Coédition NENA/Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud

  • Ces textes réunis par la Délégation à la paix, à la démocratie et aux Droits de l'Homme, au sein de l'Organisation Internationale de la Francophonie répondaient, entre autres, au besoin de pallier une « carence d'ouvrages sur l'Histoire des droits de l'Homme », ainsi que le rappelle Abdou Diouf dans l'avant-propos du livre. Aussi, le principal mérite de cet ouvrage est-il de n'être pas un simple recueil de textes à la manière d'une anthologie qui mettrait quelques auteurs en exergue. On peut voir, dans l'organisation des textes, comment le mouvement panafricaniste, se nourrissant aux sources de la fierté raciale, a été dès l'origine connecté à la problématique de la défense des droits de l'Homme noir, et s'est ouvert à la sphère culturelle, scientifique et politique. À travers quelques figures emblématiques (Booker T. Washington, Marcus Mosiah Garvey, W.E. Burghart, Aimé Césaire, L.S. Senghor, Guy Tirolien, Georges Padmore, Kwamé Nkrumah), le mouvement a connu une longue trajectoire de luttes intellectuelles, culturelles et politiques ayant abouti à la création de l'Union Africaine. Aujourd'hui, une nouvelle actualité lui est consacrée, précisément lorsqu'on interroge le contexte dans lequel les textes ont été réunis. Ils sont en effet issus de la conférence des intellectuels d'Afrique et de la Diaspora (CIAD I) organisée à Dakar par l'Union africaine en partenariat avec le Sénégal, du 7 au 9 octobre 2004. En rassemblant autour d'une problématique centrale (l'unité de l'Afrique) des axes divers, il s'est agi de proposer une lecture de l'histoire du panafricanisme comme solution aux nombreux défis qui interpellent aujourd'hui le continent, de « jeter un regard rétrospectif sur l'histoire de cette prise de conscience, depuis ses origines les plus lointaines jusqu'à nos jours », afin d'obtenir le moyen d'une réflexion mieux élaborée sur la « place de l'Afrique dans le monde ». Il était bien juste de choisir une telle perspective, car « l'invention du futur n'est-elle pas avant tout la fille aînée de la mémoire et le fruit de l'héritage léguée par le passé »?

  • Mais qu'est-ce que le lumumbisme aujourd'hui ? Le lumumbisme ne saurait être un « livre de recettes », une sorte de bréviaire listant les dogmes intangibles, sclérosés et inamovibles auxquels chacun devrait se conformer sans esprit critique. Le lumumbisme ne se réfère pas seulement à un homme, il ne consiste pas en une loyauté ou une fidélité de caractère fétichiste au souvenir d'une personnalité - il est vrai - extraordinaire. Le lumumbisme est un questionnement permanent, une recherche perpétuelle des meilleures solutions possibles aux problèmes de notre pays. Il est véritablement un idéal qui tire sa substance de la réalité de notre pays et d'un certain nombre de valeurs identifiables. C'est une démarche politique, intellectuelle et philosophique qui refuse tout artifice et s'impose d'aller en toutes circonstances au fond des choses, à la recherche des causes profondes. Le lumumbisme ne se connaît pas d'acquis définitif, il est une attitude de remise en question permanente visant un perfectionnement incessant. Il n'est pas un but, mais une démarche. Il est le projet de trois générations désormais, de bâtir au centre de l'Afrique une nation indépendante, de construire avec son peuple, par ses propres moyens, une démocratie, une société de bien-être et de justice sociale.

  • Stendhal donnait rendez-vous aux lecteurs de 1935. Ils sont venus, sans s'écraser; Schubert a laissé d'innombrables posthumes, dont certains attendirent un demi-siècle pour être interprétés, et Van Gogh n'a vendu qu'un tableau dans sa vie, alors que les amateurs s'arracheraient à prix d'or aujourd'hui sa moindre esquisse. L'échec apparent de leur oeuvre n'a empêché aucun de ces créateurs de la mener à bien. L'indifférence des contemporains est une constante en art. Ce n'est jamais en pensant à leur plaire qu'un écrivain doit prendre sa plume, un peintre ses pinceaux, un compositeur son papier à musique. Seul, son propre jugement importe.

  • En rendant la pratique de l'excision passible de la Cour d'Assises, la France a choisi la voie de la répression. Or les procès qui se voulaient exemplaires n'ont pas empêché que la pratique perdure. Non que le message ne soit pas passé : les Africains savent que la France rejette l'excision, mais ils ne comprennent pas pourquoi, et voient souvent dans ces procès un rejet global de leur culture. Cet ouvrage explore les relations entre culture et sexualité et aborde l'excision comme un ordre symbolique d'initiation... L'excision n'existe pas seulement en Afrique mais aussi en Asie, au Yémen et même chez certains peuples indiens d'Amazonie... La condamnation de l'excision en France serait-elle un néo-colonialisme culturel ? L'auteur, par l'étude et la transcription des débats aux Assises montre que l'on ne peut venir à bout d'une coutume par l'application mécanique d'une loi mais bien par un processus de sensibilisation dans la durée, voie choisie par d'autres pays comme la Suède, l'Angleterre ou la Suisse et bien sûr par de nombreux acteurs des pays africains. Sembène Ousmane par son film « Moolaade » et ce livre nous montrent que l'excision reste un sujet d'actualité et une pratique très répandue.

  • La longue marche vers la modernité africaine s'achève ainsi : NIHON FU NO AFURIKA, l'AFRIQUE À LA JAPONAISE ! Pourquoi l'Afrique à la Japonaise ? Parce qu'en 50 ans - depuis 1945 - le Japon a changé le monde. Parce qu'en cinquante ans, le monde a changé plus qu'en 500 ans ! Jamais, depuis 1492, une civilisation ne s'est imposée en si peu de temps à tous les hommes de la planète terre.

  • Ce livre intitulé « Journal atypique d'un nègre fou » et qui porte en sous-titre La Guadeloupe est malade est un cri du cour, un témoignage et un message à l'adresse des habitants de Saint-François où l'auteur est né, a souffert et vit. Ce journal est l'ouvre d'un homme inquiet et tourmenté qui a su réussir dans des entreprises de pêche, d'agriculture (culture de radis, de pommes surettes, de tomates, de pastèques). Victor Sabardin écrit : « Juste avant notre arrivée en production, la tomate se négociait 15-20 francs le kilo... La première cueillette nous fournit plus de 5 tonnes à écouler. Cinq mois après notre arrivée... de 15-20 francs elle passe à 7, 50 francs, pour chuter à 2-3 francs. » (p. 71). Il a eu la main heureuse dans plusieurs entreprises, notamment dans la culture du melon mais il semble aussi attiré vers d'autres voies et il nous livre de curieuses pages sur les courses et le P.M.U. Il reste que l'auteur place sa confiance dans les possibilités de sa terre natale... dans l'esprit d'entreprise et l'audace comme en témoigne le passage suivant : « ... lors d'une réunion... j'affirmais que l'avenir en agriculture de cette région passait par le melon... Tout le monde trouva l'idée saugrenue et irréalisable... Il ne se passa pas deux ans avant que commence la culture intensive des melons aux frontières de Saint-François, Le Moule, Sainte-Anne. Culture génératrice de pas mal d'emplois... le concept du melon venait de moi. » (p. 74). Il faut lire absolument ce témoignage fort d'un homme clairvoyant qui plonge dans les réalités vives de son île... Personne n'en sortira indemne... et c'est tant mieux car nous est offert un livre au ton juste, certes sans complaisance mais aussi plein d'humour et de tendresse.

  • Ce livre retrace l'itinéraire d'un « Prince » qui, tout en revendiquant les valeurs les plus positives de son éducation traditionnelle, est à l'épreuve de l'idéal démocratique. Tout en restant profondément politique, il parvient à résister aux dérives du pouvoir et aux tentatives de la politique politicienne en mettant à profit ces valeurs que lui ont inculquées par son père et qui ont pour noms, endurance, courage, vertu, honneur et amour de son prochain. Cet ancrage à l'éthique qui lui permet de ne jamais se réaliser au détriment d'autrui, s'explique aussi par son apprentissage du saint Coran et par sa fréquentation, dès le bas âge de grands marabouts au nombre desquels le Kalifa Général et celui des Tidianes. De l'enfance au Ndiambour où il s'initia, à la fois, aux mouvements associatif et politique la phase adulte, qui est aussi celui des lourdes responsabilités, l'auteur retrace une aventure avec des anecdotes non seulement croustillantes mais qui renseignent sur les pratiques et traits de caractères de figures emblématiques de l'histoire politique du Sénégal, voire de l'Afrique : Galandou Diouf, Lamine Gueye. Senghor, Abdou Diouf, Modiba Keïta, Ahmet Sékou Touré, etc.

  • Des faits aux conséquences politiques et théoriques considérables bouleversent, depuis quelques années, le mouvement communiste international. La relecture des oeuvres de Karl Marx et Friedrich Engels est de nouveau à l'ordre du jour. Cette fois-ci, l'approche de ces ouvres ne pourra escamoter des questions essentielles. N'y a-t-il pas quelque chose de troublant dans le fait que des mouvements se réclamant de ces penseurs du XIXe siècle occidental sont apparus en Afrique sans s'interroger sur la place que leurs pères tutélaires assignaient à l'Afrique au sein de l'histoire mondiale ? Cette question était et reste, pourtant, décisive. Toute réflexion sur les pays d'Afrique Noire qui prétendent s'engager sur la voie socialiste de développement assumera nécessairement les effets de cette question avant de déboucher sur de nouvelles élaborations et de nouvelles mises en perspective. Il s'agit, en somme de se demander, ici, si l'on peut, aujourd'hui et demain en Afrique, considérer, comme le pensa naguère Jean-Paul Sartre, que le marxisme est l'horizon ultime de notre temps.

  • Ces chroniques sont le résultat de cent neuf coups de sang, répartis sur vingt-six années. Elles ont été écrites à chaud. En les lisant à froid, le lecteur en conclura peut-être que leur auteur a perdu des occasions de garder son calme et s'est fourré le doigt dans l'oeil, plus d'une fois. Je le lui accorde, mais je n'ai pas réagi en historien, ni même en mémorialiste, simplement en témoin. La gifle est partie, elle n'aurait pas dû, tant pis, j'étais soulagé. La sagesse voudrait qu'on avance en fermant les yeux et en se bouchant les oreilles. Vivre, c'est regarder, écouter, frémir de plaisir ou d'indignation. « Laissez ça à l'adolescence » me conseillera-t-on. Mais j'ai toujours dix-sept ans !

  • Les résultats des travaux présentés lors d'un premier colloque ayant pour thème « Doubles Critères / Double Standards » démontraient alors clairement que cette notion ne pouvait être réellement approfondie qu'en y associant une réflexion sur le pouvoir et la légitimité. C'est à l'issu d'un second colloque, intitulé « Pouvoir et Légitimité », que les résultats de l'ensemble de ces recherches ont été réunis en un seul volume de manière à souligner leur interaction et leur interdépendance. Il est apparu que le contexte des sociétés coloniales et post-coloniales permettait non seulement de mettre en lumière le rôle dialectique des doubles critères, mais aussi les implications qu'ils avaient dans la perception des inégalités et, par conséquent, dans celle de l'idéal démocratique, tant en ce qu'il était officiellement sollicité comme support idéologique par des puissances colonisatrices, telle la Grande-Bretagne, et en ce que son déficit devenait motif de résistance et de création d'un contre pouvoir. Ces travaux sont ici rassemblés autour de mots clés qui paraissent, à nos yeux, caractériser les liens entre pouvoir, légitimité et doubles critères, dans une perspective allant du XVIIIème au XXème siècle.
    Texte en français et en anglais.

  • Le roman africain : un « article » étrange, bizarre, exotique pour le lecteur occidental, comme l'affirmait ironiquement Henri Lopes ? Sans doute, et d'abord parce qu'il l'introduit aux histoires que l'Autre se raconte pour appréhender son passé et déterminer son devenir, tenter de se réfléchir et de se concevoir comme un sujet individuel, et social. Un sujet qui d'abord intervient au nom des communautés blanches et noires et qui se situe au-dessus de leurs contradictions pour les réconcilier, avant de s'affirmer comme un « je » qui parle au nom de son peuple et sous son autorité. Tout en rendant sensible ces déplacements du sujet, la quinzaine d'études réunies dans cet essai, consacrées à des textes reconnus ou non, avance des éléments pour mieux comprendre l'histoire de la littérature africaine, une histoire au cours de laquelle se fixent, se construisent, s'échangent et s'affrontent différentes représentations de l'identité de l'homme noir.

  • Les lecteurs africains, pour qui l'expression « ajustement structurel » est devenue non seulement familière mais surtout synonyme de privations et de contraintes économiques et sociales, réagiront sans doute avec étonnement devant ce nouveau concept d'ajustement culturel que nous propose Daniel Etounga-Manguelle. Alors, après l'économie, l'on voudrait maintenant « ajuster » aussi notre culture ? Il ne faut pourtant pas s'y tromper, la réflexion à laquelle l'auteur nous convie ici, ne débouche pas uniquement sur la nécessité évidente de remettre au goût du jour nos us et coutumes ancestraux : - fondements de la culture africaine s'il en est -, mais l'économiste nous démontre de surcroît, avec des exemples à l'appui, que sans cet ajustement culturel, il n'y a pas de salut pour les populations africaines. L'un des mérites de Daniel Etounga-Manguelle est d'avoir voulu, par une démarche analytique sans concessions, aller plus loin et faire toucher du doigt ce qui, dans la culture africaine, freine, voire interdit tout changement social.

  • Sur le continent africain, au moment historique où se font les « indépendances », un homme simple, un peuple et un Etat font l'apprentissage de leur libération. Alioum FANTOURÉ en montre surtout la face nocturne, amère et violente. L'auteur qui connaît la misère de l'homme et sait que le pouvoir peut rendre fou, dévoile sans indulgence les ravages de cette indigence et de cette puissance aveugle. L'irrationalité du destin et la fermeture d'un cercle infernal pèsent très fortement sur ce livre. Mais une poignée d'hommes et de femmes, amis de la liberté, militants de l'espoir et de la raison dans un monde absurde instauré par la tyrannie s'opposeront à cette irrationalité.

  • Pour revisiter sa part indienne, le Guadeloupéen Frantz Quillin a choisi le genre du récit de voyage qui entremêle des éléments autobiographiques, des visions lyriques et des réflexions suggérées par ce qu'il a vu tout au long de cet itinéraire qui est, à n'en pas douter, un véritable parcours initiatique... Si la démarche qu'il a choisie est celle de l'errance, ce « monde ordinaire » dont il découvre les multiples visages entrevus de Bombay à Calcutta, de Goa à Delhi, est peut-être celui des origines mais il révèle au voyageur une Indianité, elle aussi multiple, à laquelle il n'est pas facile de s'identifier. Pour tout individu d'origine indienne mais né hors de l'Inde, la quête de soi devient là, à la fois quête du même et quête de l'autre, comme nous l'ont raconté tant d'écrivains de Trinidad et du monde caraïbe, mais l'originalité de Frantz Quillin réside dans le fait que son retour aux sources n'est ni immersion totale dans l'imaginaire indien ni refus de cet imaginaire, mais acceptation d'une différence qui ne perd jamais de vue son autre origine, insulaire et atlantique, toujours présente en filigrane, avec laquelle il sera peut-être plus facile de se mesurer à la fin du voyage, loin de l'impermanence et de la folie indiennes.

  • Le dialogue des cultures, impératif historique, hier et surtout aujourd'hui, doit reposer, non pas sur des voeux pieux, mais sur des fondements et des principes objectifs qui tiennent compte des exigences du particulier et de l'universel. Aussi ce dialogue réclame-t-il une réflexion pour en définir les modalités et des conditions de réalisation. Dans ce premier essai consacré à ce paradigme complexe, l'auteur, placé dès l'origine à la croisée des cultures, des langues et des croyances, entreprend une étude qui essaie de saisir les obstacles, les fondements et les conditions d'un dialogue interculturel dont le but ultime est de donner aux hommes le maximum de chance de cohabiter dans la tolérance et la paix. Conscient que le savoir se manifeste dans tous les domaines des sciences humaines, l'auteur mène sa réflexion en puisant dans des textes relevant de disciplines et de champs culturels et épistémologiques certes différents, mais pouvant servir à appuyer sa démarche : textes fondateurs religieux, philosophiques, anthropologiques, sociologiques et littéraires. En faisant dialoguer ces objets sémiotiques et culturels variés, l'auteur a cherché à asseoir les bases d'un authentique dialogue des civilisations.

  • « J'ai un idéal d'homme d'État qui considère le pouvoir comme un moyen pour changer le sort du peuple et non comme un instrument de jouissance personnelle. Je n'ai jamais été animé par l'ambition d'exercer le pouvoir ». C'est au nom de cette conception du pouvoir fondée sur l'éthique et le patriotisme que l'homme fort de Guinée affirme avec force sa volonté de quitter le pouvoir pour assurer à son pays l'avènement d'un régime civil et démocratique. Ces mots placés au seuil de cet ouvrage, « Parole d'officier », résonnent si fort qu'on est animé, à les entendre, d'un immense espoir de voir la Guinée, ce beau pays meurtri par tant de tragédies historiques, trouver la voie de la stabilité et de la démocratie. En parcourant ces propos du Capitaine Moussa Dadis Camara, on est impressionné par la volonté déclarée de l'homme d'assurer à son pays une transition démocratique dans les délais convenus. Une profession de foi franche et sans équivoque, car parole d'officier !

  • Des plaines indiennes au « bush » australien, de la steppe canadienne aux plateaux africains, les Anglais du dix-neuvième siècle se sont trouvés confrontés à des civilisations pour eux mystérieuses. Dans de complexes relations de fascination et de peur, individus et populations se sont rencontrés. De cette époque à la nôtre, bien souvent, l'union de deux êtres par delà les barrières raciales et culturelles a été vécue par leurs communautés comme un symbole puissant du rapport souvent conflictuel engendré par la relation impériale. Au-delà de l'époque coloniale, ces unions mixtes restent parfois un facteur de trouble dans la conscience collective que traduit la littérature des pays autrefois soumis au pouvoir britannique. De plus, la conséquence logique de ces unions - le métissage - reste aussi une des grandes interrogations des sociétés post-coloniales contemporaines, et la position privilégiée accordée au métis par les sociologues latino-américains apparaît comme beaucoup plus controversée dans le monde anglophone. Cette série d'essais dus aux chercheurs du C. E. R. E. C de l'Université de Paris XII-Val-de-Marne, examine ce double problème dans les sociétés et littératures de nombreux pays anglophones d'Afrique, d'Asie et en Australie, sans oublier la métropole elle-même.
    Ouvrage en anglais et en français.

  • La Mauritanie d'aujourd'hui, trait d'union entre les mondes arabe et africain est, plus que jamais, mise en demeure de relever un double impératif à savoir : affirmer son identité culturelle et assumer, à bras le corps, sa vocation historique. Cette perspective s'inscrit dans l'idéal d'édification d'un pays « où la tribu ne serait plus un instrument de rivalité, où la région ne serait plus qu'un espace de planification, où l'ethnie deviendrait un pan de son riche patrimoine culturel et historique ». Cependant, pour que cette utopie positive ne se mute pas en chimère, le peuple mauritanien, à travers ses élites intellectuelles et politiques, se doit de jeter un regard critique sur un pays dont l'histoire a laissé de nombreuses plaies béantes ou à peine fermées. Ce livre, que l'auteur ne conçoit ni comme une thèse ni même comme un essai classique, propose un simple regard sur des questions dont les enjeux politiques, culturels et stratégiques, par-delà la Mauritanie, intéressent toute la sous-région, pour ne pas dire toute l'Afrique.

  • Quel sens donner au nationalisme et au panafricanisme? Comment ces idéaux pourraient-ils servir la reconstruction africaine? Quelles seraient les permanences et les bifurcations du sentiment nationaliste? Comment réconcilier le patriotisme, le panafricanisme, l'idéal panafricain et le phénomène de « fuite des cerveaux » ou avec la mondialisation capitaliste? Le panafricanisme peut-il aider l'entrepreneuriat africain et vice versa? Quelle aura été la contribution des intellectuels à la lutte pour l'indépendance africaine, la démocratie, et le développement qui sont si intimement liés? Est-il possible de refonder l'idéal panafricaniste à l'aune de l'intellectualité symbolique musicale? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions et constitue une contribution majeure à la réflexion sur la reconstruction africaine qui requiert un réveil du nationalisme et du panafricanisme, ainsi qu'un plus grand engagement des intellectuels et peuples africains. Critique et autocritique, cet ouvrage devrait interpeller les intellectuels africains de tous bords au sujet de leur rôle individuel et collectif dans la lutte de notre peuple pour sa libération totale et la reconstruction africaine à l'ère de la mondialisation. Il est d'abord destiné aux Africains, aux entrepreneurs politiques, économiques, sociaux et culturels africains et à tous ceux qui se préoccupent de la reconstruction africaine.

  • L'Université africaine est historiquement le produit d'une relation de dépendance vis-à-vis de l'Occident. Secret de polichinelle! Dans sa sphère francophone comme dans sa zone anglophone, les traces d'une telle relation restent encore visibles à travers le contenu des enseignements et les lieux de publication des savoirs produits sur l'Afrique. Après moult stratégies infructueuses de sortie de crise, l'investissement de la diaspora intellectuelle africaine au fonctionnement et à la gestion de l'Université a récemment été présenté comme la recette miracle, obtenant l'adhésion d'organisations philanthropiques, d'agences de coopération étrangères et des États africains. Cet ouvrage est le premier à offrir une évaluation du degré d'engagement de cette diaspora. Il s'appuie sur des enquêtes instructives menées avec des enseignants-chercheurs africains en poste en Éthiopie, au Ghana, au Nigéria et au Sénégal, d'une part, et des membres de la diaspora universitaire africaine établis en Amérique du Nord, d'autre part. À la lumière des résultats de ces enquêtes, ce livre se conclut par une question dérangeante : le besoin de diaspora intellectuelle africaine ne rétablit-il pas simplement la dépendance de l'Université africaine vis-à-vis de l'Occident dont les agents seraient cette fois-ci non pas des coopérants européens mais des expatriés africains?

  • « La culture n'est pas un patrimoine qui gonfle au cours du temps. (...) Les acquis du présent et du passé ne peuvent supporter d'incompatibilité lorsqu'ils participent à un assemblage de longue haleine, c'est pourquoi, on doit faire table rase d'une multitude d'idées périmées, malgré toute la vénération portée à leur initiateurs (...) Il convient d'abattre certaines constructions qui constituent notre héritage culturel. Si confortable que puisse être le respectueux conformisme, il est rarement de bon conseil, c'est souvent un oreiller de paresse qui encourage à fermer les yeux sur les périls à venir »1 Il en est de la nature, comme il en est de l'histoire, personne ne peut, à propos, quelle que soit la finesse de l'érudition manifestée, prétendre dire ou avoir le dernier mot. Il faut pourtant oser penser, oser bousculer les certitudes établies, pour susciter quelques pistes nouvelles de réflexion. Cela s'impose, surtout dans le contexte historique actuel qui, plus que les précédents, reste dominé par une accélération incessante du temps, un temps pluriel, contradictoire, dont certains disent qu'il est, tout simplement, celui de l'introuvable humanité de l'homme. Tout porte à croire que l'homme se voit ainsi trahi par sa propre intelligence. Ce ne sont pas des faits qui manqueraient pour conforter un tel pessimisme, pour penser cette montée perdurante de l'insignifiance.

  • Les textes qui suivent font entendre la voix de femmes qui sont généralement réduites au silence. Avec une grande fraîcheur d'expression, des femmes africaines, perdues dans l'indifférence d'une grande ville européenne, s'expriment sur elles-mêmes, leur vie, le monde qui les entoure, l'image qu'elles ont conservée de l'Afrique. L'enquête a été menée sur la base d'entretiens ouverts, mais avec l'aide d'un questionnaire assez général qui couvre successivement leur vie passée en Afrique, leur vie présente en Belgique, et certaines expériences de leur vie personnelle.

  • Dans cet essai très rigoureux, Elenga-Ngaporo suggère que l'Afrique, pour sortir de son immobilisme, au mieux de sa léthargie pluriséculaire, serait bien inspirée de regarder du côté de l'Asie et plus particulièrement du Japon, une société traditionnelle fermée qui, par la seule volonté de sa classe dirigeante, a été radicalement remise en cause dans ses fondements, transformée, modernisée en moins de vingt ans. L'élite japonaise, consciente de ce qui se passait en Chine et ailleurs en Asie après l'intrusion européenne, soucieuse de garantir l'indépendance de la nation, de contrer toute influence étrangère, de sauvegarder l'honneur de la patrie, a provoqué et conduit ce changement avec une vision très claire pour le futur et une dextérité étonnante. Elle s'est fixée et a organisé les priorités de sa politique économique et sociale : renforcement de l'éducation, acquisition de technologies les plus modernes, aménagement d'un environnement économique et financier, politique, juridique et institutionnel, favorable au développement. Elle parvient rapidement à ses fins.

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