Éditions de l'Observatoire

  • « On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d'origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l'heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pedigree » alors que l'injonction est de choisir un camp ? À travers une série de mots, notions et expressions « politiquement correctes », Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les « mots qui séparent » ? souchien, racisé, afro-descendant, intersectionnalité, minorité... : présentés comme des outils indispensables pour combattre le racisme, ils enfoncent en fait le couteau dans les plaies qu'ils prétendent cicatriser. Puis les « mots qui ne vont nulle part » : vivre-ensemble, diversité, mixité et non-mixité, etc., qui appauvrissent le langage et, dans une « bienveillance inclusive », alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les « mots qui réparent » ? intimité, création, désir ? qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société, gangrénée par les crispations identitaires et les oppositions stériles entre les genres.  

  • Un an après L'Amour sous algorithme, qui lui a valu le titre de « la Française qui a défié Tinder », Judith Duportail se sent trahie par sa propre science. Ses analyses et conclusions ne l'empêchent pas, elle aussi, de souffrir des « incivilités affectives » de notre époque (du ghosting, à l'orbiting, et autres cruautés désinvoltes 2.0), et de traverser un burn-out émotionnel à force de luttes et d'errance dans le monde post-Tinder. Elle s'impose alors une « pause » affective pour reprendre son observation des relations amoureuses contemporaines et nous entraîne dans une (en)quête des liens et relations humaines à l'heure de la fin programmée de l'amour. Au-delà même de la problématique des applications de rencontre ou des réseaux sociaux, comment concevoir aujourd'hui le couple quand on appelle à le déconstruire ? Comment, concrètement, faire respecter ou tout simplement penser son consentement ? Ou même construire des relations égalitaires dans l'intimité quand notre société ne l'est pas encore ? 
    Dans un récit intime où le particulier touche à l'universel, Judith Duportail se met à nu et s'observe avec franchise, exi-gence et émotions. Croisant analyses sociologiques, anecdotes et confidences, elle s'empare d'un phénomène affectif contemporain encore trop peu exploré et pose des mots sur les maux amoureux de toute une génération.  

  • Contre les déraisons modernes - collapsologie, cancel culture, essentialisme, identitarisme... -, Perrine Simon-Nahum prône une «?dé-sidération?» urgente grâce à la philosophie.  La philosophie a-t-elle encore quelque chose à nous apprendre pour nous préparer à affronter le monde qui vient?? Oui, affirme Perrine Simon-Nahum, si l'on rompt avec les pensées apocalyptiques et la guerre des identités qui nous ont exclus de l'histoire. Les premières en faisant de nous les spectateurs passifs d'un futur qui nous accable, les secondes en nous décrivant comme les victimes impuissantes d'un passé qui nous hante. Contre ces déterminismes, l'auteure nous appelle à la «?dé-sidération?», à reprendre pied dans le monde actuel, à «?refaire histoire?». Comment?? En renouant avec un sujet acteur de sa propre vie. C'est à partir de la relation que la philosophie doit trouver à se redéfinir. Les liens qui nous unissent les uns aux autres, l'amour, l'amitié, mais aussi le deuil ou la perte?:?ces expériences intimes ne se comprennent que si elles sont vécues dans l'épaisseur d'un présent qu'elles permettent d'infléchir. Elles ne donnent sens à nos vies que si elles trouvent à se prolonger dans des institutions qui traduisent au niveau collectif l'importance que nous donnons à nos engagements individuels. Nous ne sommes pas condamnés à subir le sort que nous réservent les déraisons modernes. Les relations que nous tissons au monde, parce qu'elles sont nécessairement plurielles, parce qu'elles engagent, même au niveau le plus modeste, notre liberté, nous montrent le chemin à suivre.   

  • Nos libertés se réduisent sous prétexte de protectionnisme, d'écologie, d'égalité des sexes, ou de santé publique ? C'est que nous le voulons bien. Alors qu'elle est sur toutes les lèvres, la liberté individuelle a déserté les lieux. À en juger par l'extraordinaire inflation des règles, lois et autres normes, il n'est plus un domaine qui ne soit régenté par l'État. De l'éducation des enfants à la transmission du patrimoine, en passant par l'assurance, l'échange des données personnelles ou le travail le dimanche, rien n'échappe au contrôle public.  Pourtant, l'immixtion croissante du pouvoir politique dans les affaires privées n'a rien de totalitaire. Bien que vécue comme une intrusion insupportable, elle résulte de la volonté du peuple qui a fait de l'État le garant de sa sécurité, le promoteur de son bonheur et l'artisan d'une société idéale. Situation paradoxale, qui prend sa source dans une représentation fantasmée d'un État devenu une divinité à même de satisfaire toutes les attentes. À condition qu'on lui sacrifie notre liberté individuelle.  De cette relation d'amour-haine naissent le populisme, les révoltes sociales et la demande d'autoritarisme qui caractérisent la crise politique actuelle. Face à la menace d'un effondrement de la démocratie, une seule solution : réinventer un "mythe" libéral et remplacer le désir de servitude par un amour inconditionnel de la liberté.

  • 149 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2019. Une situation qui aurait pu être évitée sans la léthargie des institutions étatiques, assène Luc Frémiot, ancien juge d'instruction et procureur de la République spécialiste de la lutte contre les violences intrafamiliales.  Victimes silencieuses de leur conjoint violent, les femmes sont trop souvent contraintes de fuir le domicile familial pour des centres d'hébergement précaires, une solution toujours temporaire. Et ce fléau n'épargne pas non plus les enfants, à la fois victimes, témoins et otages d'une violence reçue en héritage.  Éviction des maris brutaux du domicile suivie d'une prise en charge dans des structures d'encadrement adaptées sous le contrôle de psychiatres et de psychologues, suppression des mains courantes... Luc Frémiot propose des solutions concrètes, qui ont fait leurs preuves, à ce drame qui ne cesse de s'aggraver. Et prévient : tant que politiques et pouvoirs publics ne feront pas appliquer les dispositions législatives existantes permettant de réduire drastiquement la récidive des auteurs de violences, les statistiques ne baisseront pas. Entre incompétence des pouvoirs publics, faiblesse des décisions des magistrats et inertie trop fréquente des forces de l'ordre, les femmes battues restent en effet trop souvent livrées à elles-mêmes.  

  • Vous avez frissonné devant les sociétés totalitaires que promettaient la plupart des films de science-fiction ? Éteignez vos écrans et ouvrez grand les yeux. Près d'un milliard de caméras sont déjà braquées sur vous, surveillant votre comportement dans les rues, les magasins, les bureaux, les écoles... Pire : très bientôt, armés de lunettes connectées, des millions d'êtres humains filmeront en continu leur vie, et donc celle des autres. L'homme était jadis un loup pour l'homme. Il sera bientôt une loupe pour ses semblables. Personne ne pourra empêcher cela. Ni les individus ni les États. C'est cet apparent constat d'échec que Robin Rivaton renverse et déconstruit tout au long de ce livre si original, et résolument optimiste. Puisque la technologie va s'imposer à nous, nous n'avons guère le choix : réfléchissons, et prenons le meilleur d'elle. Les possibilités semblent infinies. Imaginez comme les villes seraient propres, et combien les incivilités baisseraient ! Imaginez les rues rendues aux habitants, qui n'auraient plus peur d'y marcher la nuit ! Imaginez le désengorgement des tribunaux, avec des procès plus justes, et où ce ne serait plus parole contre parole ! Écologie, justice, criminalité : servons-nous du progrès pour vraiment progresser.

  • Une plongée passionnante dans les coulisses de la crise, de sa gestion commune par les politiques et les entreprises à son impact sur notre consommation et nos modes de vie. Des leçons pour le futur ?  « En trente-cinq années de métier, j'ai connu nombre de crises sanitaires ou alimentaires. Mais celle de la Covid-19 restera incomparable par son ampleur et par notre impréparation collective à y faire face.  Quand la France bascule dans le confinement le 17 mars 2020 à midi, rien n'est prêt. Les commerçants, "petits" et "grands", sommés de rester ouverts, deviennent des personnels "essentiels". Pour assumer leur mission, ils vont devoir inventer en quelques heures des solutions aux centaines de problèmes qui vont se poser, et tendre la main à une foule d'interlocuteurs déboussolés.  Des cohues en magasin pour sauver un paquet de pâtes aux bagarres dans des aéroports chinois pour sécuriser l'achat de masques, des batailles de communication aux échanges informels avec les politiques, ce récit est une plongée inédite dans les coulisses de la gestion de crise. Et puisque tout le monde ne parle que du "monde d'après", il est nécessaire de se demander ce que la pandémie va vraiment changer dans notre façon de produire et de consommer, ainsi que sur nos manières de travailler. » Michel-Édouard LECLERC  

  • Qui n'a pas constaté l'ahurissante propagation du voilement, là où on ne le voyait plus, mais aussi là où on ne l'avait jamais vu ? Pourquoi, comment ce phénomène, qui nous dérange, nous laisse perplexes et impuissants, a-t-il conquis le monde ? La journaliste Chantal de Rudder s'est attelée à en chercher la signification, en retracer la genèse, forte d'un long passé de reportages et d'enquêtes qui lui ont fait parcourir la planète. Théocraties en perte de vitesse vs États multiculturalistes, Orient ou Occident, elle nous infiltre au coeur de pays emblématiques d'une pratique devenue commune, à un tournant de l'histoire. En Iran, premier pays à avoir fait du voile une obligation légale - il fut inscrit dans la loi en 1979 -, des femmes arrachent aujourd'hui leur tchador, autrefois symbole d'une révolution qui changea la face du monde ; en Arabie, qui dépensa sans compter pour exporter son islam rigoriste sur toute la planète, les Saoudiennes ont le droit de conduire, de travailler, de porter le voile « à la cool » : vérité ou leurre ? Pourquoi le Danemark, démocratie tolérante sans passé colonial ni conflit avec des États musulmans, est-il le pays des caricatures de Mahomet et un avant-poste du combat contre l'islamisme ? Comment la Belgique, petit royaume prônant la « laïcité pluraliste », est-elle devenue, au fil des décennies, la matrice du terrorisme islamiste sur le vieux continent européen ignorant et cupide ? Et que dire de ces pays occidentaux, États-Unis en tête, où fleurit le courant islamiste décolonial diabolisant l'universalisme des Lumières, dénoncé comme raciste et destructeur ? Derrière le voile, se cachent luttes et chaos de l'histoire contemporaine. Ce bout de tissu raconte les rapports difficiles entre les religions, entre les cultures, entre les sexes, entre les êtres humains...

  • Autrefois, jamais un Corse n'aurait osé dire qu'il n'était pas français. Aujourd'hui, cette objection ne se limite plus aux indépendantistes. Que s'est-il donc passé ?  La Corse française ? Jusque dans les années 1970, c'était une évidence. Mais cette époque est révolue et on a désormais l'impression que beaucoup de Corses sont Français malgré eux. Comment en est-on arrivé là ? C'est ce que tente de comprendre dans ces pages Paul-François Paoli. En retraçant l'histoire de la Corse et de sa relation complexe avec les "pinzuti" - autrement dit les continentaux -, Paoli porte un regard amoureux mais lucide sur l'île de Beauté, dans sa relation torturée, passionnée, avec la France. Sa thèse est détonante : identitaires plutôt que nationalistes, de nombreux Corses ne reconnaissent plus la France dont ils s'étaient fait une certaine idée, à travers les figures tutélaires de Pascal Paoli, Napoléon Bonaparte, de Gaulle. Ils refusent à présent d'être une minorité parmi d'autres dans un pays vaincu par la mondialisation.  Dans ce texte à la fois tendre et plein de colère, franc comme un pamphlet mais réfléchi comme un essai, Paul-François Paoli cherche à recréer les liens d'affinités qui s'étaient noués au cours des âges entre la Corse et la France, et donc entre la France et le fil de son histoire.

  • La pandémie le prouve?: rien n'est plus essentiel à nos sociétés qu'une industrie pharmaceutique innovante. Mais mettre à disposition des vaccins et des médicaments n'est qu'un des aspects de sa responsabilité. Comme en témoignent les débats soulevés au cours de la crise de la Covid-19 et autres scandales sanitaires, les laboratoires doivent aussi honorer le contrat qui les lie à la société?: produire de la santé publique. Égalité devant les traitements entre pays du Nord et du Sud, gestion vertueuse des stocks, exigence écologique pour lutter contre le gaspillage, les émissions de gaz à effet de serre, les résidus polluants... et même besoin de sens sont aujourd'hui réclamés par toutes les populations du monde. Or, le modèle grâce auquel les big pharma ont construit leur fortune se révèle inadapté pour répondre à ces attentes. Les industriels sont donc à la croisée des chemins. Quels choix se présentent à eux?? Professionnelle de l'industrie pharmaceutique pendant plus de vingt-cinq ans, Nathalie Gimenes propose une analyse inédite de la raison d'être de ce secteur au coeur de l'actualité. Elle montre que sous l'impulsion d'une volonté partagée de tous les acteurs de la chaîne, une économie plus coopérative, plus égalitaire et plus écologique peut se développer, et devenir l'un des fondements d'une véritable et nécessaire Europe de la santé.  

  • Face aux séparatismes et à la lâcheté de nombreux décideurs, Lydia Guirous plaide pour une réponse politique forte et courageuse : l'assimilation républicaine. Les polémiques autour de la question de l'islam et des revendications identitaires des jeunes de confession musulmane sont incessantes et lassantes. Au même moment, l'indigénisme, le racialisme, le décolonialisme, l'intersectionnalité gangrènent les lieux de savoir et d'influence... Infusés dans les esprits, ils diffusent le poison de la haine de notre pays.  Ne nous voilons plus la face : l'« intégration » est un échec, qui nous renvoie au délitement de nos liens républicains et à une inéluctable désintégration sociale et sociétale. Il nous faut résoudre collectivement ce problème majeur pour que la France reste la France et que chacun s'y sente à sa place, uni, en toute égalité et patriote. La solution ? L'assimilation. Tabou dans le débat public, totem que l'on laisse lâchement à l'extrême droite, elle est un appel au sursaut plutôt qu'à la résignation face à la montée du communautarisme islamique. Ce livre invite à rompre avec ce tabou qui nous paralyse. Celui de la peur d'assumer une nécessaire assimilation républicaine pour être pleinement français. N'oublions pas : l'intégration réussie s'appelle l'assimilation, l'intégration ratée, le communautarisme.  

  • Printemps 2020 : dans les grandes métropoles, les services hospitaliers sont sous tension, la mortalité élevée, les habitants exposés. Pour autant, les campagnes affrontent, elles aussi, le confinement. Loin des clichés sur leurs tranquilles espaces verts et leurs résidences secondaires, les zones rurales et les petites villes souffrent de la crise. Les jeunes isolés ne peuvent préparer la rentrée ; les agriculteurs se démènent pour nourrir le pays ; le chômage menace ; les élus locaux déploient des solutions de terrain malgré les défis structurels de leurs territoires, parmi lesquels la fracture numérique, les déserts médicaux et le retrait des services publics.

    Cette immersion dans la France éloignée des centres de décisions donne la parole aux hôteliers de Lozère, aux employés de lotissements pavillonnaires de la Nièvre, aux ouvriers ruraux de l'Ardèche, aux chômeurs des bassins miniers, aux petits patrons d'Ille-et-Vilaine ou aux fonction-naires de l'Allier. Demain, la France des « invisibles » sera-t-elle enfin prise en compte ? Sera-t-elle au coeur de la relance du pays ?

    Véritable plongée dans cette France au confinement dis-cret mais touchée de plein fouet, ce livre propose un autre point de vue sur la crise sanitaire et économique et fait entendre le désarroi et les attentes de nos territoires.

    Préface de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018

  • "L'économiste Nicolas Bouzou défend avec force les nouvelles formes de relations amoureuses et de procréation qui, loin de tuer la famille, en font la valeur sûre de demain.

    Le capitalisme de l'hyperchoix fait de nous des enfants gâtés ne supportant plus la frustration ; des consommateurs, des employés, des électeurs structurellement infidèles. D'où notre difficulté à vivre en couple - cette institution qui encadre notre liberté et gêne notre individualisme - et le succès des applications de rencontres. Sommes-nous pour autant condamnés à l'infidélité et au divorce ? Faut-il être célibataire pour être heureux ?
    La PMA, la GPA et surtout l'extraordinaire progrès des biotechnologies modifient également notre rapport aux enfants et la façon dont nous procréons. Existe-t-il pour autant un risque d'« enfants sur commande » ? Ou au contraire une peur de procréer et un déclin démographique ?
    Mêlant économie, démographie et philosophie, Nicolas Bouzou démontre que la liberté sexuelle, l'extension de la PMA et la génétique nous offrent de nouvelles opportunités pour construire des familles basées sur l'amour. Dans cette période de destruction-créatrice inédite par son ampleur et sa vitesse, le couple et la famille sont peut-être même la « maison » la plus solide et la plus rassurante qui soit. Les conservateurs inquiets peuvent être rassurés : la famille résiste à tous les assauts. La modernité ne la tue pas, elle la renforce. Le XXIe siècle pourrait être celui de l'« amour augmenté ». C'est entre nos mains."

  • « L'avantage de l'âge - il y en a - est que le sentiment de liberté ne cesse de s'accroître, comme si l'on redoutait inconsciemment de gâcher une matière politique périssable. D'où ces souvenirs d'un vieux chroniqueur. »

    Lecteur insatiable, Alain Duhamel rêvait de devenir historien, mais un stage au Monde déclenche sa vocation : il sera journaliste. Dans la France bouillonnante des années 1960, ses éditoriaux sur les élections présidentielles, les événements de Mai 68 ou l'Europe sont déjà remarqués pour leur sérieux. La télévision, au moment où elle accueille le spectacle politique, appellera ensuite l'homme qui a interviewé cent fois Présidents et Premiers ministres : ce sera « À armes égales », « Cartes sur table », « L'Heure de vérité », « Le Club de la presse », et bien d'autres.

    Être l'un des éditorialistes les plus lus et écoutés des Français et les plus craints des hommes politiques a un prix : critiques injustes et tempêtes accompagneront le parcours d'un homme fidèle à son exigence et à son honnêteté intellectuelle. Dans ce livre d'une sincérité frappante défilent soixante ans de vie politique et d'épisodes professionnels dont Alain Duhamel extrait de ses carnets les secrets, la grandeur, les drames et une analyse qui compte parmi les plus influentes et respectées de la presse française.

    Journal d'un observateur est son livre le plus personnel.

  • « Voici le moment d'une pause. Avant d'aller plus loin. Qu'ai-je voulu dire en 80 romans, essais, pièces de théâtre, biographies, mémoires ? Ai-je fait oeuvre d'écrivain ? Mes concepts et prévisions ont-ils été, sont-ils, utiles ?
    Frédéric Taddeï a bien voulu se prêter à la lecture rigoureuse, exigeante et critique de l'intégralité de mes livres, d'en chercher les conclusions, d'y déceler les failles, et d'en décrypter le lien avec mon action. J'ai aimé lui répondre. Parce que rien n'est pire que le narcissisme et rien n'est plus salutaire, pour soi et les autres, qu'un exercice d'autocritique.»
    Jacques Attali

  • "« Je ne suis pas une bourgeoise, j'appartiens à cette catégorie qui dérange autant les nantis que les classes populaires : les parvenus. La preuve vivante que la mobilité sociale existe et que chacun est le premier responsable de sa vie. Selon moi, on aide mieux les gens en les coachant qu'en les plaignant. J'ai pu le constater des centaines de fois dans mon métier puisque j'ai voué ma vie à aider les entrepreneurs en difficulté, notamment pendant la crise sanitaire.
    Ce sont ces histoires que je veux raconter, les seules à même d'insuffler à nos compatriotes une espérance solide et le goût du lendemain. En apprenant à compter d'abord sur leurs propres forces et à condition d'identifier leurs faiblesses et leurs richesses, et de tirer les leçons de leurs échecs. Notre pays s'appauvrit à force de se prendre en pitié. J'ai écrit ce livre pour tous ceux qui, comme moi, préfèrent l'action aux regrets. »
    Fin de l'État-providence absolu, lutte pour la responsabilité et la solidarité, défense de l'« entreprise France » sont les maîtres mots de cet essai engagé et incarné, plein de foi en l'avenir de notre pays."

  • Et si nous décidions de vivre enfin en bonne intelligence avec la bêtise, véritable face cachée de notre génie humain !

    Pourquoi haïssons-nous tant la bêtise - ou stupidité, imbécillité, sottise, idiotie, crétinerie, connerie, au choix... ? Dans notre course effrénée au QI, ne surestimons-nous pas les pouvoirs de l'intelligence ? Et si la bêtise constituait notre meilleur atout face aux machines ?
    Dans ce court essai aussi drôle que vivifiant, Paul Vacca remonte le fil de notre addiction à l'intelligence toujours plus exacerbée par les nouvelles technologies - big-data, algorithmes, et autres deep learning, qui promettent monts, merveilles et capacités augmentés. Et nous révèle tous les trésors cachés de la bêtise : les mérites de l'ignorance, l'efficacité des questions stupides, les bienfaits de la sérendipité, l'intérêt stratégique de « jouer au con »... N'oublions pas que nombre des plus grandes découvertes sont dues à la bêtise humaine !

  • Existe-t-il meilleur moyen que le livre pour nous déconnecter de notre brouhaha numérique et nous reconnecter au monde ?

  • Et si les caricatures de Mahomet étaient une chance pour l'islam ?

    En réponse aux tabous mortifères qui gangrènent et condamnent la religion musulmane à terme, Malik Bezouh prône une « théologie islamique de la libération ».

    Blasphème, homosexualité, masturbation, athéisme... la puissance du tabou qui enveloppe ces thèmes rend presque impossible tout débat en islam. Figé politiquement par un despotisme empêchant l'émergence d'une réflexion apaisée et rationnelle, englué dans un conservatisme religieux anachronique, et travaillé en profondeur par des courants réactionnaires, le monde islamique, hétérogène, complexe, est à la peine lorsqu'il s'agit de considérer sereinement ces sujets, pourtant fondamentaux. Marqueurs d'une modernité enfantée par un Occident jadis chrétien, hier colonisateur, aujourd'hui sécularisé, ces questions génèrent des crispations parfois paroxystiques comme en attestent les attentats commis sur notre sol depuis quelques années.

    Aujourd'hui, l'islam est à la croisée des chemins. Soit ce culte entame un profond examen de conscience, soit il est condamné à périr. L'agonie, du reste, a déjà débuté, comme en témoigne la montée de l'athéisme en terre musulmane.

    L'heure est donc au sursaut religieux ! Secondée par la science, la raison, chère à Averroès, peut apporter son écot à ce processus salutaire de revivification. Et le temps presse !

  • Mohamed Sifaoui nous livre un état des lieux saisissant de l'infiltration par les Frères musulmans, depuis 30 ans, de l'islam dans la société française et de tous les lieux de la République. Une enquête inédite.
    Fruit de plusieurs années d'investigation et d'observation de l'évolution de l'islam politique au sein de la société française, cette enquête journalistique inédite décortique la stratégie des Frères musulmans qui, depuis 30 ans, cherchent, d'une part, à peser sur les décisions politiques (et non à diriger ou coloniser la France comme l'affirment l'extrême droite et les populistes), et, d'autre part, à dominer la « communauté musulmane » qu'ils veulent homogénéiser, écartant ainsi toute contradiction émanant de l'intérieur.
    Pour l'auteur, cette takiyya (« dissimulation », « double jeu ») vise un seul objectif : aller à la conquête du monde arabo-musulman en utilisant les règles et les valeurs des grandes démocraties. Dans les faits ? Ils ont fait de l'UOIF l'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, créé une puissante économie identitaire en développant le marché du hallal (salons de coiffure non mixtes, épiceries sans alcool, sites de rencontres et blablacars réservés aux seuls musulmans !), infiltré les milieux universitaires et intellectuels, investi nombre d'associations antiracistes, féministes, etc.
    Comment en est-on arrivés là ? Qui sont vraiment ces islamistes ? Où sont-ils ? Comment agissent-ils ? Mohamed Sifaoui apporte toutes les réponses à ces questions brûlantes, qui font débat.
    Journaliste spécialiste de l'islam politique et du terrorisme, Mohamed Sifaoui est notamment l'auteur de La France malade de l'islamisme : menaces terroristes sur l'hexagone (2002), de Combattre le terrorisme islamiste (2006) et de Pourquoi l'islamisme séduit-il ? (2011).

  • Quand cela s'arrêtera-t-il ? Telle est la question qui vient naturellement aux lèvres quand on se penche sur le volumineux dossier de la pédophilie dans l'Église catholique.
    Premier prêtre à avoir dénoncé l'omerta qui règne au sein de l'institution, Pierre Vignon fustige ce mur de la honte, cette situation d'irresponsabilité, de bonne conscience et de couverture d'agissements « criminels » à laquelle se heurtent depuis trop longtemps des mineurs sans défense et des parents dépassés. Dépassés face à ces religieux qui s'étaient pourtant engagés solennellement « devant Dieu » à protéger « le faible » et « le pauvre ». Et qui ont fait le contraire. En toute impunité.
    Le père Vignon et l'essayiste François Jourdain expliquent quelles sont les causes d'une telle hypocrisie de la part de la hiérarchie, d'une telle faillite collective, d'une telle dérive quasi sectaire, et quelles solutions pourraient être envisagées pour que de tels drames ne se reproduisent pas et que justice soit faite. Pour les victimes.

  • LE 1ER LIVRE DU PAPE FRANÇOIS SUR SA VISION DE LA POLITIQUE ET DE LA SOCIÉTÉ

    Pendant un an, le pape François a accordé douze entretiens à l'intellectuel français Dominique Wolton. Fruit de ces rencontres humaines et chaleureuses, ce dialogue exceptionnel et inédit aborde en toute liberté les grands sujets de notre temps et de l'existence humaine : la paix et la guerre, la politique et les religions, la mondialisation et la diversité culturelle, les fondamentalismes et la laïcité, l'Europe et les migrants, l'écologie, les inégalités dans le monde, l'oecuménisme et le dialogue interreligieux, l'individu, la famille, l'altérité, le temps, la confiance et la joie.

    Sans conformisme ni langue de bois, ce livre illustre la vision du pape pour l'Église et la société : abattre les murs et construire des ponts.

  • Pourquoi ne comprenons-nous pas le débat sur les armes à feu qui enflamme l'opinion américaine ? L'historien André Kaspi nous en explique les origines et l'actualité.
    Chaque année, des tueries de masse plongent les États-Unis dans l'horreur. Et pourtant, la liberté d'être armé est un droit fondamental, reposant sur le sacro-saint deuxième amendement à la Constitution, que soutiennent une majorité d'Américains : la puissante National Rifle Association, de paisibles mères de famille, les chasseurs, les tireurs sportifs, toutes celles et ceux qui veulent se défendre contre d'éventuelles agressions, qui n'ont confiance ni dans leurs polices ni dans les institutions fédérales. Ce que contestent, avec de solides arguments, les partisans du contrôle des armes.
    Le débat divise le pays, au même titre que l'avortement, la peine de mort et l'immigration. Il tient une place encore plus importante que l'opposition entre démocrates et républicains. Il suscite la controverse dans le monde religieux, universitaire, politique. En un mot, il nous plonge au coeur de la culture américaine, si proche et si différente de la nôtre.

  • Face au retour des croyances, idéologies et fake news en tout genre, Pierre Bentata convoque Nietzsche, Freud, Aron et Rosset pour un voyage palpitant à la recherche de la raison perdue.
    N'avez-vous pas le sentiment que la raison a déserté les lieux ? Où que l'on regarde, les doctrines politiques, les théories scientifiques et toutes les formes d'analyses ont laissé place à de nouvelles croyances religieuses qui se manifestent par le simplisme des idées devenues slogans, le relativisme de la pensée et la négation de la réalité au profit des fake news.
    Quel que soit le phénomène observé, chacun y voit la confirmation de son idéologie au point de rendre toute discussion impossible. Partout, les idoles refont surface et fissurent les fondements de nos sociétés que sont la quête de la vérité et le partage d'un récit commun. Comment nous, héritiers des Lumières, vivant sous le règne de la science et du progrès technique, avons-nous pu sombrer dans le dogmatisme ? 
    Sous l'égide de grands intellectuels, Pierre Bentata interroge la psyché humaine et lève le voile sur ce qui, aujourd'hui et depuis nos origines, nous pousse à inventer des illusions auxquelles nous soumettre.

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