NENA

  • Un nègre à Tanger

    As Malick Ndiaye

    • Nena
    • 7 Juillet 1905

    C'est un souffle rendu texte qu'As Malick Ndiaye nous propose ici. En le suivant dans sa pérégrination tangéroise, on halète, on suspend son souffle, on respire aussi. L'atmosphère peut n'être pas respirable dans les villes réputées « à atmosphère ». Le nom de « Tanger » est un nom qu'on ne fait pas répéter, mais avec lequel on se plaît, à l'évocation de la ville qu'il désigne, à se laisser bercer et à rêver. Mais, comme l'on sait, il y a loin du rêve à la réalité. On peut se demander si le discours officiel ne tire sa force que de ce qu'il masque : amitié légendaire entre le Maroc et le Sénégal, contacts séculaires, etc. Ce n'est pas de ce côté historique et politique que s'oriente l'essai d'As Malick Ndiaye. Il ose aborder la difficile question des mentalités et de la conscience collective à partir de quelques flashs saisis à Tanger lors de son séjour estival.

  • Europe and the Arab World is a wide-ranging assessment of the prospects for a new relationship between Europe and the Arab world in the coming years. Samir Amin and Ali El Kenz take as their starting point the significantly shifting balance of political forces within the various Arab countries, including the rise of both political Islam and civil society. They argue that the strategic global hegemony of the United States constitutes a major element affecting the Euro-Arab relationship. They then focus on the European Union initiative, originally launched in Barcelona, to put its relations with the Arab countries of the Mediterranean and Gulf regions on a new footing of equality and mutually beneficial cooperation. The authors provide a detailed empirical account of the initiative as well as an historically contextualized, intellectually critical and politically perceptive analysis of the various realities impacting on it. Samir Amin and Ali El Kenz conclude that, while considerable dialogue and even institution-building have taken place in order to give substance to this attempt to go beyond the colonial legacy of inequality and dependence, little of a concrete kind has been achieved in transforming the underlying economic and political relationships between the Arab Islamic and European Christian worlds of the Mediterranean. Among the many obstacles identified are the overriding and economically deleterious impact of globalized capitalism, and the determination of the United States to impose its own political objectives on the Middle East. The timeliness of this book's argument is highlighted by the new tensions that have accompanied the U.S. military occupation of Iraq and the Bush administration's political pretensions to 'bring democracy' to the whole region.

  • Un point fait aujourd'hui largement débat : faut-il soutenir ou au contraire rejeter la souveraineté nationale? Or pour l'auteur, cette question de stratégie fait l'objet de graves malentendus, tant que son contenu de classe n'est pas identifié. En effet, dans les sociétés capitalistes, le bloc social dominant conçoit toujours la souveraineté nationale comme un instrument pour promouvoir ses intérêts de classe. On comprend dès lors pourquoi le discours national faisant l'éloge des vertus de la souveraineté - tout en cachant les intérêts de classé qu'elle sert - a toujours été inacceptable pour tous ceux qui défendent les classes travailleuses. Pourtant, nous ne devrions pas réduire la défense de la souveraineté à cette modalité. Cette défense n'est pas moins décisive pour la protection d'une alternative populaire. Elle constitue même une condition incontournable d'avancées dans cette direction. La question agraire, l'accés à la terre pour tous, la souveraineté alimentaire sont au cour des problèmes à résoudre. Et l'agriculture paysanne s'impose comme la voie de l'avenir!

  • This collection of essays elaborates and applies the ideas developed by the author in Accumulation on a World Scale (MR Press, 1974) and Unequal Development (MR Press, 1976). Marxism, according to Samir Amin, « is neither an economic theory, a sociological theory, nor a philosophy, but the social science of revolutionary socialist praxis. » It follows that the renaissance of Marxism that has characterized recent years has had its origins in those parts of the world which have been and continue to be the scene of decisive revolutionary struggles- the exploited and oppressed periphery of the world capitalist system, primarily Asia, Africa, and Latin America. And it is this renaissance of Marxism with which the author deals and to which he makes a vital contribution in these lively and eminently readable essays. The book is divided into three parts, entitled, respectively, « Historical Materialism : Capitalism and Socialism, » « Imperialism and Underdevelopment, » and « Problems of Transition and the Construction of Socialism. » The range of topics is thus extraordinarily wide, and in every case the treatment has the freshness and originality that readers have come to expect from Amin. His overall conclusions can be summed up in the following words, occurring near the end of the last essay : « The societies of the capitalist centers are sufficiently rich, the interlocking of interests sufficiently complex, the feeling for the privileges which imperialism stimulates sufficiently shared, for these societies to be able to wait for some decades yet in a kind of slow decomposition. On the other hand, the societies of the dominated periphery no longer can wait. With every passing year, the material conditions of their vast masses becomes more intolerable, while the palliatives of capitalist integration become increasingly worthless. ».

  • Re-reading the postwar period

    Samir Amin

    • Nena
    • 1 Janvier 2020

    This fascinating history of ideas presents a theoretical overview of each new stage of the past half-century by an outstanding intellectual, grounded in a wide knowledge of economic theory and the practical problems of transforming post-colonial societies. Beginning in the 1960s, Samir Amin was one of a handful of economists who challenged the « development » ideology that dominated universities, research institutes, and governments at the time. His work was a major breakthrough for intellectuals in the third world who were seeking an alternative theoretical structure. Since then, he has continued to test his theory against changes in the real world : the interrelationship between theory and practice has been central to his work. Reflecting on his writing on the postwar period, Amin here reconsiders his theses concerning capitalism and socialism in the light of recent events. In separate chapters, he re-examines his views on the theory of capital accumulation on a world scale, on the polarization inherent in such accumulation, on the creation and erosion of the project of the national bourgeoisie in the third world, on the concepts and practices of development, on the crisis of the Soviet system, and on the collapse of the regulatory mechanisms of the capitalist system. He ends with a discussion of the challenges posed by the post-Soviet era of globalized capital and proposes a program for the renewal of a popular internationalism.

  • Ces textes réunis par la Délégation à la paix, à la démocratie et aux Droits de l'Homme, au sein de l'Organisation Internationale de la Francophonie répondaient, entre autres, au besoin de pallier une « carence d'ouvrages sur l'Histoire des droits de l'Homme », ainsi que le rappelle Abdou Diouf dans l'avant-propos du livre. Aussi, le principal mérite de cet ouvrage est-il de n'être pas un simple recueil de textes à la manière d'une anthologie qui mettrait quelques auteurs en exergue. On peut voir, dans l'organisation des textes, comment le mouvement panafricaniste, se nourrissant aux sources de la fierté raciale, a été dès l'origine connecté à la problématique de la défense des droits de l'Homme noir, et s'est ouvert à la sphère culturelle, scientifique et politique. À travers quelques figures emblématiques (Booker T. Washington, Marcus Mosiah Garvey, W.E. Burghart, Aimé Césaire, L.S. Senghor, Guy Tirolien, Georges Padmore, Kwamé Nkrumah), le mouvement a connu une longue trajectoire de luttes intellectuelles, culturelles et politiques ayant abouti à la création de l'Union Africaine. Aujourd'hui, une nouvelle actualité lui est consacrée, précisément lorsqu'on interroge le contexte dans lequel les textes ont été réunis. Ils sont en effet issus de la conférence des intellectuels d'Afrique et de la Diaspora (CIAD I) organisée à Dakar par l'Union africaine en partenariat avec le Sénégal, du 7 au 9 octobre 2004. En rassemblant autour d'une problématique centrale (l'unité de l'Afrique) des axes divers, il s'est agi de proposer une lecture de l'histoire du panafricanisme comme solution aux nombreux défis qui interpellent aujourd'hui le continent, de « jeter un regard rétrospectif sur l'histoire de cette prise de conscience, depuis ses origines les plus lointaines jusqu'à nos jours », afin d'obtenir le moyen d'une réflexion mieux élaborée sur la « place de l'Afrique dans le monde ». Il était bien juste de choisir une telle perspective, car « l'invention du futur n'est-elle pas avant tout la fille aînée de la mémoire et le fruit de l'héritage léguée par le passé »?

  • Véritable cri du cour, cet ouvrage est une clairvoyante contribution d'un jeune Sénégalais ému par la situation inexplicable où s'enlise son pays qui, depuis l'indépendance, tâtonne à la recherche d'une voie vers l'émergence. En effet, selon Mansour Mboup, le Sénégal détient des atouts majeurs pour réaliser son développement intégral : ressources humaines de qualité et ressources matérielles appréciables. Ce qui empêche l'essor de son pays, suppose-t-il, ce sont l'absence de détermination et de perspective claire des dirigeants refusant d'agir en toute souveraineté, l'opportunisme de certaines classes sociales influentes et l'indiscipline des populations dénuées de civisme. Ce qui est intéressant, c'est que cet essai politique n'est point un pavé dans la mare destinée à éclabousser des cibles choisies. Ce qui est rassurant, c'est que l'auteur fait preuve d'une maturité inattendue en ne se contentant pas de poser le doigt sur les plaies de la société sénégalaise mais il analyse les causes du mal et, dans le dernier chapitre, propose un programme, un plan d'actions réalistes. À l'instar du philosophe français Stéphane Hessel qui lance un appel à tous les indignés de la terre, Mansour Mboup demande aux citoyens de sa génération, aux jeunes du Sénégal, de l'Afrique et du monde, de s'engager politiquement. « À nous de jouer! » les exhorte-t-il explicitement.

  • Dans cet ouvrage, notre jeune auteur semble dire à ses camarades de génération : « Prenez le pouvoir et tenez-le! Vous en êtes capables. Voici comment vous y prendre. » "Un homme ou une femme qui est en position de leader et qui passe son temps à ne répondre de rien, laissant toujours croire que c'est la faute des autres est un pseudo leader. Ce n'est pas un leader véritable. Cet homme ou cette femme apprécie les honneurs et les avantages d'une fonction mais jamais la responsabilité qui y est attachée."

  • Renowned political economist Samir Amin, engaged in a unique lifelong effort both to narrate and affect the human condition on a global scale, brings his analysis up to the present -the world of 2013. The key events of our times- financial crisis, the emerging nations, globalization, financialization, political Islam, Euro-zone implosion- are related in a coherent, historically based, account. Changes in contemporary capitalism require an updating of definitions and analysis of social classes, class struggles, political parties, social movements and the ideological forms in which they express their modes of action in the transformation of societies. Amin meets this challenge and lays bare the reality of monopoly capitalism in its general, global form. Ultimately, Amin demonstrates that this system is not viable and that the implosion in progress is unavoidable. Whether humanity will rise to the challenge of building a more humane global order free of the contradictions of capital, however, is yet to be seen.

  • This book is being republished after a decade, where Samir Amin analyses the role and future of Maoism in China and the implications of its success or failure for the entire Third World. In the frist part, Amin outlines three models of accumulation-socialist, capitalist, and statist - and projects the long-term implications of each for an underdeveloped country. The second part is then devoted to an examination of China's economic performance during successive phases of development under Mao. A third and final part compares the Maoist to the revisionist approach to development, particularly regarding revolutionary class alliances, linking the future of Maoism to the nature of worldwide revolution. In a postscript written for this volume, Amin, discussing the « Chinese model », proposes a method of analysis which, while emphasising the social, political and ideological struggle in China, places the debate in the context of the discussion about the challenges posed by the « long transition from world capitalism to world socialism. » This volume also contains a stimulating foreword by Vaskar Nandy, a leading communist revolutionary of India and a rejoinder to him by Samir Amin on what should constitute the Marxism of the 21st century and the prospects of « delinking » for the periphery.

  • The arab economy today

    Samir Amin

    • Nena
    • 12 Octobre 2020

    The Arab Economy Today is a detailed account of the present economic situation of the Arab World. Samir Amin presents a wealth of statistical information to show how oil revenues are being spent, which economic sectors are developing, the allocation of skilled labour, the distribution of national income, and the region's patterns of external trade. He concludes that the oil-rich Gulf states are squandering their income to shore up the international monetary system; the more populous oil states are making little effective provision for the day when the oil runs out; and all of them are increasingly integrated into a dependent and subordinate position in the world capitalist system. In short, Samir Amin argues that, given the existing class distribution of power in the Arab World, no real effort is being made to employ the massive oil revenues to open up an independent path towards a mature industrial economy in the Middle East. A major introductory essay to the book focusses on the vast number of Samir Amin's more empirical writings. Written by British sociologist Aidan Foster-Carter, who has specialized in the field of theories of underdevelopment, this essay introduces the reader to the scope and multiplicity of themes with which Amin has concerned himself during nearly 30 years of scholarly work. A Complete Bibliography of Samir Amin's publications is also included. This specially compiled Bibliography is the first compre­hensive listing of all Amin's writings: books; articles and papers; theses and reports - as well as debates, critiques etc of Amin, in English and French, 1955-80. It is an invaluable guide to the massive corpus of Samir Amin's theoretical and empirical work.

  • Out of early twentieth century Russia came the world's first significant effort to build a modern revolutionary society. According to Marxist economist Samir Amin, the great upheaval that once produced the Soviet Union also produced a movement away from capitalism - a long transition that continues today. In seven concise, provocative chapters, Amin deftly examines the trajectory of Russian capitalism, the Bolshevik Revolution, the collapse of the Soviet Union, the possible future of Russia - and, by extension, the future of socialism itself. Amin combines an analysis of class struggle with geopolitics - both crucial to understanding Russia's complex political history. He first looks at the development (or lack thereof) of Russian capitalism. He sees Russia's geopolitical isolation as the reason its capitalist empire developed so differently from Western Europe, and the reason for Russia's perceived « backwardness. » Yet Russia's unique capitalism proved to be the rich soil in which the Bolsheviks were able to take power, and Amin covers the rise and fall of the revolutionary Soviet system. Finally, in a powerful chapter on Ukraine and the rise of global fascism, Amin lays out the conditions necessary for Russia to recreate itself, and perhaps again move down the long road to socialism. Samir Amin's great achievement in this book is not only to explain Russia's historical tragedies and triumphs, but also to temper our hopes for a quick end to an increasingly insufferable capitalism.

  • The relationship between development and historical traditions has pervaded theories of social development since the 19th century. This has been particularly true of the transformation of agrarian societies, as is shown by the great debates that centered on the future of the mir in Russia, the transition from feudalism to capitalism in western Europe, the incorporation of the Indian communities in the Americas into the capitalist system and by the controversy surrounding the so-called Asiatic mode of production in the Orient. What is striking about all these theories is that not only are they historical but also have a very strong geo-social referent However, this has not deterred most students of African societies from employing the same geo-social analogies in their analysis of the transformations that have occurred on the continent since the advent of colonialism. In this respect modernization and diffusionist theories of the 1950s and 1960s should be seen as nothing else but cruder culturalist (and imperialist) versions of classical European theories. In consequence those concerned (including colonized Africans) can be accused of having willfully ignored the specificity of the African geo-social context...

  • Mais qu'est-ce que le lumumbisme aujourd'hui ? Le lumumbisme ne saurait être un « livre de recettes », une sorte de bréviaire listant les dogmes intangibles, sclérosés et inamovibles auxquels chacun devrait se conformer sans esprit critique. Le lumumbisme ne se réfère pas seulement à un homme, il ne consiste pas en une loyauté ou une fidélité de caractère fétichiste au souvenir d'une personnalité - il est vrai - extraordinaire. Le lumumbisme est un questionnement permanent, une recherche perpétuelle des meilleures solutions possibles aux problèmes de notre pays. Il est véritablement un idéal qui tire sa substance de la réalité de notre pays et d'un certain nombre de valeurs identifiables. C'est une démarche politique, intellectuelle et philosophique qui refuse tout artifice et s'impose d'aller en toutes circonstances au fond des choses, à la recherche des causes profondes. Le lumumbisme ne se connaît pas d'acquis définitif, il est une attitude de remise en question permanente visant un perfectionnement incessant. Il n'est pas un but, mais une démarche. Il est le projet de trois générations désormais, de bâtir au centre de l'Afrique une nation indépendante, de construire avec son peuple, par ses propres moyens, une démocratie, une société de bien-être et de justice sociale.

  • Stendhal donnait rendez-vous aux lecteurs de 1935. Ils sont venus, sans s'écraser; Schubert a laissé d'innombrables posthumes, dont certains attendirent un demi-siècle pour être interprétés, et Van Gogh n'a vendu qu'un tableau dans sa vie, alors que les amateurs s'arracheraient à prix d'or aujourd'hui sa moindre esquisse. L'échec apparent de leur oeuvre n'a empêché aucun de ces créateurs de la mener à bien. L'indifférence des contemporains est une constante en art. Ce n'est jamais en pensant à leur plaire qu'un écrivain doit prendre sa plume, un peintre ses pinceaux, un compositeur son papier à musique. Seul, son propre jugement importe.

  • En rendant la pratique de l'excision passible de la Cour d'Assises, la France a choisi la voie de la répression. Or les procès qui se voulaient exemplaires n'ont pas empêché que la pratique perdure. Non que le message ne soit pas passé : les Africains savent que la France rejette l'excision, mais ils ne comprennent pas pourquoi, et voient souvent dans ces procès un rejet global de leur culture. Cet ouvrage explore les relations entre culture et sexualité et aborde l'excision comme un ordre symbolique d'initiation... L'excision n'existe pas seulement en Afrique mais aussi en Asie, au Yémen et même chez certains peuples indiens d'Amazonie... La condamnation de l'excision en France serait-elle un néo-colonialisme culturel ? L'auteur, par l'étude et la transcription des débats aux Assises montre que l'on ne peut venir à bout d'une coutume par l'application mécanique d'une loi mais bien par un processus de sensibilisation dans la durée, voie choisie par d'autres pays comme la Suède, l'Angleterre ou la Suisse et bien sûr par de nombreux acteurs des pays africains. Sembène Ousmane par son film « Moolaade » et ce livre nous montrent que l'excision reste un sujet d'actualité et une pratique très répandue.

  • La longue marche vers la modernité africaine s'achève ainsi : NIHON FU NO AFURIKA, l'AFRIQUE À LA JAPONAISE ! Pourquoi l'Afrique à la Japonaise ? Parce qu'en 50 ans - depuis 1945 - le Japon a changé le monde. Parce qu'en cinquante ans, le monde a changé plus qu'en 500 ans ! Jamais, depuis 1492, une civilisation ne s'est imposée en si peu de temps à tous les hommes de la planète terre.

  • Ce livre intitulé « Journal atypique d'un nègre fou » et qui porte en sous-titre La Guadeloupe est malade est un cri du cour, un témoignage et un message à l'adresse des habitants de Saint-François où l'auteur est né, a souffert et vit. Ce journal est l'ouvre d'un homme inquiet et tourmenté qui a su réussir dans des entreprises de pêche, d'agriculture (culture de radis, de pommes surettes, de tomates, de pastèques). Victor Sabardin écrit : « Juste avant notre arrivée en production, la tomate se négociait 15-20 francs le kilo... La première cueillette nous fournit plus de 5 tonnes à écouler. Cinq mois après notre arrivée... de 15-20 francs elle passe à 7, 50 francs, pour chuter à 2-3 francs. » (p. 71). Il a eu la main heureuse dans plusieurs entreprises, notamment dans la culture du melon mais il semble aussi attiré vers d'autres voies et il nous livre de curieuses pages sur les courses et le P.M.U. Il reste que l'auteur place sa confiance dans les possibilités de sa terre natale... dans l'esprit d'entreprise et l'audace comme en témoigne le passage suivant : « ... lors d'une réunion... j'affirmais que l'avenir en agriculture de cette région passait par le melon... Tout le monde trouva l'idée saugrenue et irréalisable... Il ne se passa pas deux ans avant que commence la culture intensive des melons aux frontières de Saint-François, Le Moule, Sainte-Anne. Culture génératrice de pas mal d'emplois... le concept du melon venait de moi. » (p. 74). Il faut lire absolument ce témoignage fort d'un homme clairvoyant qui plonge dans les réalités vives de son île... Personne n'en sortira indemne... et c'est tant mieux car nous est offert un livre au ton juste, certes sans complaisance mais aussi plein d'humour et de tendresse.

  • Ce livre retrace l'itinéraire d'un « Prince » qui, tout en revendiquant les valeurs les plus positives de son éducation traditionnelle, est à l'épreuve de l'idéal démocratique. Tout en restant profondément politique, il parvient à résister aux dérives du pouvoir et aux tentatives de la politique politicienne en mettant à profit ces valeurs que lui ont inculquées par son père et qui ont pour noms, endurance, courage, vertu, honneur et amour de son prochain. Cet ancrage à l'éthique qui lui permet de ne jamais se réaliser au détriment d'autrui, s'explique aussi par son apprentissage du saint Coran et par sa fréquentation, dès le bas âge de grands marabouts au nombre desquels le Kalifa Général et celui des Tidianes. De l'enfance au Ndiambour où il s'initia, à la fois, aux mouvements associatif et politique la phase adulte, qui est aussi celui des lourdes responsabilités, l'auteur retrace une aventure avec des anecdotes non seulement croustillantes mais qui renseignent sur les pratiques et traits de caractères de figures emblématiques de l'histoire politique du Sénégal, voire de l'Afrique : Galandou Diouf, Lamine Gueye. Senghor, Abdou Diouf, Modiba Keïta, Ahmet Sékou Touré, etc.

  • Des faits aux conséquences politiques et théoriques considérables bouleversent, depuis quelques années, le mouvement communiste international. La relecture des oeuvres de Karl Marx et Friedrich Engels est de nouveau à l'ordre du jour. Cette fois-ci, l'approche de ces ouvres ne pourra escamoter des questions essentielles. N'y a-t-il pas quelque chose de troublant dans le fait que des mouvements se réclamant de ces penseurs du XIXe siècle occidental sont apparus en Afrique sans s'interroger sur la place que leurs pères tutélaires assignaient à l'Afrique au sein de l'histoire mondiale ? Cette question était et reste, pourtant, décisive. Toute réflexion sur les pays d'Afrique Noire qui prétendent s'engager sur la voie socialiste de développement assumera nécessairement les effets de cette question avant de déboucher sur de nouvelles élaborations et de nouvelles mises en perspective. Il s'agit, en somme de se demander, ici, si l'on peut, aujourd'hui et demain en Afrique, considérer, comme le pensa naguère Jean-Paul Sartre, que le marxisme est l'horizon ultime de notre temps.

  • Ces chroniques sont le résultat de cent neuf coups de sang, répartis sur vingt-six années. Elles ont été écrites à chaud. En les lisant à froid, le lecteur en conclura peut-être que leur auteur a perdu des occasions de garder son calme et s'est fourré le doigt dans l'oeil, plus d'une fois. Je le lui accorde, mais je n'ai pas réagi en historien, ni même en mémorialiste, simplement en témoin. La gifle est partie, elle n'aurait pas dû, tant pis, j'étais soulagé. La sagesse voudrait qu'on avance en fermant les yeux et en se bouchant les oreilles. Vivre, c'est regarder, écouter, frémir de plaisir ou d'indignation. « Laissez ça à l'adolescence » me conseillera-t-on. Mais j'ai toujours dix-sept ans !

  • Les résultats des travaux présentés lors d'un premier colloque ayant pour thème « Doubles Critères / Double Standards » démontraient alors clairement que cette notion ne pouvait être réellement approfondie qu'en y associant une réflexion sur le pouvoir et la légitimité. C'est à l'issu d'un second colloque, intitulé « Pouvoir et Légitimité », que les résultats de l'ensemble de ces recherches ont été réunis en un seul volume de manière à souligner leur interaction et leur interdépendance. Il est apparu que le contexte des sociétés coloniales et post-coloniales permettait non seulement de mettre en lumière le rôle dialectique des doubles critères, mais aussi les implications qu'ils avaient dans la perception des inégalités et, par conséquent, dans celle de l'idéal démocratique, tant en ce qu'il était officiellement sollicité comme support idéologique par des puissances colonisatrices, telle la Grande-Bretagne, et en ce que son déficit devenait motif de résistance et de création d'un contre pouvoir. Ces travaux sont ici rassemblés autour de mots clés qui paraissent, à nos yeux, caractériser les liens entre pouvoir, légitimité et doubles critères, dans une perspective allant du XVIIIème au XXème siècle.
    Texte en français et en anglais.

  • Le roman africain : un « article » étrange, bizarre, exotique pour le lecteur occidental, comme l'affirmait ironiquement Henri Lopes ? Sans doute, et d'abord parce qu'il l'introduit aux histoires que l'Autre se raconte pour appréhender son passé et déterminer son devenir, tenter de se réfléchir et de se concevoir comme un sujet individuel, et social. Un sujet qui d'abord intervient au nom des communautés blanches et noires et qui se situe au-dessus de leurs contradictions pour les réconcilier, avant de s'affirmer comme un « je » qui parle au nom de son peuple et sous son autorité. Tout en rendant sensible ces déplacements du sujet, la quinzaine d'études réunies dans cet essai, consacrées à des textes reconnus ou non, avance des éléments pour mieux comprendre l'histoire de la littérature africaine, une histoire au cours de laquelle se fixent, se construisent, s'échangent et s'affrontent différentes représentations de l'identité de l'homme noir.

  • Les lecteurs africains, pour qui l'expression « ajustement structurel » est devenue non seulement familière mais surtout synonyme de privations et de contraintes économiques et sociales, réagiront sans doute avec étonnement devant ce nouveau concept d'ajustement culturel que nous propose Daniel Etounga-Manguelle. Alors, après l'économie, l'on voudrait maintenant « ajuster » aussi notre culture ? Il ne faut pourtant pas s'y tromper, la réflexion à laquelle l'auteur nous convie ici, ne débouche pas uniquement sur la nécessité évidente de remettre au goût du jour nos us et coutumes ancestraux : - fondements de la culture africaine s'il en est -, mais l'économiste nous démontre de surcroît, avec des exemples à l'appui, que sans cet ajustement culturel, il n'y a pas de salut pour les populations africaines. L'un des mérites de Daniel Etounga-Manguelle est d'avoir voulu, par une démarche analytique sans concessions, aller plus loin et faire toucher du doigt ce qui, dans la culture africaine, freine, voire interdit tout changement social.

empty