en septembre prochain, simultanément avec 20 autres éditeurs dans le monde, Mémoires vives, l'édition française du livre d'Edward J Snowden, Permanent record. L'ouvrage original sera publié par Metropolitan books (Macmillan) aux Etats-Unis le 17 septembre 2019.
    En 2013, un jeune homme de 29 ans surprend le monde entier en quittant la communauté du renseignement et en révélant que le gouvernement des États-Unis poursuit le projet secret de collecter toutes nos conversations téléphoniques, nos textos et nos emails. Ils veulent établir un système de surveillance de masse sans précédent, capable de s'infiltrer dans la vie privée de chaque personne sur la planète.
    Il révèle pour la première fois dans ce livre son histoire, comment il a participé à la mise en place de ce système et la crise de conscience qui l'a conduit à la révéler au public.
    "Edward J Snowden a décidé à l'âge de 29 ans de sacrifier son avenir personnel pour le bien de son pays, déclare John Sargent, président de Macmillan USA. Il a témoigné ainsi d'un courage immense, et, qu'on le veuille ou non c'est une fabuleuse histoire américaine. Il n'y a aucun doute que le monde est plus sûr et respectueux grâce à ce qu'il a fait. C'est une immense fierté pour Macmillan de publier Permanent record."
    Porté par une passion sans faille pour la vérité et une inébranlable sincérité, Mémoires vives est un témoignage exceptionnel, appelé à devenir un classique de notre temps.

  • L'auteur retrace le destin d'une quinzaine de jeunes femmes qui quittent leur pays du jour au lendemain, laissant parfois derrière elle famille, emploi et dans les cas les plus tragiques, des enfants.

    A travers ses longs portraits de « fugitives », Hélène Coutard décrit avec beaucoup de sensibilité l'insoutenable condition féminine en Arabie saoudite ; les stratégies, les ruses pour préparer la fuite. Un matin, faire comme si on partait pour son cours d'anglais et demander au taxi de foncer vers l'aéroport. Les périples sont des véritables épopées, éprouvantes, rocambolesques avec tout au bout, au Canada, en Australie ou en France, l'espoir d'une vie meilleure.

    Loin des clichés, on découvre les ressources de la génération Millenium. Nombreuses sont celles qui doivent leur liberté aux réseaux sociaux, en particulier aux activistes du groupe Sisterhood qui oeuvrent quasiment dans la clandestinité pour apporter une aide logistique, matérielle et psychologique aux fugitives. L'exil n'est pas toujours le refuge attendu ; elles y sont déracinées, avec la peur au ventre d'être retrouvées par des familles prêtes à tout pour laver l'affront du départ et par les services saoudiens furieux que ces jeunes femmes, en prenant la parole, ternissent l'image d'un royaume qui prétend se moderniser.

    On y lit le témoignage bouleversant de Julia, qui s'est échappée pendant son voyage de noces, en courant vers un poste de police à Roissy tandis que son mari de 40 ans son aîné était allé chercher les bagages ; elle est maintenant vendeuse dans un magasin de luxe à Paris ; ou celui de Suha qui a choisi de partir quand son échographe lui a appris qu'elle était enceinte d'une fille et qui reconnaît qu'avec un fils, elle serait peut-être restée.

    Des destins de femmes aux vies et aux personnalités parfois très différentes et qui ont pourtant une chose en commun : elles ont toutes eu la force de fuir et de se réinventer.

  • « L'ouvrage de Rutger Bregman m'a fait voir l'humanité sous un nouveau jour », Yuval Noah Harari, auteur de Sapiens.

    Ce livre expose une idée radicale.

    C'est une idée qui angoisse les puissants depuis des siècles. Une idée que les religions et les idéologies ont combattue. Une idée dont les médias parlent rarement et que l'histoire semble sans cesse réfuter.

    En même temps, c'est une idée qui trouve ses fondements dans quasiment tous les domaines de la science. Une idée démontrée par l'évolution et confirmée par la vie quotidienne. Une idée si intimement liée à la nature humaine qu'on n'y fait souvent même plus attention.

    Si nous avions le courage de la prendre au sérieux, cela nous sauterait aux yeux : cette idée peut déclencher une révolution. Elle peut mettre la société sens dessus dessous. Si elle s'inscrit véritablement dans notre cerveau, elle peut même devenir un remède qui change la vie, qui fait qu'on ne regardera plus jamais le monde de la même façon.

    L'idée en question ?

    La plupart des gens sont bons.

    Captivant et inspirant, formidable succès partout dans le monde, Humanité ouvre avec humour, sérieux et pédagogie de nouveaux horizons. Et si nous étions plutôt bons ? Et si un livre pouvait changer le monde ?

    Historien, journaliste pour le magazine en ligne De Correspondent, Rutger Bregman est l'auteur du génial Utopies réalistes, best-seller traduit dans plus de trente pays.

    Traduit du néerlandais par Caroline Sordia et Pieter Boyekens

  • " J'ai une passion, une pulsion, un vrai démon de la connaissance ! J'ai envie d'apprendre. Je suis toujours très reconnaissant à qui m'apprend quelque chose et j'aime toujours apprendre aux autres. C'est une priorité au quotidien. Avant même de manger ! C'est comme si j'avais la mission, au sens ordinaire du terme, d'enseigner. Et plus j'avance en âge, plus cela se présente comme : "Il faut. Ça urge !" "
    Hubert Reeves
    Astrophysicien de renommée mondiale, Hubert Reeves a nourri toute sa vie une passion pour l'histoire du cosmos. Pour lui, nous faisons partie d'un système où univers, nature et humanité sont interdépendants. Afin de préserver cet équilibre de vie pour tous, il est devenu un grand défenseur de la nature.
    Hubert nous confie ici les étapes de son cheminement, qui l'ont mené progressivement vers une belle sérénité. Il évoque les influences qui l'ont formé, ses choix, ses joies mais aussi ses doutes et inquiétudes, les difficultés qu'il a pu rencontrer et la manière dont il les a surmontées.
    Voici une source d'inspiration et d'énergie qui devrait nous inciter à assumer nos propres envies.
    Entretiens menés par Sophie Lhuillier

  • Énorme succès à l'étranger, ce livre haletant nous offre enfin la clé de compréhension des désastres climatiques, écologiques, pandémiques et économiques contemporains. Accuser Sapiens, un humain indifférencié et fautif depuis toujours, est une imposture. Notre histoire est sociale : c'est celle des structures de domination nées il y a cinq mille ans, et renforcées depuis cinq siècles de capitalisme, qui ont constitué un engrenage destructeur de la Terre et de l'avenir de l'humanité, une mégamachine.
    Mais ces forces peuvent aussi être déjouées et la mégamachine ébranlée. Alors que les alternatives ne manquent pas, quel déclic nous faut-il pour changer de cap et abandonner une voie manifestement suicidaire ? La réponse est dans ce récit. Car seul celui qui connaît sa propre histoire peut être capable de l'infléchir.

    « Aucun sujet n'est plus important. Une contribution d'une grande valeur qui vient à point. »
    Noam Chomsky

    « Un livre magnifique, d'une actualité brulante. Nous devons à l'auteur gratitude, solidarité et beaucoup d'admiration. »
    Jean Ziegler

    « Une lecture obligatoire pour toutes celles et tous ceux qui s'élèvent contre un système qui est en train de détruire la vie sur Terre et notre avenir. »
    Vandana Shiva

  • Printemps 2020. Pour faire face au Covid-19, le premier état d'urgence sanitaire de l'histoire de France est instauré, s'inspirant de l'état d'urgence décrété pendant la guerre d'Algérie. Du jour au lendemain, l'intégralité de la population française se retrouve assignée à résidence, privée de sa liberté d'aller et de venir, de son droit à la vie privée et, selon les cas, de son droit au travail ou à la liberté d'entreprendre.

    Parallèlement, un mécanisme de surveillance généralisée est mis en place, avec quadrillage policier du territoire et usage de drones. Désormais, chaque citoyen est considéré comme un danger potentiel. Il n'est plus un sujet de droit mais un « sujet virus ».

    Alors que l'état d'exception contamine peu à peu le droit commun à la manière d'une tache d'huile, les catégories de personnes et les champs touchés par les réductions de libertés ne cessent de s'étendre. Quelles conséquences, dans ces conditions, pour les libertés publiques ? Quels contre-pouvoirs mobiliser face à l'arbitraire de l'exécutif ? Faut-il apprendre à vivre avec ce nouveau paradigme, ou, position défendue par l'auteur, ne pas s'y résigner ?

    L'expertise d'Arié Alimi est précieuse et permet de poser un regard sans concession sur la question des libertés publiques et des dérives policières, au coeur de l'actualité. Face à ce « coup d'état d'urgence », il est encore temps de réagir.

  • Notre assiette est un puissant levier de lutte contre le réchauffement climatique et d'amélioration de notre bien-être. Comment agir ? Par où commencer ?

    Fruit de cinq années de rencontres aux quatre coins du monde, cette enquête explique pourquoi notre système alimentaire est le principal responsable des menaces qui pèsent sur la planète et sur notre santé. Dépassant ce simple constat, l'auteur suggère des solutions économiquement viables et à portée de tous pour changer la donne : réduction de notre consommation de viande, réinvention de nos habitudes alimentaires, méthodes de cuisine antigaspillage, transformation de nos déchets alimentaires, fermes municipales, cantines 100% bio, jardins partagés pour les plus défavorisés, politiques de soutien aux petits producteurs, etc. Du Brésil à l'Allemagne, de la Suède aux Etats-Unis, Benoît Bringer donne la parole aux femmes et aux hommes qui inventent un nouveau modèle alimentaire respectueux de la nature en démontrant que leurs initiatives sont bonnes, rentables, même à grande échelle.

    Quête d'un jeune père qui s'interroge sur la meilleure façon de nourrir ses enfants et sur le monde dans lequel ces derniers grandiront, ce livre porteur d'espoir est aussi riche de propositions vers une transition alimentaire indispensable. Il montre comment chacun d'entre nous peut être acteur du changement en l'absence d'initiative des pouvoirs publics.

  • C'est l'histoire d'une ville qui s'effondre. Et d'un maire qui vacille. Ou l'inverse. Depuis l'effondrement, le 5 novembre 2018, de deux immeubles, rue d'Aubagne dans le quartier de Noailles à Marseille, près du Vieux-Port, et la mort de huit habitants, la gestion de Jean-Claude Gaudin est pointée du doigt de toutes parts. A la veille d'élections municipales qui marqueront la fin de vingt-trois ans de règne sans partage, la valse des prétendants prend les allures d'un fascinant jeu de massacre, où les marionnettes préfigurent la partition électorale à venir.
    Dans une ville qui se paupérise plus qu'elle ne se gentrifie, les réseaux d'influences se pilotent depuis les quartiers riches. De cet effondrement annoncé beaucoup espèrent alors émerger pour gouverner la ville. Mais rien ne pousse sur un tas de gravats. Sinon de l'herbe folle.
    Entre l'enquête de terrain et le réquisitoire implacable, L'effondrement du Monstre dénonce le système d'une ville gangrénée par la corruption et l'incompétence.
    Prix Albert-Londres en 2014 pour ses articles 'Quartiers shit' parus dans La Marseillaise, Philippe Pujol, quarante-quatre ans, a signé en 2016 La Fabrique du Monstre aux éditions Les Arènes (Points 2016), succès critique et public.
    La qualité de ses enquêtes sur le terrain fruit de longues immersions l'ont imposé comme l'un des voix les plus passionnantes du reportage.

  • Cet ouvrage dépeint le côté sombre de l'économie et des affaires, celui dont on ne parle pas. Rigueur pédagogique, clarté et souci de donner à voir le phénomène dans toute son étendue, il s'impose d'emblée comme un livre de référence.

    En s'appuyant sur d'innombrables exemples, qui souvent laissent pantois, il décrit la délinquance protéiforme contournant les systèmes juridiques, les manipulations des marchés publics, la corruption, le blanchiment et l'intrusion de la criminalité. Ancien inspecteur des impôts, Noël Pons convie son lecteur à une balade singulière dans les coulisses des manoeuvres frauduleuses hexagonales et internationales. Il le guide dans le dédale organisé par les industriels de la fraude et des corruptions, lui en détaille les rouages, parfois simplistes, souvent diablement compliqués. Il retrace le cheminement des flux d'argent ainsi générés aux dépens des États et de chacun de nous.

    Il montre comment les comportements délictueux de certains « premiers de cordée » génèrent un circuit infernal qui les enchaîne inévitablement à la grande criminalité. Plus encore, en revenant sur d'innombrables « affaires », il révèle comment le venin des fraudes a finalement envahi toutes les strates de l'économie mondiale et de la société, au détriment de la collectivité. Car si la loi n'a plus d'importance, si la réalité des situations n'a plus d'importance, que reste-t-il qui vaille ?

  • Depuis quatre ans, les « Gaulois réfractaires » subissent au quotidien la revanche d'Emmanuel Macron, dont les professeurs de Sciences po soulignaient les « facilités évidentes à l'expression orale » mais aussi sa « tendance à être trop certain » et « trop long ». Recalé deux fois au concours d'entrée de l'École normale supérieure, il pense désormais s'imposer par la force de son verbe. Pour vaincre et convaincre, l'homme du « Grand Débat » et des petites phrases s'adapte et, selon les situations, puise dans différentes langues : celle de Balzac, celle du business, celle de Booba. S'il réserve le style profond et élevé à certains, il sait donner des gages à d'autres en usant d'un « globish » managérial. Quand il ne prétend pas, devant d'autres encore, rivaliser dans la tchatche.

    L'actuel locataire de l'Élysée a ainsi fait de la parole et de la rhétorique plus que le véhicule d'expression d'une politique : un véritable instrument de gouvernement. Cette anthologie, fleurie et fouillée, de citations présidentielles met à nu les voix pénétrables de Jupiter.

  • Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l'histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l'euro, regain démocratique et menace autoritaire.
    Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l'évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d'antidépresseurs, etc.
    Les faits surprendront. Les interprétations que propose l'auteur doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis " sous surveillance statistique ". À gauche, comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession conduit même Emmanuel Todd à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.
    À la lecture de ce livre riche, stimulant, provocateur, la vie politique des années 1992-2019 prend tout son sens : une longue comédie politique où s'invitent les classes sociales.
    Bienvenue donc dans cette France du xxie siècle, paralysée mais vivante, où se côtoient et s'affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l'individu-roi, avant l'inéluctable retour de la lutte des classes.
    Emmanuel Todd est l'auteur d'une œuvre originale d'anthropologie historique. Il a notamment publié L'Invention de l'Europe (Seuil, 1990), L'Origine des systèmes familiaux (Gallimard, 2011) et Où en sommes-nous ? (Seuil, 2017).
    Baptiste Touverey est journaliste au magazine Books, où il réalise des entretiens avec de grands intellectuels et chercheurs de renommée mondiale. On lui doit aussi un roman Constantinople (Robert Laffont/Versilio, 2018).

  • La dynamique de la société « hyper-industrielle » est-elle compatible avec l'urgence écologique ? Les gains d'efficacité considérables mis en oeuvre par la machine industrielle ne suffiront pas à enrayer la catastrophe écologique qui menace. De nouveaux régimes de sobriété sont nécessaires. Mais, pour être désirables, ils doivent s'inscrire dans une réorientation des priorités productives : santé, éducation, alimentation, loisirs, sécurité, mobilité. Cette économie humano-centrée est en train d'émerger, mais son versant collectif reste largement à construire. C'est là que se trouvent les emplois permettant de sortir du monde thermo-fossile. Ainsi pourra-t-on fonder une nouvelle base productive, plus durable, enfin recentrée sur les besoins essentiels des êtres humains.

  • Économie de l'attention, incapacité de se concentrer, armes de distraction massive, googlisation des esprits : d'innombrables publications dénoncent le déferlement d'images et d'informations qui, de la télévision à Internet en passant par les jeux vidéo, condamnerait notre jeunesse à un déficit attentionnel pathologique.Cet essai propose une vision d'ensemble de ces questions qui prend à contre-pied les lamentations courantes. Oui, la sur-sollicitation de notre attention est un problème à mettre au coeur de nos analyses économiques, de nos réformes pédagogiques, de nos réflexions éthiques et de nos luttes politiques. Mais, non, l'avènement du numérique ne nous condamne pas à une dissipation abrutissante. Comment rediriger notre attention ? À quoi en accorder ? Faut-il que chacun apprenne à « gérer » ses ressources attentionnelles pour être plus « compétitif », ou faut-il plutôt nous rendre mieux attentifs les uns aux autres ainsi qu'aux défis environnementaux (climatiques et sociaux) qui menacent notre milieu existentiel ? Ce livre défend la seconde voie. Il pose les fondements d'une écologie de l'attention comme alternative à une suroccupation qui nous écrase. Il espère que vous trouverez le temps de le lire...Yves Citton est professeur de littérature à l'Université de Grenoble et co-directeur de la revue Multitudes. Il a notamment publié Renverser l'insoutenable (Seuil, 2012) et dirigé un ouvrage collectif intitulé L'Économie de l'attention. Nouvel horizon du capitalisme ? (La Découverte, 2014).

  • La culture occidentale n'a cessé de représenter les manières dont l'amour fait miraculeusement irruption dans la vie des hommes et des femmes. Pourtant, cette culture qui a tant à dire sur la naissance de l'amour est beaucoup moins prolixe lorsqu'il s'agit des moments, non moins mystérieux, où l'on évite de tomber amoureux, où l'on devient indifférent à celui ou celle qui nous tenait éveillé la nuit, où l'on cesse d'aimer. Ce silence est d'autant plus étonnant que le nombre des ruptures qui jalonnent une vie est considérable.
    C'est à l'expérience des multiples formes du " désamour " que ce livre profond et original est consacré. Eva Illouz explore l'ensemble des façons qu'ont les relations d'avorter à peine commencées, de se dissoudre faute d'engagement, d'aboutir à une séparation ou un divorce, et qu'elle désigne comme des " relations négatives ".
    L'amour semble aujourd'hui marqué par la liberté de ne pas choisir et de se désengager. Quel est le prix de cette liberté et qui le paye ? C'est tout l'enjeu de cet ouvrage appelé à faire date, et qui prouve que la sociologie, non moins que la psychologie, a beaucoup à nous apprendre sur le désarroi qui règne dans nos vies privées.
    Eva Illouz est directrice d'études à l'EHESS. Elle est notamment l'auteure de Pourquoi l'amour fait mal et des Sentiments du capitalisme, publiés aux Éditions du Seuil, et récemment de Happycratie.
    Traduit de l'anglais par Sophie Renaut.

  • " Qui suis-je ? Si je le savais, cela réglerait un certain nombre de questions que je continue à me poser ! Mais heureusement, j'ai commencé par refuser d'être celui que l'on voulait que je sois. J'ai renoncé très jeune à rentrer dans une catégorie, case, obligation, ou bienséance. Finalement, j'ai exploré deux pistes : l'émerveillement, lorsqu'on observe les insectes on est dans l'étonnement, et le faire, parce que fabriquer de ses mains m'a toujours paru très important. "
    Gilles Clément a vécu son enfance entre la Creuse et Oran, où s'est ancré son goût du voyage et de l'observation. Jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, enseignant et écrivain, il n'a qu'une passion : le vivant ! Il est à l'origine de nombreux sites (privés et publics, en France et dans le monde) : le jardin de l'Arche de la Défense (Paris), le parc Matisse (Lille), le Domaine du Rayol (Var). Il en a dégagé certains concepts florissants (le Jardin en Mouvement, le Jardin Planétaire et le Tiers-Paysage) sur un principe de base : " Faire le plus possible avec, le moins possible contre " la nature, les énergies, la vie.
    Entretiens menés par Sophie Lhuillier

  • Dépakine, Mediator, Distilbène, Agréal, Essure, Levothyrox... Les médicaments à destination des femmes constituent l'essentiel des scandales pharmaceutiques des soixante dernières années. Pour tout le monde, le Mediator résonne comme le scandale pharmaceutique de cette décennie. Mais qui sait que, derrière les milliers de victimes de cet antidiabétique utilisé comme un coupe-faim, se cache une très grande majorité de femmes ? Dernièrement, l'Androcur, prescrit contre l'hirsutisme (surpilosité), a défrayé la chronique en favorisant chez celles qui y avaient recours le développement de tumeurs au cerveau. Plus récemment encore, le Levothyrox, prescrit à 85 % à la gent féminine, s'est ajouté à cette litanie.

    En France, le phénomène, invisible, reste hors des radars des autorités sanitaires. Ailleurs dans le monde, on s'interroge davantage. « Entre 1997 et 2001, 80 % des médicaments retirés du marché posaient plus de problèmes aux femmes qu'aux hommes », notait dans un rapport la Cour des comptes américaine. D'autres pays cherchent à connaître les raisons de la forte présence des femmes parmi les victimes des effets secondaires.

    Il est grand temps de lancer l'alerte : de la fabrication du médicament à son utilisation, des laboratoires aux institutions en passant par les prescripteurs, quand le patient est une patiente, c'est tout un système qui déraille.

  • Les catholiques suscitent parfois un étonnement qui évoque celui des Parisiens du xviiie siècle face au Persan de Montesquieu : " Ah ! ah ! monsieur est catholique ? C'est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être catholique ? " Nombre de nos contemporains ne comprennent plus comment ni pourquoi on peut (encore) adhérer à une telle vision du monde... quand ils n'affirment pas qu'elle est dénuée de sens. Quant aux catholiques, ils se dérobent trop souvent au débat.
    Ces questions et critiques méritent d'être prises au sérieux. Denis Moreau, philosophe catholique, fait donc tout simplement le choix de s'expliquer sur sa foi, en se plaçant sur le terrain de l'argumentation rationnelle. Cela n'exclut ni la profondeur spirituelle, ni le témoignage, ni l'humour. De la question de la foi à celle de la résurrection de Jésus, en passant par l'idée de sagesse, le problème du mal, la place du plaisir dans le catholicisme, les beautés et noirceurs de son histoire ou encore son avenir, ce livre apporte des réponses riches et éclairantes à de très nombreux débats et questions.
    Il ne convertira personne au catholicisme – ce n'est d'ailleurs pas son but. Mais à ceux qui ne croient pas, il suggérera qu'un catholique n'est pas nécessairement un imbécile. À ceux qui croient déjà, il fournira quelques arguments susceptibles d'affermir leur foi. À tous, il expliquera que lorsque se pose la seule question qui vaille vraiment – comment tenter de réussir sa vie ? – le catholicisme constitue une des bonnes réponses envisageables. Et même un choix de raison.
    Denis Moreau est professeur de philosophie à l'université de Nantes. Auteur de plusieurs ouvrages sur Descartes et l'histoire de la philosophie moderne, il a aussi codirigé un Dictionnaire des monothéismes (Seuil, 2013) et publié des essais plus personnels comme Pour la vie ? Court traité du mariage et des séparations (Seuil, 2014) ou Mort où est ta victoire ? (Bayard, 2017).

  • C'est un mot interdit, un mot tabou, un mot qui fait peur même à ceux qui s'y reconnaissent : "anarchisme" ! Et pourtant, cette vision du monde, bien loin des images de violence que les dominants répandent pour la discréditer, promeut la coopération, l'émancipation, le respect des êtres et du vivant. C'est ce que vous racontera ce livre, qui n'est pas un essai, mais une histoire : celle d'une femme " normale ", qui n'aurait jamais pensé qu'elle était anarchiste, mais qui, au fur à mesure de son parcours intellectuel et politique, a découvert cette doctrine libératrice. Par son refus de l'autoritarisme et son souci de l'écologie, l'anarchisme se répand discrètement à travers la société et s'articule de plus en plus souvent, dans les idées et sur le terrain, avec l'écologie. Il était temps que l'on puisse de nouveau afficher sereinement ce mot. Et si, vous aussi, vous étiez anarchiste sans le savoir ?
    Isabelle Attard, docteure en archéozoologie et directrice de musée, a longtemps vécu en Suède. Revenue en France, elle a été députée écologiste entre 2012 et 2017. L'occasion de prendre des positions fortes, notamment contre l'état d'urgence. Chemin faisant, Isabelle Attard a découvert l'anarchisme, un idéal politique dans lequel elle s'est pleinement reconnue.

  • Les jeunes sont une proie privilégiée pour la peur qui s'est installée au coeur de l'Europe, et en France en particulier, depuis les derniers attentats djihadistes. Comment les aider à s'en libérer ? En mettant des mots sur la chose. En retraçant l'histoire du mot terrorisme et des réalités qu'il désigne, depuis certains des épisodes les plus sanglants de l'histoire jusqu'au déchaînement actuel du fondamentalisme islamiste, auquel l'essentiel du dialogue est consacré. A nouveau, c'est avec sa fille que Tahar Ben Jelloun s'explique ici. Écrivain, romancier, Tahar Ben Jelloun a reçu le prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée (Seuil). Le Racisme expliqué à ma fille et L'Islam expliqué aux enfants (et à leurs parents) ont connu un succès public considérable.

  • Le présent livre dépasse l'interminable débat sur l'antisémitisme et l'antisionisme, et lui donne de nouvelles et stimulantes dimensions. Il remonte aux débuts de l'histoire de la judéophobie, et remet en cause l'idée selon laquelle le christianisme se serait édifié après et en opposition au judaïsme. Au contraire, estime-t-il, et malgré le présupposé chronologique, c'est bien le judaïsme qui s'est constitué sous la pression du christianisme, s'accommodant du même coup des termes du procès que lui ont fait, des siècles durant, ses ennemis.
    Ce renversement est riche de bénéfices intellectuels et politiques. Il rend caduque la mauvaise querelle assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme (celle-là même qui fut relancée par Emmanuel Macron), et nourrit des questionnements parfaitement contemporains : " Jusqu'à quel point, écrit Shlomo Sand, le sionisme, né comme une réponse de détresse à la judéophobie moderne, n'en a-t-il pas été le miroir ? Dans quelle mesure, par un processus dialectique complexe, le sionisme a-t-il hérité des fondements idéologiques qui ont, de tout temps, caractérisé les persécuteurs des juifs ? "
    Un essai brillant et brûlant.
    Professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, Shlomo Sand est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), qui a suscité des nombreuses controverses, où il questionne durement la construction mémorielle de l'État d'Israël. Il a récemment publié au Seuil son premier roman, La Mort du Khazar rouge, désormais en Points.
    Traduit de l'hébreu par Michel Bilis

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